Les controverses auront un impact sur Valeant, concède le PDG

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Le siège social de la société pharmaceutique Valeant, à Laval.

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne
Montréal

Plongée dans la tourmente, Valeant (T.VRX)  a tenté de convaincre les investisseurs qu'elle sera capable de redorer son blason en dépit des récentes controverses ayant entaché sa réputation.

Le président et chef de la direction de la pharmaceutique lavalloise, Michael Pearson, a reconnu mardi avoir traversé une «expérience douloureuse» au cours des dernières semaines.

«Nous allons traverser cette période, a-t-il dit au cours d'une conférence téléphonique destinée aux analystes. Nous sommes une compagnie qui respecte les règles d'éthique et demeurons confiants pour l'avenir.»

M. Pearson a par ailleurs prévenu que la décision de rompre les liens avec la pharmacie américaine Philidor - spécialisée dans les commandes postales - aura toutefois des répercussions négatives à court terme.

L'impact financier n'a pas été calculé, mais les revenus des secteurs de la dermatologie ainsi que de la neurologie seraient moins élevés qu'anticipé au quatrième trimestre.

Au cours des trois prochains mois, Valeant tentera de conclure une entente avec un nouveau partenaire afin de remplacer Philidor, dont les activités devraient cesser au plus tard le 30 janvier.

Un programme est déjà en place pour aider les patients affectés par cette décision à obtenir leurs médicaments. Philidor représentait 6,8% du chiffre d'affaires de Valeant au troisième trimestre.

Si la multinationale québécoise a rompu ses liens avec son partenaire américain en raison d'allégations de pratiques douteuses, M. Pearson a dit aux analystes qu'on l'avait assuré que Philidor n'avait rien fait de mal.

«Ces allégations n'ont pas été prouvées, a-t-il dit. Je ne suis pas au courant d'autres irrégularités ailleurs. Compte tenu de la taille de notre compagnie, il est impossible d'être au courant de tout.»

Le grand patron de Valeant, qui a promis un changement d'attitude en ce qui a trait aux communications, a également concédé que la croissance rapide de l'entreprise l'avait incité à ignorer les opinions externes.

Questionné par les analystes, M. Pearson a reconnu qu'il s'agissait d'une erreur.

«Nous allons corriger cela, a-t-il affirmé. Nous allons écouter davantage nos patients, nos partenaires ainsi que nos critiques. Si nous considérons qu'ils ont raison, nous allons apporter les changements nécessaires.»

Ainsi, la pharmaceutique ne devrait plus être aussi agressive lorsque viendra le temps de hausser le prix de certains médicaments. Valeant et d'autres entreprises sont actuellement visées par une enquête du Sénat américain dans ce dossier.

M. Pearson croit que la meilleure façon de restaurer la confiance des investisseurs est de continuer à livrer de «solides résultats».

S'il a tempéré les attentes à l'égard des secteurs de la dermatologie et de la neurologie pour le quatrième trimestre, le dirigeant de Valeant a assuré que les activités principales de l'entreprise ainsi que les prévisions à long terme demeurent intactes.

Il y a toutefois du travail à faire à l'endroit des quelque 22 000 employés de l'entreprise, dont le moral a été sapé en raison des nombreuses controverses.

«Les gens sont fâchés en raison des allégations visant la compagnie, a dit M. Pearson. Nos employés sont fiers de nos façons de faire, alors ils se sentent personnellement visés lorsqu'il y a des critiques.»

Alex Arfaei, de BMO Marchés des capitaux, a estimé que cette mise à jour effectuée par Valeant était un «pas dans la bonne direction», sans toutefois écarter l'éclatement d'autres controverses.

Dans une note, l'analyste estime qu'il faudra vraisemblablement attendre les conclusions du comité ad hoc mis sur pied par Valeant qui doit se pencher sur les liens avec Philidor.

«À court terme, les risques demeurent modérés à élevés, écrit M. Arfaei. Le modèle d'affaires de Valeant est actuellement scruté à la loupe, ce qui rend l'action vulnérable.»

Selon lui, l'enquête du comité spécial devrait se conclure d'ici la fin du premier trimestre de l'exercice 2016.

De son côté, le deuxième actionnaire en importance de Valeant, l'investisseur activiste Bill Ackman, de Pershing Square Capital, n'a pas commenté les propos de M. Pearson. Au cours des dernières semaines, M. Ackman a réitéré son appui à la pharmaceutique tout en critiquant sa stratégie de relations publiques.

À la Bourse de Toronto, l'action de Valeant - qui a perdu près de 70% de sa valeur depuis le mois d'août - a terminé la séance à 110,76$, en recul de 2,48 $, ou 2,19%.




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