Satellite: encore un peu de Montréal dans l'espace

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Des centaines de travailleurs de l'entreprise canadienne MacDonald, Dettwiler and Associates (MDA) ont oeuvré sur «les plus puissants satellites de télécommunications de la Russie». Le dernier-né s'est envolé mardi.

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Un satellite de télécommunications russe construit principalement à Montréal a quitté l'atmosphère mardi pour se mettre en orbite autour de la Terre. Cinq mois après l'explosion en plein vol d'un satellite de la même famille, le décollage du nouveau-né de l'entreprise canadienne MacDonald, Dettwiler and Associates (MDA) s'est déroulé sans anicroche.

Des centaines de travailleurs de l'usine de MDA de Sainte-Anne-de-Bellevue, dans l'ouest de l'île, ont oeuvré sur le satellite Express-AM6 et son petit frère lancé en décembre dernier, l'Express-AM5. «Ce sont les plus puissants satellites de télécommunications de la Russie. Ce sont de grosses bêtes. Ce sont aussi les plus grosses et les plus puissantes charges utiles de satellite faites à Montréal», explique Joanna Boshouwers, vice-présidente et directrice générale pour la division système satellitaire de MDA Montréal.

L'Express-AM6 est composé de deux parties: la plateforme spatiale, pour les fonctions de base de l'engin, et la charge utile pour la mission de télécommunications. C'est à Montréal que la charge utile et les 11 antennes du satellite ont été conçues et construites pour l'entreprise Russian Satellite Communications Company (RSCC). «C'est environ 24 mois de travail pour chaque charge utile, tant pour la conception que pour la fabrication. De 400 à 450 personnes ont travaillé sur les deux projets, en partie.»

Une fois en orbite géostationnaire, l'Express-AM6 va notamment transmettre des signaux de télévision numérique, de la bande passante et des communications sans fil gouvernementales et présidentielles. «Une des fréquences est utilisée pour les gens du gouvernement russe en déplacement qui ont un téléphone mobile. Mais ce n'est pas une partie principale, c'est une mission parmi plusieurs», soutient Joanna Boshouwer.

Un lancement risqué?

Le satellite aux origines montréalaises s'est envolé à l'aide d'une fusée russe Proton de 42 mètres au cosmodrome de Baïkonour, au Kazakhstan. Mais l'opération n'était pas sans risque. Au même endroit, en mai dernier, un autre satellite de RSCC, l'Express AM4R, s'était désintégré quelques minutes après le décollage en raison d'un problème technique lié à la fusée Proton. «Ironiquement, il y avait à bord des équipements de MDA Montréal, note Mme Boshouwer. Nous avions fait plusieurs antennes.» Ironie du sort, ce satellite construit par Airbus Defence and Space devait remplacer un satellite qui s'était placé dans le mauvais orbite après un départ raté en 2011.

L'Express AM-6 était seulement le deuxième engin à utiliser une fusée Proton depuis l'explosion en plein vol. Malgré tout, la direction de MDA n'avait aucune inquiétude. «Ça n'arrive pas souvent, la fiabilité est assez élevée. Il y a eu une enquête dans le cas de la fusée Proton et il y a aussi eu un lancement réussi depuis. Quand un tir est réussi, on en parle beaucoup moins. Les compagnies d'assurance n'ont aucun intérêt à permettre un lancement quand il y a des risques», ajoute Joanna Boshouwers.

Ce lancement réussi complète un contrat de 200 millions signé en 2009 pour la conception des charges utiles des deux satellites, qui ont une durée de vie de 15 ans. L'Express AM-5, en orbite autour de la Terre depuis des mois, excède les prévisions des modèles, selon Joanna Boshouwer. «C'est une belle histoire de succès pour Montréal. Le client est pleinement satisfait. C'est une vitrine pour le savoir-faire des gens de Montréal.»

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UNE USINE EN EFFERVESCENCE

Un avenir rayonnant

Avec 850 employés, une trentaine de projets en cours et un contrat important avec l'Agence spatiale canadienne, la division montréalaise de MacDonald, Dettwiler and Associates (MDA), à Sainte-Anne-de-Bellevue, tourne à plein régime sans faire de vagues.

L'usine de l'ouest de Montréal est résolument en mode croissance. En seulement neuf ans, le nombre d'employés a triplé à force de remporter des contrats. «On continue de recruter, on est en mode recrutement, se réjouit Joanna Boshouwers, vice-présidente et directrice générale pour la division système satellitaire de MDA Montréal. C'est une belle histoire de croissance. Malgré que le marché est plutôt stable, on a quand même réussi à accroître notre part de marché.»

Une constellation de projets

Une bonne partie de l'usine de Montréal se consacre à un projet majeur de l'Agence spatiale canadienne (ASC): la Constellation RADARSAT, composée de trois satellites de télédétection. Il s'agit d'un contrat de plus de 700 millions avec la maison-mère de MDA en Colombie-Britannique. «Les charges utiles du trio de satellites sont faites à Montréal. C'est environ 200 travailleurs à temps plein et ça peut toucher jusqu'à 600 personnes. C'est un projet d'envergure.» Les trois satellites seront aussi assemblés sur leur plateforme spatiale directement à Montréal, contrairement aux satellites Express.

La Constellation RADARSAT est le modèle de nouvelle génération du satellite canadien RADARSAT-2, mis en orbite en 2007 et aussi construit par MDA. Selon l'ASC, le trio de nouvelle génération «assurera une couverture complète de la surface et des eaux territoriales du Canada». Il servira à la surveillance maritime, à la gestion des catastrophes et au suivi des écosystèmes canadiens. Les trois satellites doivent être lancés en 2018.

Des contrats partout dans le monde

La grande spécialité de l'usine de MDA reste la conception d'antennes, d'équipements électroniques et de charges utiles de satellites de télécommunication, une expertise reconnue dans le monde. «C'est vraiment notre créneau, c'est notre modèle d'affaires. Chez MDA, c'est nous qui avons les plus grandes salles d'intégration et de test au Canada», précise Joanna Boshouwers. Cet automne, les travailleurs montréalais mettent une touche finale à la charge utile du satellite israélien Amos-6, construit pour la société de télécommunication SpaceCom.




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