Time Warner base sa future croissance sur les contenus vidéo

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Le PDG de Time Warner doit toujours convaincre qu'il a eu raison de rejeter cet été une offre de rachat à près de 80 milliards de dollars émanant du magnat américain d'origine australienne Rupert Murdoch.

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Sophie ESTIENNE
Agence France-Presse
NEW YORK

Miser sur les contenus vidéo de qualité, y compris sur internet où sa chaîne HBO va se lancer indépendamment l'an prochain: c'est la recette sur laquelle mise Time Warner pour accélérer sa croissance.

Le PDG du groupe de médias américain, Jeffrey Bewkes, doit toujours convaincre qu'il a eu raison de rejeter cet été une offre de rachat à près de 80 milliards de dollars émanant du magnat américain d'origine australienne Rupert Murdoch, et s'y est employé mercredi lors d'une journée de présentation aux investisseurs.

Il a ainsi promis de «plus que doubler» le bénéfice par action d'ici 2018, à 8 dollars contre 3,51 dollars en 2013.

M. Bewkes a particulièrement insisté sur les opportunités représentées par «la demande en forte croissance pour des contenus vidéo de haute qualité».

L'un des fleurons du groupe en la matière est sa chaîne câblée à péage HBO et ses séries réputées, des Sopranos à Game of Thrones.

«En 2015, nous allons lancer un service HBO indépendant par internet aux États-Unis», a annoncé le patron de la chaîne, Richard Plepler, disant vouloir «utiliser tous les moyens à notre disposition» pour élargir son public.

HBO a déjà un service permettant de regarder ses séries à la demande sur internet, HBO Go, accessible toutefois seulement pour les abonnés à son service de télévision traditionnel.

Or 10 millions de foyers américains ont un accès internet à haut débit, mais pas la télévision par câble, et ce nombre est «appelé à augmenter», a fait valoir M. Pleper, évoquant «une opportunité importante et croissante qui ne devrait plus être laissée inexploitée».

Le directeur financier, Howard Averill, a vu dans le nouveau service un potentiel de «centaines de millions de dollars de bénéfices supplémentaires».

Pour James McQuivey, analyste chez Forrester, c'est une évolution «inévitable depuis le moment où les gens ont commencé à regarder des émissions en streaming sur internet».

«HBO a certains des contenus les plus prisés à la télévision, et attire beaucoup les populations jeunes, aidées et éduquées qui sont les plus susceptibles d'abandonner leur abonnement à la télévision câblée dans les prochaines cinq à dix années», ajoute l'analyste, estimant que la chaîne pourrait ouvrir la voie à d'autres groupes de médias.

Friends en exclusivité sur Netflix

Le futur service uniquement par internet de HBO va venir concurrencer les sites de vidéo en ligne en streaming comme Netflix, Hulu et Amazon.

La chaîne aura sur eux l'avantage de disposer d'un catalogue beaucoup plus important de programmes originaux, un créneau sur lequel les acteurs internet n'ont commencé que récemment à se lancer (avec quelques séries remarquées, comme «House of Cards» chez Netflix ou le récent «Transparent» d'Amazon).

Time Warner ne se pose toutefois pas toujours en concurrent des sites de streaming en ligne, avec lesquels il noue aussi des partenariats.

Ses studios Warner Bros. ont ainsi octroyé mercredi à Netflix l'exclusivité des droits de rediffusion en ligne pour la série Friends aux États-Unis et au Canada.

HBO elle-même avait passé plus tôt cette année un accord similaire avec Amazon, portant sur un important catalogue de séries de plus de trois ans. Les plus récentes restent accessibles uniquement sur son propre service, dont la cannibalisation est ainsi limitée.

Pour fonctionner, cette stratégie nécessite de réorienter les différentes branches du groupe, à la télévision comme au cinéma, sur des «programmes distinctifs»: c'est ce que va faire la division Turner (chaînes TNT, Cartoon Network, CNN), où l'arrêt de certaines émissions va se traduire par près de 400 millions de dollars de charge exceptionnelle dans les comptes du deuxième semestre, a indiqué M. Averill.

S'y ajouteront 400 millions de dollars de charges de restructuration (Turner vient notamment d'annoncer la suppression de 10% de ses effectifs). M. Averill a chiffré les économies annuelles à terme à 450 millions de dollars, qui seront «réinvestis dans la programmation, le marketing et les technologies».

L'action Time Warner gagnait 2,04% à 72,08 dollars vers 15 h 10 tandis que Netflix perdait 0,89% à 445,11 dollars.




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