Sans-fil «pancanadien»: Québecor discute avec plusieurs partenaires

Québecor souhaite avoir accès à davantage de licences... (Photo André Pichette, archives La Presse)

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Québecor souhaite avoir accès à davantage de licences sans fil (spectre), objectif qui pourrait être atteint en rachetant l'un des petits fournisseurs présents sur le marché canadien. Le nom de Mobilicity circule, mais Pierre Dion, président de Québecor (notre photo), a refusé de confirmer quoi que ce soit.

Photo André Pichette, archives La Presse

Québecor a confirmé jeudi être en discussion active avec «différents groupes» en vue de lancer un service sans fil d'un océan à l'autre dans les meilleurs délais.

«Il y aurait différents partenaires: des partenaires actifs, et aussi des partenaires plus financiers», a précisé Pierre Dion, président du conglomérat, en marge de l'assemblée annuelle des actionnaires.

Québecor a acquis l'an dernier des licences sans fil dans l'espoir de devenir le «quatrième fournisseur national», derrière Bell, Telus et Rogers. Le groupe s'était toujours fait discret sur ses intentions, mais Pierre Dion a étalé plusieurs cartes de sa stratégie cette semaine, d'abord dans une conférence à Toronto, puis jeudi à Montréal.

Cette percée devra se faire à l'aide de partenaires, a précisé le dirigeant. Québecor souhaite avoir accès à davantage de licences sans fil (spectre), objectif qui pourrait être atteint en rachetant l'un des petits fournisseurs présents sur le marché canadien. Le nom de Mobilicity circule, mais Pierre Dion a refusé de confirmer quoi que ce soit.

«On a besoin de partenaires pour le spectre, a-t-il dit. On a besoin aussi d'autres partenaires qui partagent cette vision-là et qui pourraient partager les risques et les opportunités de se lancer dans le mobile dans le Canada anglais. Nous sommes en discussions avec différents groupes à l'heure actuelle.»

Appel à Ottawa

La mise en place d'un réseau pancanadien ne saura se faire sans la mise en place de «conditions favorables» par Ottawa, a insisté Pierre Dion jeudi. «On parle des frais d'itinérance et on aimerait que le gouvernement prenne position pour qu'on soit sur le même pied d'égalité que les autres titulaires.»

Québecor déplore les frais d'itinérance élevés en vigueur au Canada. Il s'agit des sommes que se versent entre eux les différents fournisseurs lorsque leurs clients se trouvent dans des zones non desservies par leurs réseaux respectifs.

Cet enjeu est crucial pour Québecor. L'entreprise a dépensé 233 millions de dollars l'an dernier pour acquérir des licences sans fil à l'extérieur du Québec, où elle compte déjà 520 000 abonnés à la téléphonie mobile. Pour lancer un service à bas prix sur l'ensemble du territoire canadien, le groupe devra conclure des ententes d'itinérance avec ses concurrents. Or, les coûts sont jugés prohibitifs à l'heure actuelle.

Le président de Québecor estime qu'Ottawa doit revoir ce modèle afin de faire baisser les prix du sans-fil au Canada, parmi les plus élevés du monde.

«Les autres joueurs ont eu 25 à 30 ans pour pouvoir s'implanter, a-t-il lancé. Les nouveaux entrants doivent avoir des conditions favorables, égales, au niveau des frais d'itinérance, pour pouvoir permettre aux consommateurs de bénéficier de cette concurrence-là.»

Pierre Dion, en poste depuis le mois d'avril en remplacement de Robert Dépatie, a refusé de fixer un échéancier pour le lancement éventuel d'un réseau pancanadien.

Mulroney absent

Sans grande surprise, l'ancien premier ministre Brian Mulroney a été élu président du conseil d'administration de Québecor pendant l'assemblée annuelle. Il a reçu l'appui de 99,99% des actionnaires.

M. Mulroney était retenu à l'étranger jeudi, a-t-on indiqué. Il remplace Françoise Bertrand, qui a dirigé le conseil pendant trois ans. La rémunération totale de l'ex-présidente s'est élevée à 313 348 $ l'an dernier.

Le choix d'un ardent fédéraliste vise-t-il à rassurer le Canada anglais, en raison de l'élection de l'actionnaire de contrôle, Pierre Karl Péladeau, comme député du Parti québécois? Absolument pas, a affirmé Pierre Laurin, l'un membre du conseil d'administration qui a appuyé cette candidature, pendant l'assemblée.

«Il y a des dossiers extrêmement sensibles et extrêmement importants où sa très grande expertise comme négociateur va nous servir au plus haut point, a-t-il dit. Ce sont les considérations qui nous ont amenés à désigner M. Mulroney, et c'est par accident que ses allégeances sont présentes.»

Pierre Karl Péladeau était absent de l'assemblée, hier, mais sa conjointe Julie Snyder a assisté à une partie de la rencontre. Elle était discrètement assise dans les premières rangées, lunettes de soleil vissées au bout du nez.

Le titre de Québecor a clôturé à 27,17$ jeudi à la Bourse de Toronto, en baisse de 1,3 %.




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