Chaînes télé spécialisées: l'érotisme ne paie plus

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La chaîne pour adultes Vanessa, lancée il y a quelques années par la colorée femme d'affaires Anne-Marie Losique, connaît de sérieux problèmes de popularité.

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Pour la toute première fois, les revenus des services de télévision spécialisés ont franchi la barre des 4 milliards de dollars en 2013 au Canada. Les bénéfices ont suivi une courbe similaire, en dépassant le cap du milliard. Or, si certaines chaînes ont vu leurs profits exploser, d'autres, comme le canal coquin Vanessa, affichent des recettes en forte baisse. Tour d'horizon d'un marché en mutation.

Nourriture et chaînes féminines

La chaîne anglophone Food Network Canada, à laquelle de nombreux Québécois sont abonnés, a le vent dans les voiles. Ses revenus ont grimpé de 11% l'an dernier, à 66,4 millions, révèle un rapport publié hier par le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC). Son bénéfice net avant impôts est quant à lui passé de 29,5 à 35,3 millions en une seule année. La jeune chaîne Moi&Cie (auparavant Mlle) remporte elle aussi un succès grandissant. Ses revenus ont progressé de 32% en un an, pour s'établir à 3,5 millions. Les dépenses d'exploitation sont toutefois en forte hausse, si bien que la chaîne a terminé l'année avec une perte avant impôts de 4,2 millions.

Le sexe moins payant

La chaîne pour adultes Vanessa, lancée il y a quelques années par la colorée femme d'affaires Anne-Marie Losique, connaît de sérieux problèmes de popularité. Selon les données du CRTC, les revenus totaux du canal coquin ont chuté de 27% l'an dernier, pour s'établir à 595 868$. L'entreprise a toutefois réussi à réduire ses dépenses de 63%, si bien que la perte avant impôts s'élève seulement à 90 479$. Vanessa avait perdu 952 185$ en 2012 et 1,4 million l'année précédente. La chaîne érotique anglophone Penthouse TV, pour laquelle le CRTC possède peu de données, a quant à elle vu ses revenus fondre de 14% l'an dernier, à 621 153$. La présence massive de matériel XXX gratuit sur l'internet pourrait être à blâmer pour cette débandade.

RDI et CBC font de l'argent

Les coupes draconiennes annoncées récemment par le diffuseur public continuent de causer nombre d'inquiétudes. Or, les deux chaînes d'information continue de la Société d'État - RDI et CBC News Network - affichent de juteux profits, indique le CRTC. CBC News Network a ainsi vu son bénéfice net avant impôts grimper de 15,06 à 20,37 millions au cours de la dernière année. Ses revenus totaux ont progressé très légèrement, à 86,8 millions, tandis que ses dépenses ont baissé de 6%, à 64,5 millions. RDI a réalisé une performance un peu plus faible: son bénéfice a reculé de 11,6 à 10,5 millions pendant la dernière année. Or, si ses revenus totaux ont eux aussi fléchi, ses recettes tirées de la publicité nationale, elles, ont augmenté de 8%.

TVA Sports vs RDS

TVA Sports a reçu une excellente nouvelle récemment avec l'annonce de la diffusion d'une bonne partie des matchs de hockey du Canadien. La jeune chaîne sportive de Québecor a toutefois continué à perdre de l'argent en 2013: ses pertes avant impôts se sont élevées à 19,1 millions, légèrement moindres que celles de 20,7 millions enregistrées un an plus tôt. À l'opposé, ses revenus totaux ont connu une forte croissance de 38,3%, pour atteindre 15 millions. RDS, le leader établi au Québec, a pour sa part fini l'année dans le vert, avec un bénéfice avant impôts de 49,4 millions, en forte hausse. Notons que le diffuseur avait eu des dépenses exceptionnelles en 2012, année olympique. Les revenus totaux de RDS sont demeurés à peu près stables, à 167,8 millions.

Sun News dans le rouge

La jeune chaîne d'information anglophone de Québecor affiche toujours d'importantes pertes, qui vont toutefois en diminuant. Selon les données du CRTC, le canal a perdu 17,8 millions de dollars l'an dernier, comparativement à 18,5 millions l'année précédente. Ses dépenses totales ont diminué de 6,9%, apprend-on, alors que le nombre d'employés a reculé de 150 à 129 l'an dernier. Le salaire moyen de ces travailleurs s'est élevé à 83 234$, un bond de presque 15% en un an. Notons aussi que les revenus totaux de Sun News ont bondi de 40,3% l'an dernier, à 7,9 millions.

Musimax et MusiquePlus dans le vert

Les deux chaînes musicales québécoises ont renoué avec la rentabilité l'an dernier. Malgré des revenus publicitaires en baisse, Musimax est passée d'une perte de 121 886$ en 2012 à un profit avant impôts de 103 355$. Le redressement est plus marqué chez MusiquePlus. La chaîne phare de la rue Sainte-Catherine a affiché un bénéfice de 867 851$, comparativement à une perte de 591 504$ l'année précédente.

Plus de revenus, moins de dépenses

À l'échelle canadienne, les revenus totaux générés par les services de télévision spécialisée, payants, à la carte et en vidéo sur demande ont progressé de 3,1% l'an dernier, pour s'établir à 4,09 milliards. En parallèle, les entreprises télévisuelles ont réduit leurs dépenses de presque 100 millions de dollars, à 2,92 milliards. Cela a fait bondir leurs bénéfices avant intérêt et impôts (BAII) de 913 millions à 1,03 milliard, et leur marge de BAII de 23% à 26,5%.




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