Kevin O'Leary: dans l'oeil de l'investisseur

Kevin O'Leary, fondateur de la société de fonds... (Photo Édouard Plante-Fréchette, La Presse)

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Kevin O'Leary, fondateur de la société de fonds communs de placement Fonds O'Leary.

Photo Édouard Plante-Fréchette, La Presse

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Dragon impitoyable, investisseur né à Montréal et fondateur de la société de fonds communs de placement Fonds O'Leary, basée à Montréal et Toronto, Kevin O'Leary publie la traduction française de Cold Hard Truth (Toute ma vérité) qui «révèle ses secrets à propos de l'argent». La Presse Affaires l'a fait parler du climat économique au Québec.

Comme vous l'affirmez dans votre livre, vous avez toujours voulu faire de l'argent. Publiez-vous ce livre pour en faire davantage?

Non, car on ne peut pas en faire beaucoup en publiant au Canada! J'ai décidé d'écrire ce livre car je reçois environ 10 000 courriels par mois, en raison de mes apparitions à la télé (Dragons' Den, Shark Tank, Lang&O'Leary Exchange). C'était donc la meilleure façon de répondre aux questions de tous. Lorsqu'on a du succès, on doit transmettre ses connaissances à la prochaine génération. Je veux raconter ce qui a fonctionné ou pas depuis que je me suis lancé en affaires (logiciels SoftKey International en 1993). J'ai fait de l'argent pour être libre. Je ne suis pas avide d'argent, mais de temps. J'utilise mon temps de la façon la plus efficace possible. À 37 ans, j'ai brièvement pris ma retraite. J'ai visité toutes les plages de la terre et j'ai trouvé ça très ennuyeux! Aujourd'hui, à 59 ans, je continue de travailler, mais je fais uniquement des choses que j'aime. Il y a des leçons à tirer de tout ça.

Sur le plateau de Dragons' Den, quelle est la meilleure attitude à adopter par un participant pour vous convaincre d'investir dans son entreprise?

J'ai vu défiler des milliers de participants en huit ans. Pour me plaire, ceux-ci doivent être capables d'articuler leur vision et de rendre leur produit intéressant en 90 secondes. Et ils ne doivent pas être arrogants, mais plutôt attirer le respect des investisseurs. Souvent, ils ne savent pas de quoi ils parlent quand vient le temps de céder des actions de leur entreprise, alors que c'est une science. Ils doivent accepter de mettre les investisseurs au premier plan. Plusieurs me trouvent dur. Si vous pensez que je le suis, attendez d'être catapultés dans le vrai monde des affaires!

Qu'est-ce qui vous motive à faire des affaires au Québec? Et est-ce un bon temps pour investir ici, au moment où on apprend que la moitié des non-francophones au Québec songerait à quitter la province?

Je suis partial, car c'est chez moi ici. J'ai de la famille ici et je viens à Montréal une fois par semaine. Mais ce que le gouvernement fait m'inquiète. On se bat dans une économie mondiale, mais le gouvernement a d'abord des considérations d'ordre culturel, alors qu'on doit d'abord penser à créer des emplois et aider les familles à augmenter leurs revenus. Avec ses taxes très élevées, le Québec n'est pas compétitif. Qui voudra s'implanter ici? Par ailleurs, les politiques en place ne favorisent pas l'émergence de l'entrepreneuriat. Ça ne peut pas plus mal aller qu'en ce moment. Je ne dis pas que je suis contre la Charte [des valeurs québécoises], mais on doit se demander si ça aide à créer des emplois. On doit changer nos priorités, car on perd des talents québécois et notre qualité de vie est compromise. Il faut favoriser la hausse des emplois dans le secteur privé. Toute la richesse vient du privé. Le secteur public ne produit rien, à part des services. Cela dit, les mentalités sont en train de changer.




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