L'économie du Québec au-delà des apparences

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Rudy Le Cours
La Presse

Tandis que le gouvernement péquiste multiplie les annonces partout en province dans ce qui a toutes les apparences d'un battage préélectoral, l'économie et les finances publiques du Québec montrent de nouveaux signes de faiblesse qui rendront difficile la limitation à 2,5 milliards de dollars du déficit budgétaire.

Les indices de la production manufacturière ont chuté en janvier des deux côtés de la frontière pour se rapprocher de la barre de 50, seuil d'un secteur en croissance. Cela a contribué à accentuer hier la plongée des Bourses nord-américaines observée cette année.

Au Canada, l'indice PMI RBC manufacturier a reculé pour le troisième mois d'affilée, à 51,7. Plus inquiétant, le sous-indice régional du Québec indique que le sentiment des gens d'affaires s'est détérioré assez pour passer sous la barre névralgique de 50. Et ce, en dépit de la dépréciation appréciable de la devise, susceptible de stimuler les exportations.

Cela explique en grande partie la piètre création d'emplois en 2013 et au début de 2014.

Cela a un impact sur les salaires. De novembre 2012 à novembre 2013, la rémunération hebdomadaire moyenne des salariés a même reculé au Québec, qui se distingue ainsi tristement du reste du Canada, selon Statistique Canada.

Cela contribue à la modeste croissance de l'assiette fiscale en 2013, la plus faible de toutes les provinces, si on fait exception de la Colombie-Britannique qui a renoncé à harmoniser sa taxe de vente provinciale avec la TPS fédérale.

Dès lors, on ne peut s'étonner si boucler un budget, même avec un déficit de 2,5 milliards, représente tout un défi. D'avril à octobre, l'écart cumulé entre revenus et dépenses s'élève à 1,82 milliard, soit une moyenne mensuelle de 260 millions. À cette cadence, on se dirige vers un manque à gagner de 3,1 milliards.

Grâce surtout au bond de 10,4% des transferts fédéraux, les revenus progressent jusqu'ici de 4,2%. En 2014-2015, Québec ne pourra cependant compter sur des rentrées extraordinaires de plus de 1 milliard pour avoir harmonisé sa taxe de vente. Il compte néanmoins ramener son déficit à 1,75 milliard.

La difficulté présente se trouve dans les dépenses de programmes qui augmentent plus vite que prévu. Le ministre des Finances, Nicolas Marceau, avait projeté l'automne dernier une augmentation de 2,5% pour l'ensemble de l'exercice, alors que le rythme est plutôt de 3,1%, d'avril à octobre.

Même avec une faible inflation qui limite les augmentations de prix d'équipements produits au Canada (le matériel américain va coûter beaucoup plus cher ou sera moins considérable), le coup de barre nécessaire pour ramener la hausse annuelle à 2,5% peut s'avérer pénible.

Surtout quand les rentrées fiscales n'affluent guère et qu'on fourbit ses armes pour partir en campagne électorale. D'où les multiples diversions ministérielles ces jours-ci pour contrer, en apparence du moins, la persistante léthargie de l'économie.

Dans sa déveine, le Québec a un atout favorable que le ministère des Finances n'aurait pu prévoir, même en novembre. Contrairement à la prévision de la majorité des observateurs qui s'attendaient à une remontée des taux d'intérêt obligataires américains et canadiens dans la foulée du ralentissement de la détente monétaire orchestrée par la Réserve fédérale, ils sont en baisse depuis le début de l'année.

Les coûts des nouveaux emprunts seront un peu plus faibles qu'escompté, pour le début de l'année à tout le moins.

Déjà, le ministère des Finances a devancé de 3,1 milliards son programme d'emprunts pour 2014-2015 qui doit s'élever à 19,5 milliards, si le déficit est limité à 1,75 milliard, bien entendu.

Il lui reste deux mois pour atteindre la moyenne de préfinancement de 4,6 milliards des dernières années. C'est beaucoup, s'il n'y a pas d'élections, pendant lesquelles l'usage est de ne pas emprunter.




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