La seconde de plus est-elle une seconde de trop?

Le dernier ajout d'une seconde intercalaire le 30... (PHOTO BRIAN SNYDER, ARCHIVES REUTERS)

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Le dernier ajout d'une seconde intercalaire le 30 juin 2012 avait provoqué un problème de synchronisation sur le web, notamment pour des serveurs ou des sites marchands, rappelle Roland Lehoucq, astrophysicien au CEA.

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Pascale MOLLARD-CHENEBENOIT
Agence France-Presse
PARIS

Faut-il supprimer la «seconde intercalaire» que l'Homme rajoute parfois afin que l'heure légale reste liée à l'heure «astronomique»? Depuis une quinzaine d'années, des discussions internationales ont lieu à ce sujet.

Les tenants de la suppression de cette seconde additionnelle soulignent qu'«elle devient plus difficile à gérer maintenant que de nombreux équipements ont des horloges internes», explique à l'AFP Roland Lehoucq, astrophysicien au CEA (Commissariat français à l'énergie atomique). «Il y a des problèmes de synchronisation entre machines. Ils finissent par se régler mais parfois au bout de plusieurs jours».

«Il y a des inconvénients», reconnaît Daniel Gambis, directeur du Service de la Rotation de la Terre basé à l'Observatoire de Paris, qui est chargé de décider au niveau international de l'ajout de ces secondes intercalaires.

Le dernier ajout d'une seconde intercalaire le 30 juin 2012 avait provoqué un problème de synchronisation sur le web, notamment pour des serveurs ou des sites marchands, rappelle M. Lehoucq.

Le système de réservation de la compagnie aérienne australienne Qantas avait «été planté pendant plusieurs heures», se souvient M. Gambis.

Le géant américain de l'internet Google, qui a eu des soucis par le passé à cause de cette seconde additionnelle, a pris des dispositions pour que cela ne se reproduise pas le 30 juin prochain, ajoute-t-il.

Pour les marchés financiers, absorber cette seconde nécessite également de s'y préparer.

Le monde de l'espace aussi est attentif. Il n'y a jamais de lancement de fusées ces jours-là.

Le système de géolocalisation par satellite américain GPS, lui, a trouvé une solution: il a son propre temps continu qu'il se charge d'ajuster au temps UTC quand le signal arrive sur Terre.

«Il faudrait supprimer la seconde intercalaire», déclare à l'AFP Sébastien Bize, directeur adjoint du laboratoire SYRTE (Système de Références Temps-Espace) à l'Observatoire de Paris. «C'est une source de complications et de bogues», «ce n'est pas naturel de faire faire un gros saut à l'échelle de temps», estime ce spécialiste des horloges atomiques.

Les tenants du statu quo jugent que le système actuel est «un bon compromis et qu'il fonctionne quand même», note M. Lehoucq.

Selon eux, il n'y a pas de justification pour abandonner une échelle de temps liée à la rotation de la Terre.

Pour Daniel Gambis, supprimer la seconde intercalaire reviendrait «à s'abstraire du temps naturel», lié aux astres. «Est-ce qu'on veut mettre l'Homme au service de la technologie ou la technologie au service de l'Homme», s'interroge-t-il?

Si la seconde intercalaire était supprimée, le Temps Universel Coordonné (UTC) serait alors découplé de la rotation de la Terre.

«Cela voudrait dire que dans 2000 ans, il y aurait environ une heure d'écart entre UTC et le temps lié à la rotation de la Terre. Et dans plusieurs dizaines de milliers d'années, les hommes prendraient leur petit déjeuner à 2 h du matin...», relève M. Gambis.

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