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Les dentistes menacent de se retirer du régime public

Le retrait des dentistes du régime public toucherait... (PHOTO MATHIEU BÉLANGER, ARCHIVES LA PRESSE)

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Le retrait des dentistes du régime public toucherait 623 000 patients, soit des enfants de moins de 10 ans et des assistés sociaux dont les frais dentaires sont remboursés par la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ).

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Les dentistes du Québec lancent un ultimatum à Gaétan Barrette. Si une nouvelle entente n'est pas signée avant le 26 juillet prochain entre le ministre de la Santé et leur association, ils quitteront en bloc le régime public de soins dentaires. Une telle décision toucherait un total de 623 000 patients, soit des enfants de moins de 10 ans et des assistés sociaux dont les frais dentaires sont remboursés par la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ).

« On ne le fait pas de gaieté de coeur. On sait que c'est une population qui est vulnérable et on ne veut pas laisser tomber les enfants. Mais en même temps, si on regarde l'attitude du Ministère dans ce dossier, on se demande si lui est sensible à la situation. On a tout fait pour ne pas en arriver là », a dit à La Presse le Dr Serge Langlois, président de l'Association des chirurgiens dentistes du Québec (ACDQ).

L'entente qui lie les dentistes au gouvernement est échue depuis plus de trois ans. 

Le président de l'ACDQ affirme que le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, n'a « aucune volonté réelle d'avancer », fait preuve « d'entêtement » et maintient des « exigences irréalistes ».

Le ministre Barrette n'a pas tardé à réagir. À son cabinet, hier, on affirmait qu'un arrêté ministériel serait signé « dans les prochaines heures » afin d'empêcher les dentistes de quitter le régime public et ainsi « assurer la couverture des services ».

« Nous sommes en négociation avec l'Association des chirurgiens dentistes du Québec. Il s'agit ici d'un moyen de pression de leur part, tel qu'observé lors des négociations avec l'Association des optométristes du Québec, avec qui nous nous sommes entendus », a fait savoir par courriel l'attachée de presse du ministre Barrette, Catherine W. Audet. Le ministre n'a voulu faire aucun autre commentaire.

LES FRAIS D'EXPLOITATION DANS LA LIGNE DE MIRE

Neuf rencontres entre l'Association chirurgiens dentistes du Québec et le ministère de la Santé ont eu lieu au cours de la dernière année. La question des frais d'exploitation des cabinets dentaires fait partie des enjeux qui font des flammèches.

« Dans les cliniques dentaires, qui sont de mini-hôpitaux, il y a des frais d'opération importants, et le gouvernement doit en tenir compte. Le gouvernement ne peut pas dire : on applique l'inflation et arrangez-vous avec ça. Il doit tenir compte de l'augmentation réelle des frais d'opération », dit le Dr Langlois, qui parle de « pure provocation » de la part du ministre Barrette dans ce cas précis.

Selon lui, il existe un manque à gagner de 20 à 25 % entre ce qu'un dentiste facture habituellement et ce que le gouvernement rembourse pour les mêmes actes prodigués auprès des enfants et des assistés sociaux.

« C'est sûr qu'il y a un aspect financier. Les dentistes, comme tous les autres contribuables, veulent avoir une rémunération adéquate. »

- Le Dr Serge Langlois, président de l'Association des chirurgiens dentistes du Québec

Si aucun règlement ne survient d'ici le 26 juillet, le Dr Langlois affirme qu'un grand nombre de dentistes quitteront le régime public. Il faudrait 30 jours pour que ces départs soient effectifs. L'Association des chirurgiens dentistes du Québec représente 4300 dentistes, dont la vaste majorité participe au régime public. Chaque dentiste sera toutefois libre de prendre sa propre décision.

« Nos membres sont à bout de patience après une entente échue depuis trois ans, des négociations qui n'avancent pas et des élections qui s'en viennent. On a déjà accumulé beaucoup de formulaires de non-participation et on va déposer ça en bloc », affirme le Dr Langlois.

Si les dentistes parvenaient bel et bien à quitter le régime public, ce qui est loin d'être acquis, les patients actuellement couverts par le régime public devraient payer les frais dentaires de leur poche et ne pourraient se faire rembourser par la RAMQ.




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