Heures supplémentaires des infirmières: bond spectaculaire des griefs

Le nombre de griefs déposés à cause des heures supplémentaires obligatoires... (Photo archives La Presse)

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Lia Lévesque
La Presse Canadienne

Le nombre de griefs déposés à cause des heures supplémentaires obligatoires imposées aux infirmières a fait un bond spectaculaire au cours des dernières années.

À la demande de La Presse canadienne, la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ) - l'organisation syndicale qui représente la grande majorité des infirmières et infirmières auxiliaires au Québec - a comptabilisé les griefs qui ont été déposés par ses membres obligés de faire des heures supplémentaires.

Ainsi, en 2014, ce sont deux griefs qui avaient été déposés pour des heures supplémentaires obligatoires.

En 2015: deux griefs. En 2016: 486 griefs et en 2017: 1981 griefs.

En 2018, au début de février, un total de 423 griefs avaient déjà été déposés à cause de ces heures supplémentaires obligatoires.

À la FIQ, on souligne que ces chiffres ne tiennent même pas compte des membres qui ont dû faire des heures supplémentaires obligatoires et qui n'ont pas déposé de grief à cet effet.

Suspendue

Pendant ce temps, le premier ministre Philippe Couillard a lui-même déploré, jeudi, qu'une infirmière auxiliaire de l'Hôtel-Dieu de Sorel ait été suspendue par son employeur pour avoir refusé de faire des heures supplémentaires.

Plus tôt cette semaine, le cas de Johanne Leclerc a été partagé sur les réseaux sociaux, après qu'elle se fut plainte d'avoir été suspendue pendant une journée, sans salaire, pour avoir refusé de rester pour faire un quart de travail de jour, après avoir terminé son quart de nuit.

«On le regrette», a simplement commenté le premier ministre Couillard, lorsqu'il a été interrogé à ce sujet, jeudi à Montréal, après qu'il eut donné une conférence de presse sur le Réseau express métropolitain.

Il avait été question qu'une seconde infirmière soit aussi visée par des sanctions à l'Hôtel-Dieu de Sorel mais, jeudi après-midi, la FIQ rapportait que la date de la rencontre avec l'employeur avait été repoussée à une date indéterminée.

Il importe de souligner que le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, lorsqu'informé de la situation, avait dit qu'il allait faire un appel téléphonique.

Quant au premier ministre, il a réitéré sa volonté de «régler le problème. Je sais très bien que c'est très dur, que ce n'est pas acceptable», a-t-il opiné, en rappelant que souvent, ces travailleuses ont également des responsabilités familiales, en plus d'être épuisées.

Le premier ministre Couillard a toutefois adressé un message bien senti aux directions d'établissements de santé. «Il y a des dirigeants d'établissements qui doivent prendre leurs responsabilités. Comment ça se fait que des grands hôpitaux de la région de Montréal sont capables, avec le même ministre, le même gouvernement et les mêmes budgets, de presque éliminer le temps supplémentaire obligatoire et d'autres, apparemment, ne le sont pas. Où est le problème? Alors, le problème n'est pas nécessairement uniquement du côté gouvernemental; il est au niveau de la gestion des établissements».

D'ailleurs, une entente sur la question des heures supplémentaires vient justement d'intervenir au Saguenay-Lac Saint-Jean entre le syndicat local, affilié à la FIQ (Fédération interprofessionnelle de la santé), et le CIUSSS (Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux).

La présidente du syndicat local, Julie Bouchard, a parlé d'«oxygène pur» qui était ainsi administré à ses membres.




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