Éducation physique: un programme novateur perd sa subvention

La commission scolaire des Affluents a décidé de... (Photo David Boily, Archives La Presse)

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La commission scolaire des Affluents a décidé de retirer les 45 000 $ dont bénéficiait un programme novateur d'éducation physique intensif chaque année pour embaucher un éducateur physique. La subvention sera coupée de moitié dès l'année prochaine, avant de disparaître complètement à l'automne 2018.

Photo David Boily, Archives La Presse

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À l'heure où Québec s'inquiète de la méforme des jeunes et appelle Pierre Lavoie à la rescousse, un programme novateur d'éducation physique intensif se fait couper les vivres dans la couronne nord de Montréal.

À l'école primaire Léopold-Gravel de Terrebonne, 156 élèves bénéficient actuellement de quatre heures trente minutes d'éducation physique par semaine. Il s'agit de deux fois la recommandation du ministère de l'Éducation, qui prescrit un minimum de 120 minutes par semaine.

Selon un spécialiste de la santé des enfants, les élèves de ce programme intensif en éducation physique (PIEP) sont beaucoup plus en forme que la moyenne québécoise. « C'est une solution qui ne coûte pas cher, mais qui a un gros impact », croit le professeur Mario Leone, directeur du Groupe de recherche sur les aptitudes physiques des enfants de l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).

Mais voilà que ce programme qualifié de réussite perd sa subvention. La commission scolaire des Affluents a décidé de retirer les 45 000 $ dont bénéficiait le programme chaque année pour embaucher un éducateur physique. La subvention sera réduite de moitié dès l'année prochaine, avant de disparaître complètement à l'automne 2018.

Cette décision inquiète des enseignants et des parents de l'école Léopold-Gravel, qui pensent que le programme va perdre son âme si on lui retire son financement. L'une des particularités du PIEP consiste à offrir des périodes à deux enseignants : le titulaire de classe en plus d'un éducateur physique. Ce ne sera vraisemblablement plus possible à l'avenir.

« La commission scolaire nous dit ne pas vouloir fermer le programme. Ils disent qu'il faut trouver des méthodes alternatives, explique Mélisa Goyette, enseignante de quatrième année à l'école Léopold-Gravel. Alors le titulaire de classe va devoir animer des plages d'activité physique. »

«Mais moi, je ne serai jamais une prof d'éducation physique. Si on enlève ça, on enlève l'essence du programme, qui est d'enseigner en collaboration.»

Mélisa Goyette
enseignante de quatrième année à l’école Léopold-Gravel

À la commission scolaire, on assure que les élèves auront encore droit à quatre heures trente minutes d'activité physique par semaine, même s'ils seront moins encadrés par des éducateurs physiques.

« C'est surtout par souci d'équité envers les autres écoles qu'on a pris la décision d'enlever la subvention, explique Éric Ladouceur, responsable des communications à la commission scolaire des Affluents. On donnait 45 000 $ alors que toutes les autres écoles primaires n'ont pas le privilège de recevoir ces sommes-là. »

La commission scolaire jugeait-elle que ce programme était un succès ? « Un succès ? J'imagine que oui, parce que les gens avaient l'air d'y tenir. Mais pour nous, l'objectif est de faire bouger les élèves, ce qui sera encore le cas, dit M. Ladouceur. Mais en même temps, on parle d'un total de 156 élèves alors qu'au primaire, on en a environ 20 000 à la commission. »

DES JEUNES DE MOINS EN MOINS EN FORME

Des enseignants de l'école primaire tentent maintenant de trouver des appuis parmi des acteurs influents de l'éducation. Le chercheur Mario Leone est un de ceux-là. Il a donné son appui aux enseignants du PIEP. Il a même décidé de comparer la forme des élèves du programme avec celle des autres enfants québécois.

Mario Leone est ce chercheur qui a recueilli des données sur la forme physique des enfants et des jeunes au Québec, révélées par La Presse le 31 mars dernier. Ses conclusions sont alarmantes : selon ses chiffres recueillis auprès de 5000 élèves, la capacité cardio-respiratoire des jeunes Québécois a chuté de plus de 10 % depuis 1982.

« J'ai comparé les données des jeunes du PIEP de l'école Léopold-Gravel à celles de l'ensemble des jeunes du Québec. Leurs jeunes sont beaucoup plus en forme. Ça fonctionne », note Mario Leone.

Le gouvernement de Philippe Couillard a annoncé le 3 avril dernier son plan pour faire bouger davantage les jeunes. La nouvelle politique, intitulée « Au Québec on bouge », vise notamment à faire bouger les jeunes du primaire au moins 60 minutes par jour.

Mais la nouvelle politique n'entend pas y arriver en augmentant les cours d'éducation physique. Le gouvernement mise plutôt sur un partenariat avec le Grand défi Pierre Lavoie afin d'introduire le programme des cubes énergie dans plusieurs écoles.




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