Des infirmières veulent pouvoir continuer d'injecter du Botox

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À compter du 1er mai, les médecins ne pourront plus délivrer une ordonnance collective pour des injections à des fins esthétiques.

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Dès le 1er mai, les infirmières de la province ne pourront plus utiliser d'ordonnances collectives pour faire des injections de Botox ou de produits de comblement à leurs patients. Alors que certaines infirmières entrepreneures crient à l'injustice, le Collège des médecins affirme plutôt que la décision vise à protéger le public.

Depuis l'adoption de la loi 90 en 2002, les médecins peuvent fournir des ordonnances collectives pour permettre à des infirmières de faire certains actes, dont des injections en médecine esthétique. «Ça nous permettait de travailler de façon autonome, responsable et imputable», note la présidente du Regroupement des infirmières et infirmiers entrepreneurs du Québec (RIIEQ), Louise St-Aubin.

En 2015, observant certaines dérives en médecine esthétique, le Collège des médecins du Québec a mis sur pied un groupe de travail qui a émis ses recommandations en septembre dernier. 

Problèmes observés

Le Collège des médecins a notamment remarqué que certaines ordonnances collectives étaient signées par des médecins n'exerçant pas dans le domaine de la médecine esthétique et que d'autres étaient vendues par des tiers qui ne sont ni médecins ni infirmières.

L'ordre professionnel a aussi constaté des actes pratiqués dans des lieux ne répondant pas aux normes professionnelles. Récemment, un médecin de famille des Laurentides, la Dre Anne-Marie Bergeron, a plaidé coupable d'avoir encaissé des commissions d'une entreprise de soins esthétiques en échange de la signature d'ordonnances collectives pour des injections par des infirmières, illustre la porte-parole du Collège des médecins, Leslie Labranche. C'est notamment pour mettre fin à ces pratiques que le Collège a voulu resserrer ses règles.

Les changements

À compter du 1er mai, les médecins ne pourront plus délivrer une ordonnance collective pour des injections à des fins esthétiques.

«Dorénavant, le médecin devra faire lui-même l'évaluation médicale du patient et établir un plan de traitement individualisé. Ce plan de traitement pourra être effectué par le médecin lui-même ou faire l'objet d'une ordonnance individuelle délivrée à une infirmière ou à une infirmière auxiliaire», explique Mme Labranche.

L'infirmière ne pourra pas modifier le contenu de l'ordonnance sans qu'une nouvelle évaluation du patient soit faite par un médecin.

Des infirmières en colère

Pour le RIIEQ, le Collège des médecins exagère avec sa nouvelle règle. «Aucune plainte n'a jamais été portée contre les infirmières en soins esthétiques, contrairement à certains médecins et non-professionnels de l'industrie», soutient Mme St-Aubin.

«Oui, il faut baliser la pratique pour assurer la sécurité du public. Mais là, le Collège va trop loin. Les infirmières sont les victimes collatérales.»

D'autres solutions?

Pour le RIIEQ, d'autres solutions auraient permis un meilleur encadrement des injections en médecine esthétique. «On aurait pu mieux baliser grâce aux ordonnances collectives. Par exemple, en spécifiant dans quel lieu pratiquer, plaide Mme St-Aubin. Les nouvelles règles pénalisent les infirmières, mais pas les vrais charlatans, ce qui devrait être une priorité.»

Conséquence sur les patientes

Mme St-Aubin estime que si les injections faites en esthétique ne sont pas médicalement requises, elles ont «une valeur au niveau de la santé psychosociale» des patients.

La demande pour ces soins est grande, ajoute Mme St-Aubin. «On manque de médecins. Comment les patientes vont-elles avoir leur prescription? Comment répondre à cette demande?»

Le RIIEQ demande un moratoire sur la question, le temps de trouver une autre solution.




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