Une chirurgienne orthopédique de Laval radiée six mois

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Nathalie Hamel a priorisé une démarche administrative au lieu de soigner une patiente.

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Le conseil de discipline du Collège des médecins a imposé une radiation de six mois à une spécialiste en chirurgie orthopédique de Laval qui s'est démenée pendant des heures pour transférer dans un autre hôpital une patiente blessée gravement à la jambe au lieu de se rendre à son chevet. La conduite reprochée à Nathalie Hamel est « grave et porte ombrage à l'ensemble de la profession ».

Le matin du 31 décembre 2010, cette patiente venait de passer la nuit aux urgences de l'hôpital de la Cité-de-la-Santé, en attendant le début du quart de travail de l'orthopédiste de garde. Cette patiente, dont l'identité est protégée, souffrait d'une fracture complexe du genou de type Schatzker VI à risque de complications, diagnostiquée la veille à l'hôpital de Mont-Laurier.

Or, à son arrivée en poste, à 8 h 30, la Dre Hamel n'est pas allée évaluer l'état de santé de la patiente, qui était alors « difficilement soulagée par les doses de narcotiques ». Elle a plutôt refusé de la prendre en charge, puisque celle-ci s'était retrouvée dans le mauvais hôpital. Nathalie Hamel a alors enclenché des démarches pour transférer la patiente à l'hôpital Pierre-Le Gardeur, à Terrebonne, créant un imbroglio administratif impliquant pendant des heures trois hôpitaux et de nombreux médecins.

« [La Dre Hamel] semble davantage préoccupée par une considération administrative que par son devoir primordial de se rendre au chevet de la patiente, de procéder à un examen de celle-ci et lui prodiguer les soins requis par son état », note le conseil de discipline dans sa décision du 23 août dernier. Selon le Dr Newman, l'orthopédiste expert qui a témoigné dans cette affaire, cette démarche administrative « a retardé les soins à être prodigués à la patiente qui présentait une condition urgente ».

Quand elle s'est finalement rendue au chevet de la patiente, en fin de matinée, Nathalie Hamel n'a pas défait l'attelle de la malade et n'a pris aucune note d'un examen physique neurovasculaire. Le conseil de discipline reproche à la médecin d'avoir « omis de procéder à un examen médical attentif de la patiente » à ce moment, une infraction qui touche « le fondement même de la médecine, soit le diagnostic, l'investigation et le suivi ».

Selon le Dr Newman, la patiente souffrait d'un syndrome du compartiment, qui nécessitait un « traitement urgent ». Il s'agit d'une « opération que tout orthopédiste se doit d'être en mesure de réaliser ». En après-midi, la patiente a finalement été transportée à l'hôpital Jean-Talon, à Montréal, pour subir une opération au genou, puisque la Dre Hamel n'était pas « à l'aise d'opérer cette fracture complexe ».

Nathalie Hamel, spécialiste en chirurgie orthopédique depuis 1993, n'avait aucun antécédent disciplinaire au moment des faits. Elle a plaidé coupable aux deux chefs d'infraction au Code de déontologie des médecins. Elle a soutenu devant le conseil de discipline avoir été « grandement ébranlée par les événements » et ne plus être préoccupée par les questions administratives. Elle a convenu qu'elle « aurait dû examiner la patiente immédiatement » avant de vérifier si la patiente se trouvait dans le bon hôpital.

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