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Financement des soins de santé avec conditions: «Pas question», tonne Couillard

Philippe Couillard... (Photo Clement Allard, archives PC)

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Philippe Couillard

Photo Clement Allard, archives PC

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
Gatineau

Le gouvernement du Québec n'acceptera pas de se faire dicter une ligne de conduite par le fédéral en échange d'un financement additionnel en santé, prévient le premier ministre Philippe Couillard.

Il a ainsi réagi à des propos tenus par la ministre fédérale de la Santé, Jane Philpott, laquelle a suggéré dans une entrevue avec le Huffington Post que l'argent du fédéral pourrait être rattaché à des conditions, disant vouloir savoir comment les provinces dépenseront l'argent.

«Ah, ça, pour nous, il n'en est pas question», a lancé M. Couillard d'un ton catégorique en marge d'une annonce à l'hôpital de Gatineau, mardi.

Il a également exhorté le gouvernement fédéral, qui semble avoir l'intention de faire passer de six à trois pour cent le taux de croissance annuel des paiements de transfert en santé, de «penser aux patients» et «à la nature des problèmes que les systèmes de santé rencontrent aujourd'hui».

Car il est impératif de tenir compte de la pression qu'exercent des facteurs comme le vieillissement de la population sur le réseau de la santé, a plaidé le premier ministre en mêlée de presse.

«On ne peut pas financer un système de santé uniquement par le nombre d'habitants. Il n'y a aucun système de santé au monde qui fait ça comme ça», a-t-il tranché.

«Cette année, on va certainement augmenter notre pourcentage de dépenses en santé, mais pour aller plus loin, on a besoin du fédéral. Et si le fédéral n'est pas au rendez-vous, on aura de la difficulté à faire ce pas de plus», a enchaîné M. Couillard.

L'entente conclue en 2004 prévoyait des hausses automatiques annuelles de ces transferts, mais cet accord prend fin cette année. Le gouvernement Harper avait prévu les abaisser à partir de 2017 et les arrimer à l'augmentation annuelle du PIB, avec un minimum garanti de trois pour cent.

Le premier ministre Couillard a par ailleurs tenu à souligner que les libéraux n'avaient toujours pas donné suite à leur engagement électoral d'allonger un montant de 3 milliards pour financer les soins à domicile.

«On n'a toujours pas vu le 3 milliards. On veut voir le 3 milliards, parce qu'il y a des besoins importants», a-t-il insisté.

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a abondé dans le même sens, fustigeant de nouveau le gouvernement fédéral pour sa gestion des négociations visant à conclure un nouvel accord dans le dossier du Transfert canadien en matière de santé (TCS).

«Les problèmes, ils sont dans les provinces. Le fédéral a un engagement historique de financer les soins de santé à 50 pour cent. On est déjà descendus à 19, aujourd'hui on est à 20 ou 22 selon les provinces», a-t-il illustré.

«On leur demande (aux libéraux), sur 10 ans, de revenir à 25, et même pour ça, il n'y a aucune discussion au moment où on se parle. Alors je suis inquiet pour les Canadiens et les Canadiennes», a enchaîné avec vigueur le ministre Barrette.

En campagne électorale, M. Couillard avait écrit aux chefs de parti pour leur demander d'augmenter le TCS «afin qu'il représente 25 pour cent des dépenses en santé des provinces».

Il avait aussi réclamé que cette hausse soit répartie en fonction «des caractéristiques spécifiques des populations desservies, dont les réalités démographiques».

En réponse à cette missive, le chef libéral Justin Trudeau avait assuré que les transferts aux provinces constituaient selon lui «un enjeu de première importance dans les relations fédérales-provinciales».

«Contrairement à (Stephen) Harper, je n'entends pas traiter cette question de manière unilatérale. Mon parti est conscient des défis que représentent la hausse des coûts de santé et le vieillissement de la population pour les gouvernements provinciaux», avait-il indiqué.

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