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Finis les fruits de mer au CISSS du Bas-Saint-Laurent

Le Centre intégré de santé et de services... (PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE)

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Le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) du Bas-Saint-Laurent envisage plusieurs solutions dans le but d'atteindre ses cibles de compressions budgétaires pour 2015-2016, dont retirer des aliments coûteux des menus de ses établissements.

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Retirer les aliments coûteux des menus. Cesser de laver les uniformes du personnel. Diminuer la fréquence de nettoyage de certains locaux. Le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) du Bas-Saint-Laurent a envisagé plusieurs solutions dans le but d'atteindre ses cibles de compressions budgétaires pour 2015-2016, révèle un document interne obtenu par La Presse.

Dans un document de la direction des services techniques du CISSS daté de novembre dernier et intitulé « Mesures de compressions budgétaires 2015-2016 - Hypothèses de solutions », différentes pistes d'économies sont présentées.

On apprend notamment que pour économiser dans le service d'alimentation, le CISSS envisageait de « retirer les aliments coûteux des menus (ex. : poisson et fruits de mer) », de « prendre en charge des machines à café appartenant au privé » et de « couper un poste de pâtissière » à l'un de ses sites.

Étonnamment, le CISSS pensait aussi « revoir la méthode de calcul des statistiques (ne génère pas d'économie, mais améliore la performance) », peut-on lire dans le document.

À la buanderie, le CISSS prévoyait « cesser de laver les uniformes et donner aux employés une procédure d'entretien à la maison » et même « cesser de fournir des uniformes, à différents secteurs du moins ». Pour faire des économies dans le service d'hygiène et de salubrité, le CISSS souhaitait entre autres réduire la fréquence de nettoyage des bureaux administratifs.

17 MILLIONS DE COMPRESSIONS

L'été dernier, le CISSS avait annoncé qu'il devrait réduire son budget de 17 millions en 2015-2016. L'objectif était d'« optimiser sans affecter l'accès et la qualité des services à la population », disait le CISSS en juillet.

Responsable des communications au CISSS, Lise Chabot explique que le document obtenu par La Presse est un « document de travail » et que certaines pistes n'ont pas été appliquées. Les mesures touchant les uniformes ont par exemple été abandonnées, car une nouvelle politique vestimentaire sera adoptée sous peu.

Certains aliments ont toutefois effectivement été retirés des menus, comme les fruits de mer. « Certains établissements avaient beaucoup de plats avec des fruits de mer, et on a changé les menus. On a aussi changé certains ingrédients. Par exemple, le boeuf haché a été remplacé par du veau haché », affirme Mme Chabot.

En ce qui concerne les statistiques à modifier pour « améliorer les performances », Mme Chabot explique que certaines cafétérias ne comptabilisaient pas les collations et les aliments d'appoint - comme les boissons nutritives de type Ensure - dans leurs budgets et qu'elles n'étaient donc « pas rentables ». Ces cafétérias ont commencé à comptabiliser l'ensemble des produits et ont équilibré leur budget, explique Mme Chabot.

SYNDICAT CHOQUÉ

Sylvain Lirette, répondant politique de l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) pour le Bas-Saint-Laurent, a été choqué de voir les solutions proposées par le CISSS. Pour lui, il s'agit « d'économies de petite semaine ». « Combien de gestionnaires ont réfléchi à ces solutions ? Pendant combien de temps ? On passe des heures à prévoir des solutions qui permettent d'économiser des 30 sous », déplore-t-il.

«Le ministre de la Santé a beau dire qu'on peut compresser des millions sans effet sur les patients, la réalité, c'est qu'on n'y arrive pas.»

Sylvain Lirette, répondant politique de l'APTS pour le Bas-Saint-Laurent

Quand on lui demande si le CISSS n'a pas effectué des économies de bouts de chandelle, Mme Chabot explique que de nombreux efforts doivent être faits pour récupérer 17 millions de dollars.

« Il faut faire des plans et voir comment gérer pour aller chercher ce qu'il faut. Pour chaque solution analysée, si l'effort demandé ne valait pas la peine, nous ne l'avons pas implantée », assure-t-elle, tout en expliquant que plus de 500 mesures dans différents secteurs ont été adoptées et que le CISSS saura à la fin du mois si l'objectif financier est atteint.

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