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«Santé au pluriel: conjuguer public et privé»: un colloque choque les syndicats

Quelques membres du regroupement Médecins québécois pour le... (PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE)

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Quelques membres du regroupement Médecins québécois pour le régime public ont aussi signalé leur opposition au colloque.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

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Des syndiqués ont manifesté hier midi devant HEC Montréal pour protester contre la tenue d'un colloque ayant pour thème « Santé au pluriel : conjuguer public et privé ». Réunissant des dizaines d'administrateurs du réseau de la santé québécois ainsi que des dirigeants d'entreprises privées, le colloque voulait entre autres établir un dialogue entre ces intervenants.

La matinée de conférence se terminait par un « dîner de réseautage », dénoncé par Nancy Corriveau, de la Fédération des professionnèles (FPCSN).

« Nous sommes présentement dans une logique de coupes en santé. Et là, on fait du réseautage pour financer le privé à même les fonds publics. On ne s'en cache même plus ! »

Premier conférencier du colloque, le sous-ministre adjoint au ministère de la Santé et des Services sociaux, Pierre Lafleur, a expliqué les nouvelles réformes qui touchent le réseau de la santé.

La directrice du Pôle santé HEC Montréal, Marie-Hélène Jobin, a ensuite dévoilé une étude montrant que le réseau public « a des éléments structurels sclérosants » et que « le privé peut apporter une belle innovation », à certaines conditions, notamment des relations saines et transparentes entre les partenaires.

Le professeur titulaire à HEC Montréal, Jacques Nantel, a montré la forte croissance des dépenses des ménages québécois pour des soins de santé privés au cours des dernières années.

Directrice de l'hôpital de réadaptation Villa-Médica, Anne Beauchamp a expliqué que les citoyens se tournent de plus en plus vers le privé « car le public ne livre pas la marchandise ». « On peut contribuer ensemble à améliorer le réseau de la santé, à condition de mieux se connaître », a-t-elle déclaré.

Du lobbyisme?

Directeur général de Sigma Santé, l'organisme responsable de l'approvisionnement pour plusieurs établissements du réseau de la santé, François Lemoyne a noté que depuis la commission Charbonneau, les pratiques ont changé dans le milieu.

« On ne va plus au hockey ou au restaurant pour ne pas être vus avec des fournisseurs », a-t-il dit, tout en déclarant que le réseau de la santé devra trouver une façon de rétablir les liens avec les fournisseurs pour construire « des appels d'offres de qualité avec de meilleurs résultats pour les patients ».

En fin de colloque, lors de la période de questions, un membre de l'assistance a demandé si les entrepreneurs présents détenaient des mandats de lobbyistes. Suscitant l'étonnement de la salle, l'homme s'est fait répondre par la négative.

Présent à la fin du colloque, le député de Québec solidaire, Amir Khadir, a critiqué l'évènement « facilitant le lobbying de promoteurs privés de la santé ». « Des responsables gouvernementaux cautionnent, sans gêne, le mythe selon lequel le système public de santé est en faillite et que la solution passe par une privatisation des soins », a-t-il dénoncé.

Au bureau du Commissaire au lobbyisme, on mentionne qu'une activité comme ce colloque est « propice au lobbyisme ». « Mais ça ne veut absolument pas dire qu'il y a eu du lobbyisme et que les participants étaient obligés de détenir un permis de lobbyiste », note le porte-parole du bureau du Commissaire, Daniel Labonté.

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