Santé: des «ajustements», mais pas de coupes de services, dit Barrette

« Je peux solennellement m'engager à tout faire... (PHOTO JACQUES BOISSINOT, LA PRESSE CANADIENNE)

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« Je peux solennellement m'engager à tout faire pour que les services soient maintenus. Ça, je peux vous le dire : c'est mon intention de maintenir les services tels qu'ils sont, et je pense que c'est possible. À l'exception évidemment de certains ajustements d'optimisation », a affirmé Gaétan Barrette.

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(Québec) Alors que la croissance du budget de la santé est limitée à 1,4%, du jamais vu, le ministre Gaétan Barrette affirme qu'il va « tout faire pour ne pas couper dans les services ». Il apportera des « ajustements d'optimisation », entre autres pour freiner les dépenses, élevées, en médicaments.

Le ministre a rencontré brièvement la presse parlementaire vendredi, au lendemain du dépôt du budget Leitao. « Je peux solennellement m'engager à tout faire pour que les services soient maintenus. Ça, je peux vous le dire : c'est mon intention de maintenir les services tels qu'ils sont, et je pense que c'est possible. À l'exception évidemment de certains ajustements d'optimisation », a-t-il affirmé.

Il entend prendre des décisions pour limiter la croissance des coûts en médicaments. « C'est un secteur où il y a beaucoup de sous à aller chercher. Vous allez voir, dans l'ensemble de cette oeuvre-là (d'optimisation) qui n'est pas terminée, on pense atteindre les objectifs exprimés dans le budget. »

Le coup de frein dans le secteur de la santé est sans précédent. Alors que le budget de ce ministère a bondi de 4,2% dans la dernière année, il augmente d'à peine 1,4% pour 2015-2016. Les deux tiers de cette augmentation de 461 millions vont aux médecins, en hausse de rémunération. Le reste est consacré aux services à la population. Le Parti libéral avait pourtant promis en campagne électorale de maintenir la hausse des dépenses en santé à 4% par an durant tout le mandat.

D'ailleurs, l'Institut du Québec, créé par l'ancien ministre libéral des Finances Raymond Bachand, a déjà calculé qu'avec le vieillissement de la population et la croissance de la rémunération et d'autres coûts, la hausse des dépenses annuelles en soins de santé devrait atteindre 5% pour assurer un niveau de services qui répond aux besoins de la population. Il proposait de la limiter à 4,2% en vue de remettre les finances publiques à flot, ce qui est trois fois plus que la cible du budget Leitao. Gaétan Barrette réplique que la proposition de l'Institut repose sur des hausses salariales égales à l'inflation. Or le budget Leitao tient compte du gel salarial contenu dans l'offre gouvernementale aux syndicats dans le cadre du renouvellement des conventions collectives. Ce gel est donc incontournable aux yeux du gouvernement. Les négociations, qui étaient déjà difficiles, s'annoncent maintenant houleuses.

Dans le budget Leitao, Québec envoie un signal au réseau de la santé qui laisse présager des coupes importantes. « Certains coûts de croissance, dont ceux reliés aux médicaments et aux fournitures médicales, devront être autofinancés par les établissements de santé », peut-on lire dans le budget des dépenses. Or ces coûts explosent au Québec, notait le Commissaire à la santé la semaine dernière. Dans les documents financiers, on remarque des coupes dans les transferts aux établissements publics (200 millions), dans les budgets en santé physique (200 millions), en santé publique (5 millions), en services optométriques (3,7 millions), en services pharmaceutiques et de médicaments (7 millions).

« Ce que vous notez là, ce sont des exemples. Ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de décisions d'optimisation qui doivent être prises. Mais les services requis, eux, sans aucun doute, vont être préservés », a répliqué M. Barrette.

Mais pour la députée péquiste et porte-parole en matière de santé, Diane Lamarre, il y aura « des coupes importantes dans les services essentiels ». Elle pense, comme son parti, qu'il est possible d'arriver à l'équilibre budgétaire en 2015-2016 en utilisant d'autres moyens. Or l'aspirant-chef Bernard Drainville ne le croit pas et demande le report de l'atteinte du déficit zéro.

Le député caquiste François Paradis croit qu'il est possible de limiter les dépenses en santé à 1,4 % en réduisant la « bureaucratie » et sans affecter les services. « Ça va être une lourde tâche. C'est la volonté du gouvernement, qu'il nous le prouve. (...) Mais je suis sceptique. Et ma crainte c'est que les citoyens soient touchés dans les services directs », a-t-il dit.

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