Privatisation de deux buanderies d'hôpitaux: les syndicats protestent

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) s'inquiète de l'abandon par... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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La Confédération des syndicats nationaux (CSN) s'inquiète de l'abandon par Québec de deux projets de buanderies publiques. Pour le syndicat, rien ne justifie de confier les deux buanderies de Québec et de Lanaudière, où travaillent quelque 200 personnes, au secteur privé.

«C'est une décision purement idéologique», a déclaré le vice-président de la CSN, Jean Lacharité, en conférence de presse ce matin.

Aux prises avec des installations vétustes, les régions de Québec et du nord de Lanaudière avaient décidé, il y a cinq ans, de rénover leurs deux buanderies publiques desservant les établissements de santé. Après de longues études, les deux projets avaient reçu l'aval des agences de santé locales et de l'ancien ministre de la Santé, Réjean Hébert.

Mais à son arrivée au pouvoir, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a plutôt annoncé que des appels d'offres seraient réalisés dans les deux régions pour les projets de réaménagement des deux buanderies, explique M. Lacharité.

Président du Syndicat des travailleuses et des travailleurs du Centre de santé et de services sociaux du nord de Lanaudière, Gilles Savoie ne comprend pas la décision. «D'autant plus que notre projet, comme celui de Québec, était autofinancé et répondait à toutes les attentes  et exigences », dit-il.

Un changement de cap dénoncé

Vice-président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), Guy Laurion s'inquiète du fait que les contrats de buanderie, confiés au secteur privé, seraient d'une longue durée. «Dans le cas des centres hospitaliers universitaires de Montréal, construits en partenariat public-privé, on a vu les dangers des contrats privés de longue durée. C'est inacceptable», dit-il.

«Je ne comprends vraiment pas le changement de cap du ministre Barrette. On a dépensé plus d'un million de dollars en étude pour ces deux projets, qui avaient reçu l'aval de toutes les autorités. Rien ne justifie ce changement», plaide M. Lacharité, qui craint que cette décision de Québec ne soit que « la pointe de l'iceberg ». « Si on se dirige vers une privatisation des services auxiliaires en santé, comme les buanderies, les cuisines, l'entretien ménager et les métiers, Québec va nous trouver sur son chemin », dit-il.

Un appui du privé

Au même moment, le président de Buanderie Blanchelle, Pierre Ferron,  a publié un mémoire pour réclamer l'abandon des buanderies publiques par Québec. Selon lui, l'État «ne doit pas faire concurrence au secteur privé dans les services de soutien au réseau public de santé ».

M. Ferron estime que les projets de buanderies publiques de Québec et de Lanaudière  coûteront respectivement 33 et 21 millions, des montants que ne peut se permettre d'assumer le secteur public.

«Dans toutes les régions, il faut examiner rigoureusement ce que le secteur privé peut offrir, à quel prix et avec quelle qualité de service. Nous ne demandons pas de passe-droits. Nous réclamons uniquement la possibilité de démontrer ce que nous pouvons faire pour les contribuables du Québec », affirme M. Ferron.

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