Abolition des agences de la santé: les comités d'usagers inquiets

Alors que Québec envisage d'abolir les 18 agences de la santé du Québec, un... (Photo: Olivier Pontbriand, archives La Presse)

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Photo: Olivier Pontbriand, archives La Presse

Alors que Québec envisage d'abolir les 18 agences de la santé du Québec, un rapport recommande plutôt de conserver uniquement 10 «régions de services» et d'éliminer les conseils d'administration des hôpitaux. Une suggestion qui inquiète grandement le président du Regroupement provincial des comités des usagers du Québec (RPCU) qui craint que les patients ne perdent leur voix dans le réseau.

Dans un article publié ce matin, le Journal de Montréal révélait que Québec envisage d'abolir les 18 agences de la santé du Québec. Une rencontre à ce sujet a eu lieu, ce matin.

Le ministre Barrette n'a pas confirmé qu'il abolira les agences, mais il a affirmé qu'il vise 220 millions $ d'économies avec des rationalisations. «Je ne peux pas dire que je n'abolirai pas les agences» a-t-il toutefois soutenu laconiquement.

Durant la rencontre de ce matin avec les agences, le ministre a affirmé que les abolitions font partie des scénarios, mais ne semblent pas être la voie privilégiée. «Il est resté très flou, il dit qu'il veut restructurer, parle d'hypothèses. On s'attendait à apprendre ses décisions. La seule chose précise est qu'il veut abolir 1300 cadres, et peut être plus, dans le réseau», a confié un participant.

Abolir les conseils d'administration d'hôpitaux

Dans un rapport publié ce matin, l'Institut sur la gouvernance d'organisations privées et publiques (IGOPP) recommande plutôt de conserver une dizaine de «régions de service» auxquelles seraient rattachés tous les établissements de santé du réseau. En revanche, les conseils d'administration des établissements devraient disparaître, peut-on lire dans le rapport. Seul le directeur général des hôpitaux et des autres centres de santé et de services sociaux aurait une «autonomie réelle» et serait redevable aux régions de services.

Pour Pierre Blain, directeur général du Regroupement provincial des comités d'usagers, cette suggestion est «dangereuse». «Ce n'est pas la première fois qu'on évoque l'idée d'abolir les conseils d'administration des établissements. Mais si on a juste des directeurs généraux qui rendent des comptes au niveau régional, des scandales comme les abus vécus au CUSM (Centre universitaire de santé McGill), il va y en avoir encore plus!» tonne-t-il.

Sur chaque conseil d'administration d'hôpitaux, un siège est présentement occupé par des représentants des usagers. «Si on abolit les conseils d'administration, les usagers n'auront plus leur mot à dire dans le réseau. Ils ne seront plus défendus nulle part», plaide M. Blain.

Le directeur général de l'IGOPP, Michel Nadeau, affirme pour sa part que les pouvoirs des conseils d'administration des établissements sont «quasiment inexistant». «Les régions de service que l'on propose auraient des conseils d'administration constitués uniquement de gens du public. Il n'y aurait plus de nominations. Les usagers dirigeraient vraiment leur réseau», dit-il.

La gouvernance de la santé au Québec

  • Ministère de la Santé et des Services sociaux
  • 18 agences de la santé dotées de conseils d'administration composés de 15 membres nommés par Québec
  • 182 établissements publics, dont 94 centres de santé et de services sociaux (CSSS) qui ont tous à leur tête un conseil d'administration formé de 18 à 21 membres. Ces membres sont cooptés, délégués par des parties intéressées ou élus. Le taux de participation aux dernières élections du réseau de la santé a été de moins de 1%.




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