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Le congédiement d'une infirmière praticienne inquiète le Ministère

Un changement d'horaire dans un groupe de médecine... (Photo Marco Campanozzi, archives La Presse)

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Un changement d'horaire dans un groupe de médecine de famille à L'Assomption a entraîné le congédiement d'une infirmière praticienne spécialisée.

Photo Marco Campanozzi, archives La Presse

Incapable de s'entendre avec ses collègues médecins, une infirmière praticienne travaillant au Groupe de médecine de famille (GMF) de L'Assomption a perdu son emploi, vendredi dernier. Une situation qui inquiète au plus haut point le ministère de la Santé, a appris La Presse.

Ce cas survient alors que le nouveau gouvernement de Philippe Couillard a promis d'embaucher 2000 nouvelles infirmières praticiennes spécialisées (IPS) dans le réseau d'ici 10 ans.

Le directeur du GMF, le Dr Philippe De Meyer, explique que son établissement a été l'un des premiers de la province à engager une IPS. «Tout allait très bien. Nous avions deux IPS et nous travaillions en étroite collaboration avec elles», dit-il.

Le Dr De Meyer laisse toutefois savoir que son GMF ne cesse de croître et que les besoins de la population sont grands. «Nous sommes 16 médecins et 6 infirmières. Nous faisons 55 000 visites annuelles. Chaque jour, nous refusons 25 nouveaux patients. J'en ai assez de cette situation. On a voulu changer notre façon d'opérer pour offrir plus d'accessibilité aux patients», dit-il.

Changement d'horaire

Selon le Dr De Meyer, les médecins ont demandé aux infirmières de travailler une fin de semaine sur six et un soir par semaine. «Avant, les infirmières finissaient toujours à 18h30. Et aucune ne travaillait les fins de semaine», dit-il.

Après discussions, les infirmières bachelières ont accepté le nouvel horaire, mais les IPS, qui possèdent une maîtrise et peuvent faire des actes plus poussés, ont refusé, dit le Dr De Meyer. «Pour nous, c'est une question de donner plus d'accès aux patients. On voulait aussi plus de sécurité. On a déjà eu des cas d'urgence le soir, et on n'avait aucune infirmière pour nous aider», dit-il.

La présidente du Syndicat interprofessionnel de Lanaudière Sud, Lyne Bouchard, mentionne que le GMF voulait aussi modifier les tâches des IPS et leur confier des activités en deçà de leurs compétences. «Quand les docteurs décident que ça ne fait pas, ils mettent l'infirmière à la porte? Ça n'a pas de sens, dénonce Mme Bouchard. Le gouvernement a dit qu'il veut ajouter 2000 IPS dans le réseau. Mais si les infirmières sont assujetties aux médecins comme ça, ça ne marchera pas.»

Chose certaine, l'affaire inquiète le ministère de la Santé, qui a demandé à l'Agence de santé de Lanaudière de régler le dossier «le plus vite possible».

Le directeur régional des affaires médicales et universitaires à l'Agence de santé de Lanaudière, le Dr Jean-Claude Berlinguet, dit lui aussi être «préoccupé» par la situation. «Les IPS sont un élément essentiel des soins de première ligne», dit-il.

Une rencontre avec le GMF était prévue vendredi dernier. «On veut un dénouement heureux», dit le Dr Berlinguet.




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