Suppléments de vitamine D: attention aux surdoses

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P-A Méthot

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Les nombreux suppléments de vitamine D offerts en vente libre au Québec ont des concentrations diverses, ce qui entraîne la confusion chez les acheteurs. Devant l'augmentation du nombre d'intoxications, principalement chez les nourrissons, l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) a publié un avis, hier, dans lequel il demande que les produits trop concentrés soient maintenant vendus avec l'approbation du pharmacien.

Dans les derniers mois, le Centre antipoison du Québec a signalé quelques cas de bébés intoxiqués, ce qui a amené l'INSPQ à enquêter sur la question.

Depuis que la Société canadienne du cancer a fait des recommandations sur l'apport quotidien optimal en vitamine D pour différents groupes d'âge, en 2007, un nombre croissant d'entreprises ont mis sur le marché des suppléments. Différentes preuves scientifiques ont établi que la consommation de cette vitamine peut diminuer le risque de certains cancers.

Les autorités de santé publique recommandent par exemple aux mères qui allaitent de donner à leur enfant des suppléments de vitamine D, communément appelée «vitamine soleil», en faibles concentrations.

Confusion

Selon l'INSPQ, le problème, c'est que les suppléments en vente libre dans les pharmacies ou ailleurs ont des concentrations très variables. «La multiplicité des formes et des formats de vitamine D disponibles ainsi que le manque de rigueur dans l'appellation et l'étiquetage de ces produits en vente libre contribuent à la confusion et peuvent mener à des erreurs thérapeutiques», écrit l'INSPQ dans son avis.

Par exemple, des entreprises proposent des gouttes dont les concentrations varient de 2000 à 20 000 unités internationales (UI) par millilitre. L'apport quotidien maximal tolérable pour un adulte est de 4000 UI par millilitre. Chez les nourrissons, il est de 1000 UI par jour.

«Les gouttes de vitamine D ne s'adressent plus seulement aux enfants. Il y a des produits très concentrés, explique Pierre-André Dubé, pharmacien au Centre de toxicologie du Québec. Si un enfant ne prend qu'une seule dose, ça va. Mais la prise répétée de doses de concentration plus élevée peut devenir problématique. C'est pourquoi on a lancé cet avis.»

La surdose chronique peut entraîner des symptômes toxiques comme des nausées, des vomissements, de l'anorexie, de l'hypertension, de l'arythmie cardiaque, des calculs rénaux et de l'insuffisance rénale.

L'INSPQ recommande donc que les suppléments de vitamine D ne soient vendus qu'en pharmacie. «Actuellement, ils peuvent être vendus n'importe où», dit M. Dubé. L'INSPQ souhaite également que les suppléments de vitamine D sous forme liquide dont la concentration est supérieure à 400 UI soient gardés derrière le comptoir et vendus sous la supervision du pharmacien seulement.

La présidente de l'Ordre des pharmaciens, Diane Lamarre, est préoccupée par la situation: «Nous allons en discuter à notre prochain conseil d'administration. Mais je penche pour la clarification des dosages des produits de vitamine D par Santé Canada. C'est sûr que nous souhaitons mieux protéger la population.»

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