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Sylvie Le May

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Sylvie Le May (centre), Edith Villeneuve (gauche) et... (Photo David Boily, La Presse)

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Sylvie Le May (centre), Edith Villeneuve (gauche) et Sylvie Cherette (droite).

Photo David Boily, La Presse

 

Martin Beauséjour
La Presse

Sylvie Le May connaît bien la douleur. Elle l'a maintes fois croisée dans les corridors des hôpitaux tout au long de sa carrière. C'est d'ailleurs ce qui l'a amenée à se diriger vers la recherche afin d'améliorer la gestion de cet ennemi invisible.

Au cours des 10 dernières années, la chercheuse du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine s'est principalement consacrée à l'amélioration des pratiques cliniques entourant la gestion de la douleur chez les jeunes patients. Son travail vient d'ailleurs d'être récompensé par un des sept prix Florence, remis par l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec.

«Je n'invente pas de nouveaux médicaments, précise-t-elle. J'essaie seulement de trouver de nouvelles combinaisons d'analgésiques ou d'autres moyens concrets qui pourraient soulager les enfants et rendre leurs visites à l'hôpital moins éprouvantes.»

Des résultats concrets

Pour cette infirmière chercheuse, un «produit rare» selon elle, il est important d'arriver avec des résultats probants et de nouvelles façons de faire. «Je ne suis pas en recherche pour pelleter des nuages. Si mes travaux n'aident personne, à quoi bon continuer», affirme celle qui est aussi professeure agrégée à la Faculté des sciences infirmières de l'Université de Montréal.

Certains de ses travaux permettent déjà une meilleure utilisation des analgésiques auprès des jeunes souffrant de douleurs musculo-squelettiques. L'infirmière chevronnée déplore d'ailleurs la sous-utilisation de ces médicaments chez les enfants. «La méconnaissance des effets secondaires et des dosages décourage souvent le personnel hospitalier, souligne Mme Le May. Mais lorsqu'ils sont utilisés correctement, les analgésiques sont bénéfiques même pour les jeunes patients.»

Son équipe s'apprête d'ailleurs à lancer une étude sur l'utilisation de la morphine et de l'ibuprofène chez les enfants souffrants, qui doivent souvent attendre plusieurs heures avant de voir un médecin. «La morphine fait peur, surtout aux parents, mais bien administrée, elle pourrait, par exemple, soulager la douleur causée par la fracture d'un membre, qui doit de plus être manipulé par le personnel pour des tests médicaux.»

Distraire la douleur

Sylvie Le May et son équipe ne s'intéressent pas seulement aux médicaments. Un projet de recherche sur des «trousses de distraction contre la douleur» vient tout juste de prendre fin. Dès leur arrivée au CHU Sainte-Justine, les parents pouvaient choisir, dans deux différentes trousses (0-2 ans et 3-5 ans), un jouet qui serait susceptible de capter l'attention de leur enfant. Résultat: plusieurs injections ont été exécutées sans pleurs ni cris, et dans bien des cas, les infirmières n'ont pas eu à immobiliser les petits patients durant les procédures. «Il faut souvent deux infirmières pour tenir un enfant qui s'apprête à recevoir une injection ou un cathéter. Normal qu'ils soient traumatisés et qu'ils se promettent de ne plus jamais revenir.»

Sylvie Le May collige les résultats de cette recherche durant l'été. Avec les fonds nécessaires, les trousses de distraction devraient, selon elle, faire leur apparition dans la salle d'attente du CHU Sainte-Justine vers la fin de l'automne.

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