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Joannie Rochette

Joannie Rochette... (Photo: Bernard Brault, La Presse)

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Joannie Rochette

Photo: Bernard Brault, La Presse

Simon Drouin
La Presse

(Vancouver) Quelques jours seulement après la mort soudaine de sa mère, Joannie Rochette a réussi, dans l'adversité, à décrocher la médaille de bronze en patinage artistique aux Jeux olympiques de Vancouver. La Québécoise a ému et inspiré des millions de personnes partout dans le monde par sa grâce, sa détermination et sa force de caractère.

Avant les Jeux olympiques de Vancouver, Joannie Rochette pouvait prétendre au podium. Mais cela ne serait pas facile. Une demi-douzaine de patineuses avaient les mêmes visées. Une Coréenne, des Japonaises, une ou deux Américaines, quelques Européennes.

Dans ce qui fut sans doute la finale la plus relevée de l'histoire de ce sport, Joannie Rochette a gagné la médaille de bronze, jeudi soir dernier. La Coréenne Yu-Na Kim et la Japonaise Mao Asada, deux prodiges de 19 ans, ont respectivement raflé l'or et l'argent.

Depuis les débuts du patinage artistique aux Jeux de Londres, en 1908, Rochette est la cinquième Canadienne à monter sur un podium olympique, la première depuis Elizabeth Manley, qui avait remporté la médaille d'argent à Calgary, en 1988. Elle est aussi la toute première Québécoise à réaliser l'exploit en simple.

Joannie Rochette savait qu'elle aurait à se battre pour y arriver. Elle avait tout prévu. Sauf la mort soudaine, deux jours avant le début de la compétition, de sa mère, sa complice, sa meilleure amie, Thérèse Rochette.

Pour son exploit athlétique, sa force, sa dignité dans l'épreuve, La Presse et Radio-Canada décernent à Joannie Rochette le titre de Personnalité de la semaine.

Un rêve fou

La petite Joannie avait 22 mois quand elle a mis des patins pour la première fois dans la petite localité de l'île Dupas, près de Berthierville. Contrairement à Kim ou à Asada, elle ne s'est pas démarquée sur la scène internationale dès l'adolescence. Ce fut une progression graduelle, parfois marquée par des reculs volontaires pour mieux avancer techniquement.

«Dans mes rêves les plus fous, jamais je n'aurais cru pouvoir monter sur le podium aux Championnats du monde, encore moins aux Jeux olympiques, a dit Joannie Rochette, samedi dernier. Bien sûr, je le souhaitais quand j'étais très jeune. Mais j'ai mis un bon bout de temps à y croire. Il y a toute une différence entre en rêver quand tu es jeune et croire que tu peux y arriver. Ma mère m'y a fait croire et m'a donné de la confiance. Elle m'a aidée à me tenir droite et à être fière de qui je suis.»

Pour sa performance inspirante et émouvante à Vancouver, Rochette a reçu le prix Terry Fox de Vancouver 2010, avec la fondeuse slovène Petra Majdic, qui a surmonté de sérieuses blessures pour remporter une médaille de bronze.

Le prix Terry Fox est une récompense inédite attribuée par le comité organisateur des Jeux et vise à saluer la persévérance et la détermination d'un athlète ayant fait face à des obstacles et des épreuves.

«J'ai toujours voulu être une battante sur la glace, a souligné Rochette. Même si au cours des cinq dernières années, je n'ai pas toujours eu les meilleures performances, chaque fois, je donnais 100%. J'avais le sentiment du devoir accompli. C'est ce que je voulais faire ici, même avant que ma mère décède. Ça n'a pas changé. Je veux encore être forte.»

Très honorée, la jeune femme de 24 ans aurait bien sûr préféré inspirer les gens d'une autre façon. La réception du prix l'a parfois replongée dans le plus profond des chagrins.

Elle souhaite que dans 10 ou 20 ans, comme elle a pu le lire dans de nombreux témoignages d'encouragement, elle pourra sourire en regardant la magnifique plaque en bois qu'on lui a remise. Dans le coin droit, il y est gravé la citation suivante de Terry Fox: «J'aimerais donner un exemple qui ne sera jamais oublié.»

Hier soir, Rochette a porté le drapeau canadien à la cérémonie de clôture des Jeux olympiques de Vancouver. Avant d'apprendre qu'elle était choisie, elle s'était fait une promesse: «Ça ne fait même pas une semaine que ma mère est décédée. Je n'ai pas vraiment eu le temps de réaliser qu'elle n'est plus là. Ce sont mes deuxièmes Jeux et j'ai gagné une médaille. Il y a plein d'émotions qui se mélangent. Mais je sais que ma mère aimerait que je célèbre cette médaille-là. J'ai travaillé toute ma vie pour l'avoir.»

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