Site d'enfouissement sur la Rive-Sud: un recours collectif intenté

L'enfouissement des matériaux secs a débuté dans les... (Photo André Pichette, La Presse)

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L'enfouissement des matériaux secs a débuté dans les années 80 dans cette ancienne carrière située à La Prairie, tout près de Candiac. Écoservices Tria a commencé à exploiter le site en 1992 et, selon les riverains, le problème d'odeurs est apparu dès le début.

Photo André Pichette, La Presse

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Une entreprise de gestion des matières résiduelles de la Rive-Sud de Montréal aurait empesté près de 700 maisons des quartiers résidentiels environnants, si bien que des citoyens s'adressent aux tribunaux. La poursuite cible aussi le ministère de l'Environnement, qui aurait fait preuve d'un « laxisme épouvantable », selon un plaignant.

« C'est sûr que c'est éprouvant, confie Pierre Robillard,... (Photo André Pichette, La Presse) - image 1.0

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« C'est sûr que c'est éprouvant, confie Pierre Robillard, dont la cour est située à quelques mètres du site. Quand vous êtes assis sur votre patio, que vous vous baignez dans votre piscine le dimanche et que vous les entendez travailler, ça n'a pas d'allure. Sans parler des émanations. »

Photo André Pichette, La Presse

Au premier coup d'oeil, il est difficile d'imaginer que le grand terrain gazonné situé derrière la cour de Pierre Robillard dégage des odeurs d'oeufs pourris. C'est pourtant bien le cas : sous cette couche verte, on trouve des tonnes de matériaux de construction enfouis depuis 30 ans.

Les matières résiduelles ne sont plus visibles à l'oeil, mais au nez, c'est une autre histoire. Portées par le vent, les odeurs empestent les quartiers environnants depuis l'ouverture du site. Trois incendies ont pris naissance dans les déchets au cours des dernières années, propageant chaque fois des émanations encore plus infectes pendant plusieurs semaines.

Les épisodes sont devenus moins fréquents depuis que le site a été recouvert, mais il y en a toujours, dit Pierre Robillard.

« Ça vient par bouffées, relate-t-il. Ce n'est pas tous les jours, mais ça se produit encore aujourd'hui. »

Depuis 25 ans, ce résidant de la rue Adélaïde, à Candiac, se plaint des odeurs qui se dégagent du site, exploité depuis 1992 par la société Écoservices Tria. Il n'est pas seul. Selon un recours collectif autorisé l'an dernier et récemment affiché sur le site du ministère de l'Environnement, près de 3000 personnes habitant trois quartiers résidentiels du secteur seraient dans le même bateau.

M. Robillard affirme que ses problèmes sont devenus pires à partir de 2006, lorsque l'entreprise a ouvert un centre de tri sur un terrain voisin. Une activité bruyante et qui dégage de la poussière.

Dans la poursuite, le plaignant affirme que les riverains ont subi des maux de tête, des maux de coeur et des épisodes de toux.

« On a été patients. On espérait toujours que le ministère [de l'Environnement] mettrait ses culottes et viendrait régler la situation. » - Pierre Robillard

Malgré les plaintes répétées, les pétitions, la mise sur pied d'une table de concertation et de nombreuses démarches auprès des élus municipaux, le problème a persisté.

Pour Pierre Robillard, le ministère de l'Environnement a failli à sa tâche de protéger les citoyens. Il résume son intervention dans le dossier en deux mots : « laxisme épouvantable ».

En 2012, des citoyens ont donc lancé un recours collectif qui cible Écoservices Tria, sa société soeur Gestion Tria, la Ville de La Prairie et le gouvernement du Québec.

Les plaignants réclament des dommages s'élevant à 5000 $ par année où ils ont subi des inconvénients depuis 2010. Si la Cour leur donne raison, le montant du dédommagement pourrait s'élever à plus de 100 millions.

Lancée il y a cinq ans, la cause n'a pas encore été débattue sur le fond. Les défendeurs ont demandé une série de précisions à la poursuite et attendent une réponse.

L'ENTREPRISE ASSURE AVOIR RESPECTÉ LES RÈGLES

Écoservices Tria soutient qu'elle a toujours respecté la loi québécoise. L'agrandissement de ses installations a été avalisé par Québec en 1996 au terme d'un examen du Bureau des audiences publiques sur l'environnement (BAPE).

L'avocate de la société, Christine Duchaine, souligne que la poursuite n'a produit aucune expertise qui appuierait ses prétentions. Elle rappelle aussi que le site se trouve en plein coeur d'un parc industriel où plusieurs autres entreprises se livrent à des activités potentiellement dérangeantes pour les riverains.

« On va se défendre. On considère n'avoir rien à se reprocher par rapport à ce qui s'est passé. »

Comme l'affaire est au coeur d'un litige, le ministère de l'Environnement a préféré ne pas commenter le dossier, hier.

La Ville de La Prairie a pour sa part orienté La Presse vers son avocate, mais celle-ci n'a pas donné suite à notre appel.




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