Le maire de Saint-Lambert se défend d'avoir harcelé son DG

Le maire de Saint-Lambert, Alain Dépatie.... (PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE)

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Le maire de Saint-Lambert, Alain Dépatie.

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Le maire de Saint-Lambert, Alain Dépatie, a passé la journée d'hier à se défendre d'avoir harcelé son directeur général, François Vaillancourt, avec l'objectif de le congédier. «Je ne voulais pas encore le mettre dehors, mais je me demandais si c'était l'homme de la situation», a-t-il dit devant la Commission municipale du Québec (CMQ), en relatant ses premières semaines à la tête de la municipalité de la Rive-Sud, en novembre 2013.

M. Dépatie a raconté en long et en large à quel point il avait été dénigré durant la campagne électorale et durant ses années en tant que conseiller, et comment il en était venu à avoir la «perception» que le directeur général était un allié de l'ancien maire, Philippe Brunet. Il a aussi admis qu'il n'avait pas appuyé la candidature de M. Vaillancourt lors de son embauche. Les choses se sont toutefois gâtées plus tard, avant la prestation de serment, quand il a appris que le directeur général avait invité les anciens élus, comme lors des élections de 2009.

«J'ai ben beau être "marshmallow" dans ma capacité d'absorption, j'étais hors de moi. J'étais offusqué. Je lui ai dit que si c'était comme ça, je serais absent à la cérémonie», a raconté le maire aux deux juges du tribunal administratif.

Des doutes exprimés aux élus

Il ne s'est effectivement pas présenté à la cérémonie, mais pour des raisons de santé, a-t-il relaté. Il a été hospitalisé pour une cellulite à la jambe. Dans l'intervalle, le directeur général avait annulé les invitations auprès des anciens élus. À son retour de maladie, M. Dépatie a expliqué qu'il a commencé à se poser des questions au sujet du directeur. Notamment, au sujet d'un boni. Il a demandé au greffier une copie de son contrat, avec les clauses concernant le congédiement et la résiliation. Il obtient le contrat le 18 novembre, puis déballe son sac quelques jours plus tard, à huis clos, auprès des élus.

«Je n'ai pas dit aux élus que je voulais qu'il s'en aille, j'ai dit que j'avais des doutes. Une foule de détails ont fait que je me posais des questions à savoir s'il était la bonne personne. J'avais de la misère avec lui depuis l'assermentation. Si j'avais su le bavassage, peut-être que ça ne ce serait pas passé comme ça. C'est vrai que je suis intempestif, un monsieur soupe au lait», a-t-il ajouté au sujet du conseiller Martin Smith, qui a informé le directeur général des tractations dans son dos.

Démarches pour obtenir un avis juridique

Une série de dates ont ensuite été évoquées devant le tribunal, dont une où il avait obtenu une prolongation de la garantie d'embauche auprès de la firme Raymond Chabot Grant Thornton. Le jour, aussi, où il a approché le directeur général adjoint pour lui demander s'il accepterait d'assurer l'intérim en cas de départ du directeur général. Puis, ses démarches pour obtenir un avis juridique afin de savoir si la Ville pouvait le congédier, ou résilier son contrat. Il convoque le conseil à huis clos, le 7 janvier.

«C'était le point trois à l'ordre du jour. J'ai informé les élus au sujet de la clause de résiliation, et qu'on pouvait peut-être l'utiliser. Mais j'ai appris que la clause pouvait difficilement être utilisée à cause du droit d'appel. Je ne pouvais pas le mettre dehors ou le suspendre parce qu'on aurait fait face à des recours.»

Trois jours plus tard, le directeur général annonçait que son médecin lui avait signé un congé de maladie pour un temps indéterminé. Deux semaines plus tard, les conseillers parvenaient à obtenir par résolution une enquête externe de «diagnostic organisationnel». Le maire Dépatie s'est employé devant les juges à discréditer le rapport de la firme Sarto Paradis, en disant que l'expert faisait «passer pour des monstres» lui et un conseiller allié, Jean Bouchard. «C'est seulement en lisant le rapport que j'ai compris les manigances», jure-t-il.

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