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PLQ: l'élection du nouveau président pourrait être contestée

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Le nouveau président du Parti libéral du Québec doit être nommé au congrès des membres, à la fin de novembre. Sur la photo, Philippe Couillard prononce un discours lors du conseil général de 2016.

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(Québec) Un événement qualifié d'«extrêmement rare» pourrait bientôt se produire au Parti libéral du Québec (PLQ). L'élection du nouveau président pourrait être contestée pour la deuxième fois seulement depuis les années 70. Un duel que certains présentent comme un affrontement entre la vieille garde et les réformistes.

Le vice-président de la commission politique, Antoine Atallah, a annoncé hier soir qu'il évalue «sérieusement» la possibilité de briguer la présidence, qui sera bientôt libérée par Gilbert Grimard.

Cette sortie survient alors qu'une autre candidature pointe à l'horizon. L'ancienne ministre de la Famille Carole Théberge a elle aussi confirmé à La Presse son intérêt pour le poste.

Si Mme Théberge et M. Atallah confirment leur candidature, ce sera seulement la deuxième fois en près de 40 ans que le président du PLQ n'est pas élu par acclamation. Hormis Marc Tanguay, qui a défait Karine Joizil en 2009, le dernier président du PLQ élu par scrutin était Larry Wilson en 1979.

«C'est extrêmement rare», a convenu un élu.

Antoine Atallah... (PHOTO FOURNIE PAR ANTOINE ATALLAH) - image 2.0

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Antoine Atallah

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Pharmacien âgé de 30 ans, M. Atallah s'est fait remarquer au conseil général de Drummondville, l'an dernier. Il a proposé une résolution qui aurait restreint le pouvoir du chef de réserver des circonscriptions pour des candidatures de prestige.

Son projet a été battu par les délégués, mais il donne un aperçu de son programme s'il devient président. Il se fait fort d'entreprendre la «modernisation technologique» du PLQ et de «valoriser» ses militants à l'approche des élections de 2018.

«Moi, je suis le candidat des militants, [...] je suis le candidat qui a grandi avec le parti et qui va être le mieux à même de concilier l'ensemble des intérêts des différents mouvements de notre parti pour gagner les prochaines élections», affirme M. Atallah.

Dans un rapport remis à la direction du PLQ l'an dernier, l'ancien président de la commission politique Jérôme Turcotte a dressé un portrait dévastateur du militantisme au sein de la formation politique. Il y dénonçait la déconnexion des élus de la base, ainsi que le contrôle excessif du chef et de son entourage.

«Un certain nombre de constats qu'il a mis de l'avant sont tout à fait pertinents», a indiqué M. Atallah, qui décrit M. Turcotte comme un «ami personnel».

En revanche, il se dit satisfait des efforts déployés par le parti pour valoriser le militantisme.

Carole Théberge photographiée en 2007, alors qu'elle était... (PHOTO ARCHIVES PC ) - image 3.0

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Carole Théberge photographiée en 2007, alors qu'elle était ministre de la Famille.

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Une politicienne expérimentée

En Mme Théberge, M. Atallah trouverait sur son chemin une politicienne expérimentée, qui a été ministre sous Jean Charest. Elle a activement participé aux festivités du 150anniversaire du Parti libéral dans les derniers mois.

Cette implication, qui l'a amenée à rencontrer les militants aux quatre coins du Québec, est d'ailleurs à l'origine de son intérêt pour la présidence, a-t-elle confié la semaine dernière.

«C'est ça qui inspire ma réflexion, de voir le dynamisme, le dévouement et l'engagement des gens sur le terrain partout, dans toutes les régions», dit Mme Théberge.

Elle se donne jusqu'à la mi-septembre pour finaliser sa décision. D'ici là, la direction du PLQ aura établi les règles de la course à la présidence. Le nouveau président doit être nommé au congrès des membres à Québec, à la fin de novembre.

Obstacles

Bien que tous ne soient pas de cet avis, certains libéraux joints dans les derniers jours présentent le face-à-face entre Mme Théberge et M. Atallah comme un bras de fer entre la vieille garde du parti et la nouvelle.

«Cette période-là [celle du gouvernement Charest], le parti fait bien des efforts pour ne plus aller là, a fait valoir un libéral qui s'oppose à la candidature de Mme Théberge. Le premier ministre n'arrête pas de dire que depuis qu'on a été élus en 2014, depuis qu'il a été élu chef, que nous sommes irréprochables.»

Deux embûches se dressent sur le chemin de l'ancienne ministre, bien qu'aucune ne soit jugée insurmontable. Si elle devient présidente, elle pourrait devoir quitter le conseil d'administration du Grand Théâtre de Québec, où elle a été nommée par le gouvernement Couillard.

Autre pépin : elle doit coprésider le congrès où sera élu le président en novembre. Si elle brigue la présidence, elle pourrait devoir renoncer à ce rôle, qui lui donnerait une visibilité importante le week-end du scrutin.

M. Atallah aura lui aussi un obstacle à surmonter, fait-on valoir. Trois titulaires récents, Jean D'Amour, Marc Tanguay et Saul Polo, ont quitté leur poste pour se présenter aux élections. Le jeune militant devra convaincre les membres qu'il ne souhaite pas utiliser la présidence comme tremplin pour devenir député.




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