Pas de bâillon pour le projet de loi 100

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Le délai de 90 jours offrirait une ultime occasion pour Québec et Uber de s'entendre sur un projet pilote.

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La Coalition avenir Québec votera contre le projet de loi 100 sur l'industrie du taxi. Mais pour prendre acte de l'entente survenue entre Québec, Uber et l'industrie du taxi, mardi, le parti de François Legault ne s'opposera pas à son adoption.

«Le gouvernement a trouvé un terrain d'entente, s'est ouvert à 90 jours de négociations avec Uber. Il est important que cet été Uber puisse opérer», a souligné François Bonnardel, leader parlementaire de la CAQ.

Le consentement de la CAQ était nécessaire pour obtenir l'adoption. Ce consentement sera accordé même si les députés de la CAQ voteront contre son adoption. La CAQ faisait obstruction au projet de loi depuis son dépôt à l'Assemblée nationale, le 12 mai.

Le gouvernement n'aura par conséquent pas à recourir au bâillon parlementaire pour faire adopter le projet avant l'ajournement pour l'été de l'Assemblée nationale, vendredi.

Mardi, le ministre des Transports, Jacques Daoust annonçait qu'un délai de trois mois serait accordé pour tenter d'arriver a un accord sur la mise en place d'un projet pilote avec Uber.

L'industrie du taxi presse le gouvernement d'agir rapidement

Accusant le gouvernement d'avoir agi de façon irresponsable dans toute la saga Uber, les représentants de l'industrie du taxi ont présenté, mercredi, un sondage qui leur est favorable pour presser les élus d'adopter le projet de loi 100 d'ici à vendredi.

L'enquête d'opinion commandée à la firme Crop suggère qu'une majorité de répondants souhaite une solution à cet enjeu en juin plutôt que plus tard cet automne. Rappelons qu'en vertu d'un amendement déposé mardi, le gouvernement propose d'attendre 90 jours avant de mettre en vigueur son projet de loi 100 sur le transport rémunéré de personnes qu'il veut faire adopter cette semaine, le temps de discuter d'un projet pilote avec Uber.

En conférence de presse à la Tribune de la presse parlementaire, le porte-parole du Comité provincial de concertation et de développement du l'industrie du taxi (CPCDIT), Guy Chevrette, a affirmé que le sondage avait pour but de démontrer au gouvernement et à l'opposition que la population appuie les chauffeurs de taxi.

On peut y lire que 69 % des répondants appuient les grands principes du projet de loi 100. Chez les jeunes de 18 à 34 ans, l'appui est de 65 %.

De même, 61 % des personnes interrogées veulent régler ce dossier en juin, tandis que 21 % prônent un règlement à l'automne.

Uber a indiqué qu'elle allait continuer ses activités illégales pendant les négociations avec le gouvernement, contrairement à son engagement en commission parlementaire, ce qui a surpris M. Chevrette.

Le porte-parole des taxis a dit avoir tenu pour acquis que le gouvernement allait pourtant agir de façon responsable en exigeant la fin des activités d'Uber. Il estime que le gouvernement a été irresponsable en ayant trop attendu pour régler cette crise.

Le gouvernement, le Parti québécois et Québec solidaire sont tous pour l'adoption rapide du projet de loi d'ici la fin de la session parlementaire vendredi, mais la Coalition avenir Québec, qui s'oppose au projet de loi et qui prend ouvertement le parti d'Uber, veut prendre le temps de l'étudier.

Le sondage en ligne s'est déroulé entre lundi et mercredi. Au total, 1000 questionnaires ont été remplis.

- Avec Patrice Bergeron, La Presse Canadienne

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