Les jeunes et la souveraineté: la génération «Non»

Une large majorité de jeunes Québécois rejette l'idée que le Québec devienne un... (Photothèque Le Soleil, Martin Martel)

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Katia Gagnon
La Presse

Une large majorité de jeunes Québécois rejette l'idée que le Québec devienne un pays souverain. Mais ils sont encore plus nombreux à dire non au Parti québécois, selon les résultats d'un grand sondage réalisé auprès de 500 jeunes de 18 à 24 ans. Radiographie d'une génération, en quatre archétypes.

>>> Portrait de génération: quatre archétypes

Le Parti québécois suscite un rejet viscéral chez les jeunes Québécois (PQ) de 18 à 24 ans: il ne recueille que 16% des intentions de vote de cet électorat. Et les jeunes ne sont pas non plus souverainistes: moins d'un tiers des répondants de notre sondage auraient voté Oui à un référendum sur la souveraineté du Québec.

La firme CROP a sondé 500 personnes âgées de 18 à 24 ans pour le compte de La Presse. Le parti le plus populaire auprès de la jeune génération est le Parti libéral, à 34%. Québec solidaire et la Coalition avenir Québec arrivent ex aequo au deuxième rang, à 22% et 23%. Le PQ ferme la marche avec un maigre 16%.

De même, 69% des répondants auraient voté Non à un référendum sur la souveraineté. À 31%, le Oui «a atteint un plancher», commente Youri Rivest, de la firme CROP. «Quand la souveraineté se situe à moins de 30%, c'est très faible.»

Le débat sur l'avenir du Québec est «dépassé», croient 65% des jeunes. La même proportion pense que le Québec ne deviendra jamais un pays souverain. Pourtant, 44% des jeunes estiment que le projet est réaliste et 42% trouvent qu'il suscite l'enthousiasme.

Pas surprenant que les jeunes soient contre la souveraineté, puisqu'ils semblent très attachés au Canada. Les deux tiers des répondants jugent en effet que le fédéralisme canadien comporte plus d'avantages que d'inconvénients pour le Québec. La même proportion croit que les Québécois ont des valeurs communes avec les autres Canadiens. Et 68% affirment qu'être canadien «fait partie» de leur identité.

Mais se sentent-ils plus québécois ou plus canadiens? En analysant leurs réponses à trois questions, CROP a classé les répondants francophones en trois catégories: séparatistes, nationalistes, canadiens-français. Les séparatistes (27%) sont ceux «qui répondraient Oui à un référendum, même à une question dure», explique Youri Rivest. Les nationalistes (30%) sont québécois avant tout mais veulent rester dans le Canada. Et les Canadiens français (28%) sont canadiens avant d'être québécois.

Rêver d'ailleurs

La majorité des répondants (60%) vivraient ailleurs qu'au Québec - que ce soit dans une autre province canadienne, aux États-Unis, en Europe ou ailleurs dans le monde - s'ils avaient le choix. Le déclin économique du Québec inquiète la moitié des jeunes. Le déclin linguistique (28%) et le déclin démographique (22%) aussi.

Autre constatation: les jeunes connaissent mal l'histoire du Québec. Seulement 4% d'entre eux ont été capables de classer en ordre chronologique six événements majeurs de l'histoire des 50 dernières années, soit la crise d'Octobre, le premier gouvernement du PQ, la proclamation de la Charte des droits et libertés du Canada, l'accord du lac Meech, le référendum de Charlottetown et le second référendum sur l'avenir du Québec.

Moins d'un répondant sur cinq a réussi à situer les deux premiers événements, un sur trois a correctement classé la crise d'Octobre comme le premier événement et 43% ont placé le référendum de 1995 en dernier. «Le référendum de 1995, ils en sont bien conscients», souligne Youri Rivest.

Méthodologie

La collecte de données en ligne s'est déroulée du 9 au 20 mai 2014 au moyen d'un questionnaire par internet. Un total de 500 questionnaires ont été remplis par de jeunes adultes québécois de 18 à 24 ans. Les résultats ont été pondérés afin de refléter la distribution de la population des 18-24 ans au Québec selon le sexe, l'âge, la région de résidence, la langue maternelle des répondants. Notons que compte tenu du caractère non probabiliste de l'échantillon, le calcul de la marge d'erreur ne s'applique pas.

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