Écoutes électroniques: les libéraux attaquent Marois

Lise Thériault... (Photo Jacques Boissinot, archives La Presse Canadienne)

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Lise Thériault

Photo Jacques Boissinot, archives La Presse Canadienne

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Alexandre Robillard
La Presse Canadienne
Québec

Les partis de l'opposition ont soupçonné la première ministre Pauline Marois, mardi, d'avoir préservé les intérêts de la Fédération des travailleurs du Québec concernant les demandes d'enquête publique sur la construction.

Libéraux et caquistes ont profité d'écoutes électroniques déposées en preuve mardi devant la commission d'enquête, présidée par la juge France Charbonneau, qui a justement été mandatée pour s'intéresser au secteur de la construction.

Un extrait de conversation permet d'entendre deux anciens dirigeants de la centrale syndicale qui évoquaient, en 2009, la possibilité d'intervenir auprès de Mme Marois, qui était alors chef de l'opposition officielle, afin de la dissuader de réclamer une enquête publique, à laquelle les libéraux au pouvoir s'opposaient.

Dans l'enregistrement effectué par la police, l'ex-président de la FTQ Michel Arsenault explique qu'il a l'intention de discuter avec Mme Marois et il fait référence à un «deal» avec le mari de Mme Marois, Claude Blanchet, sans en révéler la teneur.

M. Blanchet a été président-directeur général du Fonds de solidarité de la FTQ de 1983 jusqu'en 1997.

La députée de la Coalition avenir Québec Sylvie Roy a soutenu mardi que la première ministre doit clarifier la nature de cette entente, sans quoi elle pourrait donner l'impression d'avoir voulu ménager le syndicat pour préserver les intérêts de M. Blanchet.

Lors d'un point de presse, Mme Roy a rappelé que le Parti québécois avait mis six mois avant d'emboîter le pas à l'Action démocratique du Québec (ADQ), maintenant fusionnée à la CAQ, pour exiger que le gouvernement libéral mandate une enquête publique.

«Ç'a pris six mois, 38 périodes de questions et 300 questions avant qu'ils demandent une commission d'enquête, a-t-elle dit. Maintenant je pense que la première ministre doit répondre.»

La députée libérale Lise Thériault a été la première à dégainer en s'inquiétant de la possibilité que les dirigeants de la centrale syndicale auraient pu dissuader Mme Marois de réclamer une commission d'enquête sur la construction, qui a finalement été confiée à Mme Charbonneau il y a trois ans.

«Je me demande sincèrement: est-ce qu'il n'y a pas un moyen de pression indue sur la première ministre pour des choses qui ont été faites avec son mari», a-t-elle dit.

À la presse parlementaire, Mme Thériault a toutefois reconnu qu'elle n'a observé aucun geste du PQ indiquant qu'il aurait pu vouloir éviter qu'une enquête publique soit mandatée pour préserver les intérêts de la FTQ.

«Je n'ai pas d'exemple concret à vous donner», a-t-elle dit.

L'entourage libéral a aussi souligné que le PQ a tardé avant d'emboîter le pas à l'ADQ, qui a commencé à réclamer une commission d'enquête en avril 2009.

Après avoir résisté aux demandes des partis de l'opposition pendant plus de deux ans, l'ancien premier ministre Jean Charest a mandaté la Commission Charbonneau en novembre 2011. La FTQ s'opposait aussi à cette démarche.

Lors d'un point de presse où il précisait la position de son parti concernant les propositions en matière laïcité, le chef libéral Philippe Couillard a également réclamé des explications à Mme Marois au sujet de la conversation enregistrée.

«Ce qu'on a entendu, c'est qu'il y a eu un deal, mais je pense que tout le monde au Québec veut savoir c'était quoi, le «deal', a-t-il dit. Maintenant, c'est à Mme Marois de répondre, de la même façon que je suis venu vous voir quand on aura, quand on a eu ou qu'on aura peut-être encore des enjeux.»

Dans la conversation diffusée devant la Commission Charbonneau mardi, M. Arsenault parle avec l'ex-président de la FTQ-Construction, Jean Lavallée, qui est à la barre des témoins cette semaine.

M. Lavallée a déclaré mardi qu'il n'avait finalement pas fait de démarches auprès du Parti québécois pour éviter une enquête publique.




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