Investiture libérale dans Saint-Laurent: autopsie d'une surprise

Emmanuella Lambropoulos, qui a grandi dans Saint-Laurent, est... (PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE)

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Emmanuella Lambropoulos, qui a grandi dans Saint-Laurent, est professeure de français dans une école de l'ouest de l'île de Montréal.

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La campagne pour l'investiture libérale dans Saint-Laurent débute par l'exclusion du maire local et se conclut avec l'élection-surprise de la seule candidate véritablement locale, Emmanuella Lambropoulos, jeune femme totalement inconnue du grand public. Autopsie d'un pied de nez au cabinet du premier ministre, fermement derrière l'ex-ministre Yolande James.

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Le Parti libéral du Canada a refusé la candidature du maire de l'arrondissement de Saint-Laurent, Alan DeSousa.

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DESOUSA INTERROGÉ SUR SA VIE POLITIQUE

C'est fin février que la course à la succession de Stéphane Dion a pour la première fois pris une tournure inattendue : le maire d'arrondissement Alan DeSousa se faisait alors claquer la porte au nez par le Parti libéral du Canada (PLC), qui refusait sa candidature. « Je comprends que cette nouvelle vous décevra, vous et votre équipe », a écrit le PLC dans une lettre que La Presse a obtenue. Le document, très bref, ne contenait aucune explication. Dans les jours précédents, M. DeSousa avait participé à une entrevue téléphonique avec le comité d'approbation. Les questions ont notamment porté sur ses trois décennies de vie politique.

UN PROCESSUS CRITIQUÉ À L'INTERNE

Les documents obtenus permettent aussi d'apprendre que le processus d'approbation a fait l'objet d'un rapport critique de la part des deux ombudsmans du PLC en 2015. Le sénateur Andy Mitchell et l'ex-députée Marlene Jennings ont recommandé que les candidats à l'investiture rejetés par la formation soient informés des motifs de cette décision, a expliqué cette dernière dans un courriel annexé aux procédures d'appel d'Alan DeSousa. « Si le PLC avait accepté nos recommandations, le comité d'approbation aurait eu à fournir des explications », a-t-elle écrit à M. DeSousa, se désolant de leur mutisme. Mme Jennings, qui n'occupe plus son poste au sein du PLC, indique d'ailleurs dans le même courriel que ces règles violent la Charte canadienne des droits, car ils ne permettent pas à un candidat rejeté de se défendre adéquatement.

« C'ÉTAIT BEAUCOUP DES NOMS GRECS »

Quatre personnes impliquées dans la course ont décrit une sortie de vote très efficace de la campagne Lambropoulos très tôt en journée, mercredi. « La liste des gens qui votaient, c'était beaucoup des noms grecs », a affirmé l'un d'eux, qui décrit « une victoire juste et honnête » faite de porte-à-porte et de rencontres. Une telle course, surtout au PLC, se divise souvent sur des lignes de faille culturelles. Le Greek Post, un journal communautaire, était d'ailleurs fermement derrière Emmanuella Lambropoulos, tout comme le Congrès hellénique du Québec et l'organisme Communauté hellénique du Grand Montréal. Hier, la jeune femme n'a pas répondu aux messages de La Presse.

LES PÉQUISTES SONT « RACISTES »

Tard en soirée, la surprise a été totale lorsque Emmanuella Lambropoulos a été déclarée gagnante. La jeune femme de 26 ans, qui a grandi dans Saint-Laurent, est professeure de français dans une école de l'Ouest-de l'Île. Militante libérale de longue date pour son âge, elle siégeait à la direction de l'association libérale locale lorsque Stéphane Dion régnait sur la circonscription. Pendant la campagne provinciale de 2014, la jeune femme était derrière Philippe Couillard et ses troupes. « Nous ne pouvons laisser ces racistes gagner une majorité », a-t-elle écrit sur Twitter, parlant du Parti québécois. Le lendemain, elle jugeait que Pauline Marois « n'était pas bien », après une sortie de la première ministre visant les électeurs anglophones.

« UN PROCESSUS QUI FONCTIONNE »

Les deux candidates défaites, Marwah Rizqy et Yolande James, ont remercié leurs bénévoles par écrit. À Ottawa, la ministre Mélanie Joly a évité les questions sur la transparence du processus et sur la défaite de Yolande James. « On a un processus qui fonctionne, a-t-elle dit. On a un processus aussi qui a fait en sorte qu'il y a une bonne et intelligente jeune femme de 26 ans qui a été élue démocratiquement hier par les membres, et je suis contente de travailler avec elle pour faire en sorte qu'on regagne à nouveau Saint-Laurent. »

UNE CANDIDATURE « BRÛLÉE »

Alan DeSousa, lui, s'est fait très critique envers le PLC. L'enjeu de cette investiture était devenu « la capacité des communautés locales à s'exprimer et à choisir qui ils veulent. La notion du fair-play, la transparence », a-t-il dit en entrevue. « Ce sont des pierres angulaires de notre système démocratique, à Saint-Laurent, mais aussi partout au pays. » Les actions de la formation politique ont « brûlé la candidature » de Yolande James, a-t-il déploré, tout en causant « du dommage à leur parti et à leur marque ».




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