Transferts en santé: Rona Ambrose d'accord avec les libéraux

Rona Ambrose, chef intérimaire du Parti conservateur... (Photo Adrian Wyld, Archives La Presse Canadienne)

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Rona Ambrose, chef intérimaire du Parti conservateur

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Andy Blatchford, Joanna Smith
La Presse Canadienne
OTTAWA

La position du gouvernement Trudeau dans le dossier des transferts fédéraux en santé déplaît peut-être aux provinces, mais elle obtient un appui certain du côté de l'opposition.

La chef intérimaire du Parti conservateur, Rona Ambrose, qui a été elle-même ministre fédérale de la Santé, appuie l'idée de lier les transferts à l'atteinte de résultats probants.

Elle croit aussi que l'argent ne règle pas tout: malgré une hausse importante des dépenses fédérales en santé depuis 10 ans, les indicateurs - comme les listes d'attente dans les hôpitaux - déçoivent toujours, a soutenu Mme Ambrose, dans une entrevue de fin d'année accordée à La Presse canadienne.

Ces positions semblent concorder avec celles de la ministre libérale Jane Philpott, admet Mme Ambrose.

Le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, a convié ses homologues des provinces et territoires ainsi que les ministres de la Santé, la semaine prochaine à Ottawa, pour tenter de conclure une nouvelle entente sur les Transferts fédéraux en matière de santé. Avant cette rencontre, le ministre Morneau devrait annoncer la taille des transferts fédéraux pour l'an prochain.

Le gouvernement libéral songe à adopter la position du précédent gouvernement conservateur et menace de réduire de 6 à 3 % la hausse maximale annuelle des transferts, dès avril prochain.

Le gouvernement fédéral soutient en fait que les provinces et territoires versent dans leurs budgets généraux les sommes versées par Ottawa pour la santé, et il souhaiterait une meilleure reddition de comptes. Mme Ambrose est plutôt d'accord avec cette approche.

«Il existe un certain consensus dans le réseau, notamment des experts en politiques de la santé: l'argent n'arrange pas tout, de nos jours, a-t-elle dit. On doit trouver d'autres solutions, qui doivent donner de meilleurs résultats.»

Des analyses indépendantes ont démontré que depuis des années, les provinces ont été bien loin de hausser de 6 % leurs budgets consacrés à la santé. L'Institut canadien d'information sur la santé a ainsi estimé que la croissance moyenne annuelle des dépenses en santé des provinces avait été de 2,7 % de 2011 à 2015.

La dernière entente sur les Transferts fédéraux en matière de santé a expiré en 2014, mais le gouvernement conservateur de Stephen Harper avait alors refusé de renégocier un nouvel accord: il a décrété unilatéralement que la hausse annuelle automatique de 6 % prendrait fin en 2017. Les provinces souhaitent évidemment conserver cette garantie de 6 % afin de pouvoir soigner une population de plus en plus vieillissante.

Le gouvernement fédéral épargnerait près de 1,1 milliard $ l'an prochain s'il s'en tenait à une hausse de 3 % des transferts en santé.

Mme Ambrose, qui a été ministre de la Santé de 2013 à 2015, estime que même à 3 %, il en coûte beaucoup au gouvernement fédéral, et que la solution ne passe pas seulement par l'argent.

Le gouvernement libéral a aussi promis de verser une somme additionnelle de 3 milliards $ sur quatre ans pour le secteur ciblé des soins à domicile. Certaines provinces se laissent tenter, surtout si ce nouvel accord est à long terme. Mais le ministre québécois, Gaétan Barrette, a catégoriquement rejeté cette ingérence dans un champ de compétence provinciale.




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