Succession de Stephen Harper: Jean Charest ne serait pas de la course

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Heureux dans sa vie professionnelle au sein du grand bureau d'avocats McCarthy Tétrault, l'ancien premier ministre du Québec Jean Charest n'aurait pas l'intention de se lancer dans une course à la succession de Stephen Harper.

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Jean Charest ne souhaite pas se lancer dans une course à la succession de Stephen Harper, croient des proches de l'ancien premier ministre. Mais une autre source, issue du milieu des affaires, indiquait cependant la semaine dernière que Jean Charest en était à mesurer ses appuis.

Trois personnes, dont certaines ont une très grande proximité avec M. Charest, nous ont souligné que l'ancien chef du Parti libéral du Québec était parfaitement heureux dans sa vie professionnelle au sein du grand bureau d'avocats McCarthy Tétrault.

Ces proches évoquent également le fait que le Parti conservateur que Jean Charest a dirigé il y a près de 20 ans n'a plus rien à voir avec celui que Stephen Harper laisse derrière lui.

Il y a un an, interviewé à Radio-Canada, M. Charest avait répondu qu'il « ne faut jamais dire jamais » à une question portant sur un éventuel retour en politique sous la bannière des conservateurs. Le lendemain, au Devoir, il avait indiqué que personne ne le voyait revenir en politique, « et tout spécialement [sa] femme ». La politique, a-t-il dit, ne lui manquait pas.

Cependant, des sources conservatrices québécoises estiment que Jean Charest serait un candidat de choix pour succéder à Stephen Harper. En raison de sa participation remarquée au référendum de 1995, il est encore « très respecté » dans le reste du Canada, dit-on.

Selon cette source, M. Charest sera certainement courtisé par le Parti conservateur. Et le fait d'être Québécois est un avantage, puisque les conservateurs ont réussi leur meilleure performance depuis longtemps dans la province : la région de Québec est l'une des seules zones urbaines du pays où ils ont fait des gains.

D'autres conservateurs québécois estiment que leur parti devrait observer une alternance entre l'ex-aile réformiste, issue de l'ouest du pays, et les conservateurs d'obédience libérale. Le prochain chef, croient-ils, devrait provenir de l'est du pays... « puisque c'est là que le travail est à faire ».

Un non qui se transforme en oui?

En politique, observe l'ex-ministre conservateur Benoît Bouchard, un non se transforme souvent en peut-être... et même en oui.

« Jean Charest ne dira pas oui maintenant. Pour l'instant, il n'est pas intéressé. Mais on verra comment évoluent les événements. Il va voir s'il est sollicité. Et s'il l'est... »

Mais, observe-t-il du même souffle, « le Parti conservateur d'aujourd'hui, ce n'est pas le même parti. Des progressistes, il n'y en a plus. Ce parti-là ne rejoint sûrement pas les valeurs de Jean Charest. »

Cela dit, Jean Charest serait peut-être l'homme qui conviendrait pour recentrer le parti. « Mais à mon avis, il va falloir une autre élection où les conservateurs ne performent pas pour que le parti accepte de se tourner vers le centre. »

Selon M. Bouchard, c'est de toute évidence Stephen Harper qui a été répudié par les Canadiens, et non son parti. « La gestion de M. Harper a fait en sorte que ça devenait inévitable. Ce n'est pas le parti qui a perdu, c'est Stephen Harper. »

La course est commencée

Moins de 24 heures après le scrutin, la course non officielle à la succession de Stephen Harper est déjà démarrée. L'un des prétendants les plus sérieux, l'ex-ministre Jason Kenney, a critiqué ouvertement le style de M. Harper. « Le gouvernement a fait des erreurs sur le plan des communications. Nous n'étions pas très bons pour communiquer les motifs de nos politiques. »

L'actuel premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, a nié formellement songer à succéder à Stephen Harper. « Je suis flatté, mais la réponse, c'est non. »

De son côté, le député de Beauce, Maxime Bernier, n'a pas fermé la porte à la possibilité de se lancer dans une éventuelle course à la direction.

« Ma décision n'est pas prise », a-t-il déclaré à la toute fin de la soirée électorale, lundi soir.

« Si jamais je décide d'y aller, c'est qu'il y aura du support. Mais pour l'instant, je n'ai pas reçu de signe que la porte était ouverte. »

Plusieurs ex-politiciens qui pourraient prétendre à la succession de M. Harper, dont l'ex-premier ministre du Nouveau-Brunswick Bernard Lord et l'ancien ministre de la Justice Peter MacKay, ont refusé les demandes d'entrevue de La Presse.

Dans un sondage réalisé en janvier dernier par la firme Forum, M. MacKay avait récolté le plus d'appuis parmi les électeurs conservateurs comme possible successeur de M. Harper.

- Avec la collaboration de Martin Croteau et du Soleil

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