Affaire Boisvenu: la conseillère à l'éthique s'en lave les mains

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Le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu

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(OTTAWA) La conseillère en éthique du Sénat, Lyse Ricard, se lave les mains du dossier du sénateur conservateur Pierre-Hugues Boisvenu, qui a contrevenu aux règles de la Chambre haute en entretenant une relation amoureuse pendant plusieurs mois avec son adjointe Isabelle Lapointe.

Le bureau de Mme Ricard a renvoyé la balle aux membres du comité permanent de la régie interne du Sénat pour statuer sur cette affaire, qui provoque de plus en plus un malaise dans les rangs conservateurs.

Mais le président de ce comité, qui se réunit en secret, le sénateur conservateur David Tchatchuk, a indiqué à La Presse vendredi qu'il n'avait pas l'intention d'enquêter sur le cas de M. Boisvenu, parce qu'il n'a reçu «aucune plainte» à ce sujet.

Mandat limité

«Le sujet de l'embauche du personnel pour les bureaux des sénateurs en est un qui relève du comité permanent de la régie interne, budgets et administration du Sénat, et non du bureau de la conseillère sénatoriale en éthique», a indiqué hier soir Louise Dalphy, du bureau de Mme Ricard.

Elle a ajouté que le mandat de Mme Ricard se limite à «administrer, interpréter et appliquer des règles qui régissent les conflits d'intérêts des sénateurs [en général de nature financière, se rapportant à leurs activités externes et fonctions parlementaires].»

Il aura fallu plusieurs appels et un courriel de La Presse pour obtenir cette précision du bureau de la conseillère en éthique du Sénat, hier soir.

La Presse a rapporté hier que les autorités du Sénat ont été avisées, il y a plusieurs mois, que le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu contrevenait aux règles d'embauche en entamant une relation amoureuse avec son adjointe. En effet, la whip du gouvernement au Sénat, la sénatrice conservatrice Beth Marshall, a été informée de cette situation délicate il y a un an, mais cela n'a pas empêché M. Boisvenu de poursuivre cette relation avec Isabelle Lapointe.

Mutisme

Mme Marshall, ancienne vérificatrice générale de Terre-Neuve, n'a toujours pas répondu à nos courriels et à nos appels. La Presse a voulu se rendre à son bureau de la colline parlementaire, près de l'enceinte du Sénat, hier, mais s'est fait interpeller par un garde de sécurité. Ce dernier a déclaré que personne ne peut se rendre au bureau de la sénatrice sans avoir obtenu au préalable un rendez-vous par téléphone.

Le bureau de la leader du gouvernement au Sénat, la sénatrice Marjory LeBreton, a indiqué que tous les sénateurs sont au courant des règles d'embauche et que tous les sénateurs «doivent les respecter».

Ces règles stipulent notamment que «les sénateurs ne peuvent pas embaucher parmi leur personnel un membre de la famille ou un membre du ménage». On définit un membre de la famille comme étant «l'époux ou le conjoint de fait, le fils, la fille, le petit-fils ou la petite-fille, le père, la mère, le grand-père ou la grand-mère, le frère ou la soeur ou quiconque a un lien similaire du fait d'un mariage ou d'une union de fait».

En privé, des stratèges conservateurs ont affirmé que M. Boisvenu a deux options: mettre fin à cette relation amoureuse ou mettre fin au contrat d'embauche de son adjointe.

M. Boisvenu est aussi sur la sellette pour avoir réclamé plus de 20 000$ en allocation de logement même s'il vit en permanence dans la région de la capitale nationale depuis février 2012.




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