Le SCRS «harcelait» le Hezbollah au Canada

L'ancien dirigeant du SCRS, Jim Judd.... (Archives Reuters)

Agrandir

L'ancien dirigeant du SCRS, Jim Judd.

Archives Reuters

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Los Angeles) Un câble diplomatique rendu public hier montre que le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) «harcelait vigoureusement» les membres connus du Hezbollah au Canada.

> Réagissez sur le blogue de Richard Hétu

L'ancien patron du SCRS, le Québécois Jim Judd, a aussi confié que la diffusion au Canada du DVD de l'interrogatoire d'Omar Khadr à la prison de Guantánamo «créerait une vague d'antiaméricanisme primaire» et un «paroxysme d'outrage moral, une spécialité bien canadienne».

M. Judd, qui a démissionné en juillet 2009, avant la fin de son mandat, critique également les décisions des tribunaux canadiens, qui mettent «des bâtons dans les roues» au SCRS et lui font perdre l'appui du public. Selon lui, les Canadiens ont une vision du monde et de ses dangers digne d'Alice au pays des merveilles.

C'est ce que révèle un câble daté du 9 juillet 2008 et rendu public hier par WikiLeaks et le New York Times. M. Judd a tenu ces propos lors d'un entretien avec Eliot Cohen, conseiller du département d'État des États-Unis.

Hier, le ministre des Affaires étrangères du Canada, Lawrence Cannon, a signalé que les relations canado-américaines ne seront pas compromises par la publication de documents par le site WikiLeaks.

Le ministre a ainsi réagi à l'information qui circule depuis dimanche et à celle qui sera rendue publique plus tard cette semaine dans le cadre de cette fuite majeure de communications faites par la diplomatie américaine. Le ministre n'a pas directement commenté l'information contenue dans le câble sur le SCRS.

«À la lumière des informations qui m'ont été transmises verbalement, je comprends qu'il n'y a rien dans la documentation qui laisse présager que nos relations seraient affectées», a dit le ministre, qui a discuté de l'affaire avec son homologue américaine, Hillary Clinton.

«Crime grave»

La diffusion des câbles diplomatiques américains, dimanche, a provoqué une onde de choc à Washington comme ailleurs dans le monde. Hier, le porte-parole de la Maison-Blanche, Robert Gibbs, a dit que l'opération menée par WikiLeaks constituait «un crime grave».

En point de presse, la secrétaire d'État Hillary Clinton a vivement critiqué la publication de ces documents, qui met en danger la vie des bureaucrates américains dans le monde, selon elle.

«La diffusion de ces câbles constitue une attaque contre la communauté internationale. Voler des documents confidentiels et les publier sans tenir compte des conséquences n'aide personne. Il n'y a rien de louable, rien de courageux à saboter des relations pacifiques entre les États.»

Mme Clinton a aussi voulu minimiser l'impact de la diffusion de ces renseignements confidentiels, notant au passage que tous les pays produisent des notes dans un langage direct. «Une personne que j'ai jointe au téléphone m'a dit: «Ce n'est rien: vous devriez lire ce qu'on écrit sur vous.»»

Les pays visés par les révélations de WikiLeaks ont condamné la diffusion des renseignements tout en cherchant à marginaliser l'impact de ces révélations sur leurs relations avec les États-Unis.

Le ministre américain de la Justice, Eric Holder, a déclaré: «Nous ne sommes pas en position pour l'instant de donner des résultats, mais l'enquête est en cours.»

WikiLeaks, l'organisation à l'origine de la fuite, compte dévoiler 2648 câbles diplomatiques en provenance du Canada, cette semaine. Ils porteraient sur le contrôle des armes à feu, les affaires consulaires, la couverture du réseau CBC et l'énergie.

Avec la collaboration d'Hugo de Grandpré à Ottawa




À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer