Montréal hausse ses investissements de 22 %

Le maire de Montréal Denis Coderre.... (Robert Skinner, archives La Presse)

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Le maire de Montréal Denis Coderre.

Robert Skinner, archives La Presse

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Le maire Denis Coderre avait mis la table la semaine dernière en annonçant vouloir doubler le nombre de chantiers d'ici 5 ans. La Ville de Montréal passe maintenant de la parole aux actes en décrétant une augmentation de 22 % de ses investissements par rapport à l'an dernier.

Sans surprise, la part du lion ira dans la réparation des routes, aqueducs et égouts vieillissants de la métropole.

Montréal a dévoilé ce matin son intention d'investir 6,4 milliards de 2017 à 2019, selon son plus récent Programme triennal d'immobilisations (PTI). Ce document, qui prévoit l'ensemble des projets présentement dans les cartons de la Ville, affiche ainsi une hausse de 1,2 milliard par rapport au dernier exercice (5,2 G$).

Évolution du Programme triennal des immobilisations$
2015-2017      4,7 milliards
2016-2018      5,2 milliards
2017-2019      6,4 milliards

Seulement en 2017, c'est 1,8 milliard que Montréal prévoit investir, contre 2,2 milliards en 2018 et 2,3 milliards en 2019.

Les nids-de-poule pullulant, les effondrements d'égouts se multipliant et les fuites d'eau proliférant, la métropole consacrera la majeure partie de ses investissements aux réparations de ses infrastructures. Pas moins de 79 % des montants serviront à la réhabilitation, contre 21 % pour le développement de nouvelles infrastructures.

« Il est inconcevable qu'une métropole comme Montréal soit continuellement aux prises avec des conduites d'eau ou des chaussées impraticables tant elles sont en mauvais état », a souligné le maire Coderre.

Les plus importantes dépenses iront d'ailleurs au programme complémentaire de planage-revêtement. La Ville investira dans ce seul programme la somme de 415,4 millions pour prolonger la durée de vie de ses chaussées. Il s'agit essentiellement de soins palliatifs puisqu'ils ne prolongent la durée de vie des rues que de cinq à dix ans.

Où ira l'argent ?

Routes            31 % 2 milliards
Aqueducs et égouts29 %   1,8 milliard
Bâtiments       20 %    1,3 milliard
Parcs   11 %    721 millions
Bureaux          5 %      333 millions
Autres   3 %     213 millions

Dette en hausse

L'augmentation de la cadence des investissements se répercutera dans la dette de Montréal, une importante partie des travaux étant financés par des emprunts. Présentement évaluée à 4,8 milliards, la dette nette de la Ville (excluant la STM) devrait atteindre les 5,6 milliards en 2019, soit une hausse de 16 %. La dette s'élèvera ainsi à 97 % des revenus de la Ville en 2017.

Pour éviter d'alourdir son endettement dangereusement, Montréal augmente ses paiements comptants. Le PTI 2017-2019 prévu pour 1,3 milliard sera payé comptant, plutôt que par des emprunts, méthode traditionnelle de financement des travaux.

D'où provient l'argent ?

Emprunts62 %    3,9 milliards
Paiements comptants  20 %  1,3 milliard
Subventions Ottawa et Québec16 % 1 milliard
Autres 2 %      150 millions

Plus de travaux réalisés

Un bémol important s'impose toujours avec les PTI : les investissements annoncés ne se réalisent pas tous, en raison de la capacité limitée de la ville à effectuer les travaux. Un projet inscrit peut ainsi prendre plusieurs années avant de voir le jour.

Mais alors que les besoins d'investissements vont en croissant, Montréal assure toutefois avoir considérablement augmenté sa capacité de réalisation des travaux. De 2007 à 2013, la Ville réalisait en moyenne 730 millions par an. En 2014, les travaux ont atteint 840 millions, puis 931 millions en 2015. Au rythme où vont les choses, la métropole prévoit qu'elle pourrait atteindre 1,2 milliard en 2016.

Les grands projets routiers à venir

Au cours des trois prochaines années, la Ville de Montréal compte s'attaquer à la réfection de plusieurs artères importantes. La plupart des grands projets importants ont déjà été annoncés par l'administration Coderre, comme la réfection de la rue Sainte-Catherine Ouest, qui coûtera 72,3 millions ou le réaménagement de la Plaza Saint-Hubert, au coût de 25,8 millions.

La Ville a aussi décidé d'investir 24,5 millions dans le projet de raccordement du boulevard Cavendish, un projet dont on parle depuis maintenant 25 ans et qui n'a toujours pas vu le jour. Cette somme servira à acheter des terrains du Canadien National ou du Canadien Pacifique ainsi qu'à réaliser des études. La Ville assure que les négociations avec les compagnies ferroviaires pour obtenir les terrains nécessaires vont bon train.

À Pointe-aux-Trembles, la rue Sherbrooke Est subira quant à elle une cure de jouvence de 15 millions. Entre la rue Réal Benoît et la 40e Avenue, la rue sera transformée en boulevard urbain bordé d'arbres et d'une piste cyclable.

Dans son PTI, la Ville annonce par ailleurs le réaménagement de la rue Saint-Denis sur 2,4 kilomètres, entre les rues Sherbrooke et Saint-Grégoire. Le gros des travaux débutera cependant après 2019, ce qui donnera un répit aux commerçants qui viennent de vivre d'importants travaux sur le tronçon compris entre l'avenue Duluth et la rue Marianne.

À Saint-Léonard, la rue Jean-Talon sera embellie entre Viau et Langelier. Grâce à un investissement de 10,5 millions, les trottoirs seront élargis et de nouveaux feux piétons seront installés pour réduire le temps de traversée.

À Outremont, la rue Laurier Ouest, entre l'avenue du Parc et la Côte-Sainte-Catherine, sera réaménagée au coût de 5,25 millions, pour améliorer l'expérience d'« achat et de déambulation » des usagers.

La rue Van Horne, entre Pratt et l'avenue du Parc sera améliorée de la même manière pour encourager les citoyens à fréquenter cette rue commerciale.

La Ville compte enfin investir 27 millions pour le Mont-Royal afin de reconstruire les terrains de tennis et de soccer du parc Jeanne-Mance, de rendre la Croix plus sécuritaire et de réaménager le secteur autour de la maison Smith.

«Du pavage d'élections», selon Ferrandez

L'opposition officielle estime qu'avec les sommes sans précédent prévues à ce PTI, l'administration Coderre «fais moins avec plus.» Le chef de Projet Montréal, Luc Ferrandez, en a surtout contre l'augmentation des sommes dédiées au programme complémentaire de planage-revêtement (PCPR). «Le PRCR passe de 350 à 400 millions. Pourquoi, tout à coup, une telle augmentation? Pas parce que ça correspond à un besoin, pas parce qu'on a une étude d'ingénieurs qui nous dit que nous avons la preuve que de mettre du pavé sur du béton troué finalement, ça marche. C'est parce que c'est le programme dans lequel on peut dépenser le plus rapidement. C'est ce qu'on appelait à l'époque du pavage d'élections. Il n'y a aucune gêne, aucune honte de retourner à des méthodes duplessistes de gestion des dépenses et revenus de la Ville», a-t-il déclaré.

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