Nids-de-poule: les cols bleus beaucoup moins chers que le privé

Pour faire face à la prolifération de trous... (PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE)

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Pour faire face à la prolifération de trous dans ses rues, la Ville de Montréal a décidé de s'équiper d'appareils permettant de les colmater de façon mécanique.

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Recourir aux cols bleus pour colmater les nombreux nids-de-poule de Montréal coûtera moins du tiers de ce que l'opération coûtait quand on faisait appel au privé. La décision de la métropole d'acheter des appareils pour boucher avec ses propres employés les trous dans les rues plutôt que de recourir aux services d'entreprises permettra de réduire la facture de cette tâche récurrente.

Achat de quatre appareils

Pour faire face à la prolifération des trous dans ses rues, la Ville de Montréal a décidé de s'équiper d'appareils permettant de les colmater de façon mécanique. Cette technique est jugée plus efficace que la méthode traditionnelle utilisée par les arrondissements qui consiste à boucher les trous manuellement. La métropole s'apprête ainsi à payer 1,4 million pour acheter quatre appareils Python 5000 à l'entreprise Accessoires Outillage limitée.

7,62 $ contre 24,35 $

Plutôt que de regarder uniquement le prix d'achat de ces appareils, la Ville de Montréal a cette fois décidé de tenir compte de tous les coûts associés au colmatage des nids-de-poule. Ainsi, la métropole a inclus dans ses calculs la consommation en carburant des machines, les enrobés bitumineux utilisés et les frais d'entretien. La Ville a même poussé l'exercice jusqu'à inclure la rémunération (y compris les avantages sociaux) des cols bleus chargés de conduire l'appareil, soit 50 $ l'heure. Montréal a ainsi calculé le « prix de revient » pour colmater chaque nid-de-poule à 7,62 $. C'est nettement moins qu'avec le privé. En 2015, Montréal avait indiqué que ses fournisseurs lui avaient facturé 1,2 million pour colmater 50 000 nids-de-poule, soit 24,35 $ par trou.

Les économies se matérialiseront-elles ?

Ces prix démontrent l'importance de tenir compte de tous les coûts, souligne l'élu responsable des infrastructures de Montréal, Lionel Perez. Celui-ci prévient toutefois que la facture par nid-de-poule pourrait être plus élevée. « Ces prix ont été établis dans des conditions de laboratoire. Il faudra voir si ça se matérialise. » L'élu estime également que la facture plus élevée observée en 2015 pourrait s'expliquer par le fait qu'il s'agissait d'un contrat en vigueur depuis plusieurs années et que l'entrepreneur utilisait peut-être des appareils moins performants. Lionel Perez souligne qu'il en coûte à Toronto 25 $ par nid-de-poule colmaté et 13 $ à Vancouver.

L'appareil Python à l'oeuvre

Les machines de colmatage mécanique nettoient le trou à colmater, projettent des enrobés bitumineux puis les compactent pour s'assurer qu'ils tiennent en place. Divers modèles existent sur le marché. Pour s'assurer de leur efficacité, Montréal a faire subir aux appareils qu'elle prévoit acheter divers tests de performance. On a ainsi évalué le temps moyen de réparation d'un nid-de-poule.

140 000 nids-de-poule par an

1,7 million: c'est le nombre de nids-de-poule que les quatre appareils achetés par Montréal doivent permettre de colmater au cours des 12 prochaines années, soit la durée de vie prévue des appareils. C'est ainsi près de 140 000 trous par an qui pourraient être colmatés.

34: nombre d'heures par semaine que chaque appareil doit circuler dans les rues de Montréal pour boucher des trous. En se relayant, les quatre machines pourraient ainsi circuler pratiquement jour et nuit dans les rues de Montréal.

Novembre: l'achat des appareils doit être confirmé par le conseil municipal la semaine prochaine. Une fois cette étape franchie, Montréal prévoit recevoir et commencer à utiliser les appareils d'ici à la fin de l'automne.

Entente avec les cols bleus

L'achat de ces appareils a été rendu possible à la suite d'une entente avec le Syndicat des cols bleus. Montréal a en effet dû obtenir son aval puisque la convention de ces employés prévoit qu'ils peuvent normalement travailler dans les limites d'un seul arrondissement. C'est Ahuntsic-Cartierville qui exploitera les appareils, mais ils seront partagés par les 19 arrondissements. Avec cette technique de colmatage mécanisée, un seul employé est nécessaire, plutôt qu'une équipe complète, comme c'était traditionnellement le cas avec le colmatage manuel des trous.

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