Montréal: le déversement d'eaux usées aura lieu

Le déversement des eaux usées dans le fleuve... (PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE)

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Le déversement des eaux usées dans le fleuve pourrait commencer dès aujourd'hui, selon ce qu'a laissé entendre le maire Coderre, qui estime que la Ville satisfait déjà aux conditions imposées par la ministre McKenna.

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La Ville de Montréal ira «rapidement» de l'avant avec le déversement de 8 milliards de litres d'eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent tout en respectant les conditions ordonnées par la nouvelle ministre de l'Environnement, a annoncé lundi le maire Denis Coderre. Selon toute vraisemblance, le rejet aura lieu cette semaine. La date sera annoncée mardi matin.

«C'est réglé, il va y avoir déversement», a déclaré lundi soir M. Coderre lors d'un point de presse à l'hôtel de ville.

Une heure auparavant, en conférence téléphonique depuis Paris, la nouvelle ministre de l'Environnement Catherine McKenna a déclaré que le déversement pourrait se faire «dès ce matin», si la Ville acceptait quatre conditions.

Elle demande notamment à la Ville d'effectuer une surveillance visuelle des panaches de l'effluent, de mettre sur pied un plan d'urgence pour gérer les rejets imprévus des industries durant la période de travaux et de fournir jusqu'en juin 2016 à Environnement Canada des données qui mesurent la qualité de l'eau du fleuve.

La ministre a aussi annoncé qu'Environnement Canada procéderait à l'examen des événements qui ont mené à la crise maintenant connue comme le «flushgate». La Ville, le ministère de l'Environnement du Québec et des communautés membres des Premières Nations participeront à ce bilan.

Le maire Coderre estime que les demandes de la ministre sont déjà remplies. «Déjà, on a dit oui aux conditions», a-t-il précisé, en soulignant que la Ville rendrait son protocole public ce matin.

La Ville de Montréal veut procéder à la purge d'un intercepteur de 30 kilomètres afin de réaliser des travaux dans l'immense tuyau qui sert à diriger les eaux usées vers l'usine d'épuration à la pointe de l'île. Au départ, le prédécesseur de la ministre McKenna, l'ex-ministre conservatrice Leona Aglukkaq, avait décrété l'arrêt du déversement en attendant de procéder à un examen scientifique indépendant.

Le comité a rendu son analyse vendredi dernier. Il a notamment conclu que l'impact des déversements est un phénomène qui n'a jamais été étudié. «Aucune information n'est présentement disponible sur les conséquences de ces déversements sur la faune aquatique», ont-ils noté.

La ministre exige de nombreux tests

Pour y remédier, la ministre ordonne à la Ville de Montréal de procéder à de nombreux tests d'eau qui permettront de récolter des données précieuses sur l'impact «réel» de tels déversements sur la qualité de l'eau.

Avant, pendant et une fois tous les mois après le déversement, la Ville de Montréal devra donc récolter des échantillons dans les eaux adjacentes à chacun des 24 points de rejets le long de l'intercepteur. Elle devra aussi collecter de l'eau à un emplacement en amont du panache des effluents rejetés et en aval de la zone des effluents, près de l'île aux Vaches.

Un échantillon d'eau devra aussi être recueilli au moins une fois au cours de la période de frai des poissons, entre le 1er avril et le 30 juin 2016, à trois endroits au nord de L'Île-des-Soeurs et à dix endroits dans le delta des îles de Sorel.

De nombreux échantillons de sédiments et de plantes devront être prélevés près de L'Île-des-Soeurs et des îles de Sorel.

Les résultats de tous ces tests devront être rendus publics.

La Ville de Montréal doit aussi entrer en communication avec les grandes installations industrielles et institutionnelles pour leur demander de réduire au maximum les rejets durant la période des travaux.

«Je n'ai aucun problème avec ça, on veut tous une chose: c'est de protéger le fleuve», a réagi le maire Coderre à la demande d'effectuer tous ces tests.

Catherine McKenna discute avec les médias après son... (PHOTO PC) - image 2.0

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Catherine McKenna discute avec les médias après son assermentation, mercredi dernier à Ottawa.

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Les 4 conditions de l'arrêté ministériel

1 - La Ville de Montréal doit assurer une surveillance visuelle des panaches de l'effluent afin de cerner les lieux d'accumulation. Elle doit mettre en place, le cas échant, des barrages flottants ou d'autres mesures si des matières remontent à la surface et qu'elles s'accumulent, et doit prendre les mesures nécessaires pour assainir ces secteurs.

2 - La Ville de Montréal doit préparer et mettre en oeuvre un plan de gestion concernant les rejets imprévus provenant de grosses installations industrielles, institutionnelles ou commerciales dans les égouts de la Ville de Montréal pendant la période de la construction.

3 - La Ville de Montréal doit fournir à Environnement et Changement climatique Canada les données et les résultats relatifs à la qualité de l'eau, à la qualité de l'effluent et à la surveillance des sédiments et de la flore aux points de rejet de l'effluent non traité de même qu'aux endroits choisis en aval du panache du projet, et ce, pour une période allant jusqu'en juin 2016.

4 - La Ville de Montréal doit participer à un examen exhaustif des événements menant à l'incident, examen qui sera dirigé par Environnement et Changement climatique Canada et auquel prendront part ceux qui pourraient être touchés par le rejet, notamment les communautés des Premières Nations des environs et la Province. Un des objectifs importants de cet examen sera de voir à ce qu'à l'avenir, dans le cadre de projets semblables, la mobilisation et les consultations qui s'imposent aient lieu. Un autre des objectifs de l'examen sera de faire en sorte qu'un tel rejet ne se produise pas à nouveau. L'examen reflétera également notre détermination à établir avec les Premières Nations des relations respectueuses fondées sur la reconnaissance mutuelle, l'ouverture, le respect et la transparence. L'information relative à l'examen sera partagée au moment approprié afin de s'assurer de la pleine participation de toutes les parties.

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