Une piste cyclable aux airs de course d'obstacles

Vélo Québec lance un appel à la prudence... (PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE)

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Vélo Québec lance un appel à la prudence sur le tronçon où a eu lieu l'accident et suggère qu'on fixe la vitesse maximale à 20 km/h.

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Hugo Meunier
Hugo Meunier
La Presse

Le face-à-face mortel survenu dans la nuit de dimanche à hier entre deux cyclistes sur la piste cyclable du pont Jacques-Cartier a créé une petite commotion dans le milieu. Vélo Québec lance notamment un appel à la prudence sur le tronçon où a eu lieu l'accident et suggère d'y imposer une limite de vitesse.

Plusieurs personnes ont vivement réagi, entre autres sur les réseaux sociaux, au sujet de cette collision inusitée, qui s'est produite vers 4h du matin, hier, dans une courbe du dernier tronçon du pont menant à Montréal.

L'impact entre les deux vélos a coûté la vie à un homme de 55 ans, qui filait vraisemblablement en direction de la métropole. Christian Ragueneau, un employé de la restauration qui travaille au Casino de Montréal depuis 2003, rentrait vraisemblablement chez lui après son quart de travail qui se terminait au milieu de la nuit. «Nous voulons exprimer nos sympathies à sa famille, son entourage mais aussi à ses collègues, à qui nous offrons un soutien psychologique au besoin», a indiqué le porte-parole de Loto-Québec Patrice Lavoie.

L'autre cycliste impliquée, une jeune Longueuilloise de 24 ans, a été hospitalisée pour de multiples fractures, mais sa vie n'est pas en danger.

La Sûreté du Québec enquête sur les circonstances de l'accident. «On n'a pas tous les détails pour le moment, mais nous n'avons pas de raisons de penser que l'alcool ou la vitesse sont en cause», a fait savoir la sergente Joyce Kemp, ajoutant que les cyclistes impliqués ne portaient pas de casque.

Il y a deux ans, un cycliste de 32 ans avait perdu la vie à peu près au même endroit, après avoir perdu la maîtrise de son vélo et heurté un poteau séparant la voie réservée aux automobiles et la piste cyclable.

Des chicanes de sécurité ont été installées sur ce tronçon il y a une dizaine d'années, dans l'espoir de ralentir la vitesse des usagers à deux roues et de réduire les risques d'accident.

Une mauvaise idée, croit la présidente-directrice générale de Vélo Québec, Suzanne Lareau. «Ça provoque davantage d'accidents que le contraire. Il devrait plutôt y avoir de la signalisation pour inviter les gens à ralentir et fixer une vitesse maximale à 20 km/h», estime Mme Lareau, bien consciente que les vélos ne sont pas tous dotés d'un odomètre. «Il n'y a pas de secret, ce n'est pas compliqué: il faut ralentir. La perte de contrôle est causée par la vitesse», résume Mme Lareau, qui, de mémoire, dit n'avoir jamais entendu parler d'un accident aussi violent impliquant deux cyclistes.

Des «Lance Armstrong»

Il suffit pourtant d'aller faire un tour sur les lieux de l'accident pour constater que les risques sont bien tangibles.

Plusieurs cyclistes filent à vive allure sur la pente descendante du pont menant à Montréal. Certains zigzaguent entre les piétons, coureurs et cyclistes sur la piste cyclable étroite. Des travaux entrepris sur le passage réservé aux piétons sur le tronçon est du pont contribueraient à alourdir cette course d'obstacles. «Avec tout ce monde, il faut être extrêmement prudent. Moi, j'ose pas aller à plus de 35 km/h!», lance Richard Boulet, qui dit se faire parfois dépasser par des gens roulant presque deux fois plus vite que lui.

Cet autre habitué abonde dans le même sens: la piste cyclable a souvent des airs de piste de course. «Il y en a qui descendent en débiles et finissent par empiéter sur l'autre voie. C'est dangereux et parfois il vente», explique Mario Campagna.

D'ailleurs, le vent claquait  fort au milieu de la structure à notre passage, et ce, même s'il ne soufflait pratiquement pas sur la terre ferme.

M. Campagna n'a pas de mal à imaginer la violence de l'impact entre les deux cyclistes. «Il y a toujours des Lance Armstrong qui dépassent. Ici, c'est dangereux», laisse tomber le cycliste, qui est en faveur de l'imposition d'une limite de vitesse.

Pour Michel Bergeron, la piste cyclable n'a pas si mauvaise réputation. «Ça va généralement bien, mais la nuit, c'est mal éclairé. Certains descendent à toute vitesse, mais ce sont des habitués», croit l'homme qui traverse régulièrement le pont à vélo. «Le gros problème, c'est que les cyclistes ne sont pas soumis aux mêmes normes que les automobilistes et roulent parfois sur des vélos en mauvais état», croit-il.

En parfait état

De son côté, la société Les ponts Jacques-Cartier et Champlain incorporée indique que les installations étaient en parfait état au moment de l'accident. «Nos équipes sont allées sur place et la chaussée, l'éclairage et les infrastructures étaient en bonne condition», rapporte la directrice des communications, Julie Paquet.

Les dernières semaines ont été sombres pour les cyclistes. Samedi dernier, un homme de 27 ans a péri à l'angle des rues Saint-Denis et Jean-Talon après avoir été heurté par une voiture. La victime, qui ne portait pas de casque, s'est fait heurter par une voiture après avoir fait une chute de son vélo. L'ouverture d'une portière d'une voiture garée serait en cause. Il y a environ un mois, un cycliste de 32 ans a été frappé par la foudre en plein orage dans le quartier Rosemont. Son état serait toujours critique.

Enfin, il y a deux mois, la journaliste de Radio-Canada Isabelle Richer avait été grièvement blessée lors d'une collision avec un camion survenue lorsqu'elle circulait à vélo sur une route de campagne.

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