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Les manifestations du printemps ont coûté 2,3 millions au SPVM

Les manifestations contre l'austérité du printemps dernier ont... (Martin Chamberland, Archives La Presse)

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Les manifestations contre l'austérité du printemps dernier ont coûté plus de 2,3 millions de dollars en salaires au Service de police de la Ville de Montréal.

Martin Chamberland, Archives La Presse

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Les manifestations contre l'austérité du printemps dernier ont coûté plus de 2,3 millions de dollars en salaires au Service de police de la Ville de Montréal entre le 23 mars et le 9 mai, a appris La Presse. Environ 10 000 $ en dommages subis par des véhicules de police s'ajoutent à cette facture.

À titre de comparaison, le printemps érable, en 2012, avait coûté 4,4 millions en salaires entre le 1er février et le 27 avril. Il avait mobilisé environ 75 % des étudiants du Québec, soit 316 000 personnes.

Le mouvement du printemps dernier contre l'austérité était toutefois de moindre ampleur, avec environ 60 000 étudiants en grève générale. Ils avaient été rejoints par des syndicats à l'occasion de journées de mobilisation, comme ce fut le cas lors de la marche des travailleurs du 1er mai.

Sur la facture de 2,3 millions, les heures supplémentaires représentent environ 958 000 $. La facture pourrait être particulièrement salée à la fin de l'année, puisque des associations étudiantes et des syndicats promettent d'intensifier la mobilisation.

Le commandant du SPVM Ian Lafrenière reconnaît que depuis 2012, il y a eu une augmentation « d'envergure » des heures supplémentaires lors des manifestations, mais également pour le service d'ordre lors d'événements spéciaux. Il n'a pu toutefois fournir de chiffres à ce sujet.

«Les événements durent plus longtemps, ils sont de plus grande ampleur, alors ça demande plus de policiers qui travaillent plus longtemps.»

Ian Lafrenière,
porte-parole du SPVM

Ian Lafrenière cite en exemple les nombreux chantiers de construction, le festival Go vélo, qui comprend différents tours de l'île, et la Saint-Patrick, notamment.

Les coûts des manifestations ont quant à eux augmenté, selon le commandant Lafrenière, en raison du nombre d'événements où aucun trajet n'est remis aux policiers. « Avant 2012, les gens remettaient leur itinéraire dans la très grande majorité des cas, souligne-t-il. C'est évident que lors d'une manifestation au centre-ville de Montréal, les policiers doivent être en plus grand nombre, car il faut fermer des rues in extremis. Le soir, c'est pire. »

Il souligne que lorsque le trajet est connu d'avance, il est possible, par exemple, de fermer une rue par une barricade et de laisser une seule voiture de police à l'intersection. Maintenant, les rues sont fermées par la présence physique de plusieurs policiers, ce qui représente un coût plus élevé, indique le porte-parole.

Il affirme également que les agents doivent être plus nombreux sur le terrain depuis que des manifestants s'en sont pris physiquement à des policiers. « Ça n'arrivait pas avant, ce genre d'incident », ajoute-t-il.

Dans un contexte de restriction budgétaire et de climat social agité, le commandant Lafrenière reconnaît que la gestion des heures supplémentaires représente un défi. Il n'a toutefois pas souhaité s'avancer sur les autres défis qui attendent le futur chef Philippe Pichet.

La Presse a demandé une entrevue avec ce dernier puisqu'en plus d'avoir été recommandé comme chef du SPVM, il est également un spécialiste des manifestations. Le service de police a toutefois expliqué à La Presse qu'aucune entrevue ne sera accordée d'ici à la nomination officielle du chef, prévue dans quelques semaines.

- Avec Serge Laplante

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