À l'assaut des terrains vacants

Montréal compte 25 km2 de terrains qui ne servent... (Photo: Robert Skinner, La Presse)

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Montréal compte 25 km2 de terrains qui ne servent à rien, selon le collectif Lande.

Photo: Robert Skinner, La Presse

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Après les résidants de New York, Philadelphie et Los Angeles, c'est maintenant au tour des Montréalais de se lancer à l'assaut des terrains vacants, ces espaces désaffectés dont les désagréments sont loin d'être seulement visuels.

Le collectif montréalais Lande, qui a lancé sa plateforme web interactive la semaine dernière, est arrivé à un constat surprenant: Montréal compte 25 km2 de terrains vacants. L'équivalent de 32 Jardins botaniques ou de 15 000 patinoires qui ne servent pas à grand-chose, si ce n'est à faire diminuer la valeur foncière des immeubles qui les entourent, entre autres.

Le groupe, composé de jeunes ayant une formation en urbanisme, s'inspire d'initiatives nées aux États-Unis, dont le fructueux 596 Acres, à New York. Lande souhaite donc accompagner les citoyens qui veulent transformer les terrains vacants afin qu'ils deviennent, entre autres, des jardins collectifs ou des terrains de jeux, et non plus des espaces contribuant à la hausse de la pollution, de la délinquance ou de la criminalité et qui, de surcroît, coûtent cher à Montréal et à ses contribuables.

À titre d'exemple, la cofondatrice de Lande, Andréanne Maltais-Tremblay, évoque les frais de bail que payait Montréal depuis 1983 pour des terrains vacants situés en bordure du nouveau jardin communautaire Basile-Patenaude, dans Rosemont-La Petite-Patrie.

En accompagnant des citoyens qui mettaient le jardin sur pied, Lande a découvert qu'au fil des ans, et à la suite d'une réforme du cadastre, «on ne savait plus à quel numéro de lot correspondait quel terrain », résume la jeune femme. Résultat  la ville payait, depuis plus de 30 ans, un loyer à Provigo (puis à la société de placement immobilier Choice Properties, qui détient la propriété immobilière de Loblaws) pour des terrains qu'elle n'occupait pas.

Une carte interactive et collaborative

Avant toute chose, Lande est un projet citoyen, né de la tendance de «l'urbanisme tactique» et de la «révélation des possibles», qui ont notamment mené à la création du Village éphémère, cette plage urbaine installée à l'ombre du pont Jacques-Cartier le temps que passe l'été.

Fort d'une bourse de 1500 $ gagnée à ÉcoHack 2014, Lande a lancé mercredi un site web collaboratif dans lequel il est possible de repérer un terrain vacant sur une carte interactive, ou encore d'en ajouter un s'il n'est pas déjà répertorié. En cliquant sur celui-ci, l'utilisateur obtient le nom de citoyens, de «voisins» qui ont eux aussi envie de le transformer.

«Nous, on veut les accompagner pour institutionnaliser leur approche», explique Andréanne Maltais-Tremblay. Fort de l'expérience de ses membres en agriculture, en accompagnement de groupes citoyens ou en droit, Lande souhaite permettre aux citoyens de réaliser leurs projets sans se trouver empêtrés dans de complexes démarches administratives.

Lors de sa première fin de semaine d'existence, Lande a répertorié 30 terrains et attiré une centaine de citoyens.

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