Gérald Tremblay défend son budget... et son intégrité

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Gérald Tremblay

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Venu présenter son budget 2013, qui prévoit une hausse de 3,3% du fardeau des contribuables, le maire Gérald Tremblay a plutôt dû défendre son intégrité, malmenée par un nouveau témoignage à la commission Charbonneau.

Selon un organisateur d'Union Montréal, Martin Dumont, le maire Tremblay était personnellement au courant des malversations entourant la collecte de fonds dans son parti.

Littéralement mitraillé de questions par les journalistes à l'hôtel de ville, le maire a pour la première fois paru excédé. «Je vous demanderais de respecter mon processus de maire de Montréal. Je suis en train de travailler pour la Ville de Montréal. Il y a une commission qui est en cours, et nos avocats posent des questions.»

Un journaliste a carrément fait le parallèle entre la hausse de 3,3% de l'impôt foncier et le pourcentage que son parti, Union Montréal, aurait récolté dans l'attribution des contrats. «Je peux assurer que nous avons mis en place tous les mécanismes nécessaires. Il reste peut-être quelques exceptions, c'est la raison pour laquelle on a demandé au gouvernement de modifier la règle du plus bas soumissionnaire.»

Il a annoncé qu'il ne répondrait plus aux questions concernant la corruption et la collusion. «Laissez-moi faire mon travail de maire. Je ne me cache pas, je suis présent, je ne suis pas malade. Je comprends les médias sociaux, on ne peut pas faire une nouvelle toutes les deux minutes. Attendons, je verrai par la suite si j'ai des commentaires à faire.»

Malgré la controverse, il se dit «à l'aise, comme gestionnaire», d'imposer une hausse d'impôt de 3,3% «si on veut continuer de maintenir les familles à Montréal».

«Révolution et continuité»

Plus tôt, lors de sa présentation, le maire a présenté son budget 2013 comme «un changement majeur dans l'histoire de la métropole», «une révolution» dans le financement des arrondissements.

«Le budget de Montréal est finalement arrivé à maturité, a déclaré le président du comité exécutif, Michael Applebaum. Notre réforme du financement a donné des résultats sonnants et trébuchants.»

Comme cela avait été annoncé, la hausse de l'impôt foncier à Montréal sera de 3,3%. Mais attention: il s'agit d'une moyenne. Certains secteurs seront plus touchés, d'autres moins. Les propriétaires du Plateau-Mont-Royal encaissent une hausse de 5,7%. À l'inverse, elle sera pratiquement nulle à Anjou (0,5%).

Une «maison moyenne» de 347 000$ vaudra ainsi une hausse de 107$ à son propriétaire, qui paiera 3400$ d'impôt foncier l'an prochain.

Étape 1: choisissez votre arrondissement.

Étape 2: trouvez l'évaluation foncière de votre résidence pour 2011. Ce montant est disponible sur le site de la Ville, à l'adresse evalweb.ville.montreal.qc.ca. Prenez le chiffre Immeuble ($). Collez-le dans le champ «montant» ci-contre.

Étape 3: Cliquez sur calculer.

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Selon le maire Gérald Tremblay, cet exercice se situe «dans la continuité de tous les efforts que nous faisons depuis plus de 12 ans, avec l'amélioration de la qualité de vie de nos citoyens.»

Engagé depuis 2001 dans la réfection des infrastructures, il reconnaît qu'«il reste encore beaucoup de chemin à parcourir» mais affirme qu'il veut «respecter la capacité de payer» des contribuables.

Depuis la dernière élection, en 2009, l'impôt foncier a augmenté deux fois plus vite que l'inflation à Montréal, selon les documents du budget.

Le maire Tremblay nuance: «Depuis 2001, la charge globale des contribuables a été inférieure à l'inflation.» «Ce budget, a dit pour sa part Michael Applebeaum, est la somme des efforts de notre administration des deux dernières années. Nous avons réussi à assainir les finances publiques et limiter l'accroissement des dépenses, pour sortir du cercle des coupures budgétaires constantes.»

197 millions en amendes

L'impôt foncier, qui rapporte 3,2 milliards de dollars à la Ville, est sa principale source de revenus (67%).

L'impôt foncier n'est pas la seule charge à augmenter dans la métropole. Les Montréalais doivent également s'attendre à une hausse de tarif dans les stationnements extérieurs. En doublant cette taxe au centre-ville, Montréal prévoit augmenter ces revenus de près de 50%, de 18,7 à 27,5 millions.

Montréal prévoit également récolter 197 millions en amendes.

Les 15 villes liées à la métropole verseront 403 millions en quote-part à Montréal en 2013, en hausse de 2,6%.

Encore cette année, les dépenses de la Ville augmentent plus vite que l'inflation. Le budget 2013 se chiffrera à 4,9 milliards, en hausse de 2,7%.

Pour la première fois, le coût de la sécurité publique (police et sécurité incendie) dépasse le milliard de dollars. Il s'agit de la principale dépense de la métropole. Le gros de ces hausses s'explique par les augmentations salariales concédées aux policiers et pompiers.

Des 25 millions d'augmentation du budget du SPVM, 22 millions serviront à couvrir les augmentations salariales accordées aux policiers. Chez les pompiers aussi, les hausses de salaires expliquent le gros de la hausse de leur budget (9,9 m$ des 14,1 m$)

La dette de Montréal diminue légèrement. Elle s'établira à 4,3 milliards en 2013.

Alors que l'administration Tremblay s'était engagée à réduire le nombre d'employés municipaux, leurs rangs ont plutôt continué à augmenter. Montréal en comptera 412 de plus en 2013.

À lui seul, l'arrondissement de Saint-Laurent profitera de la hausse de ses revenus pour embaucher 51 nouveaux employés. Outremont en ajoutera pour sa part 27.

Le Plateau et Mercier touchés

Contrairement à 2012, les taxes locales des arrondissements n'engendrent aucune hausse globale supplémentaire du fardeau fiscal. Par contre, le portrait est très différent d'un arrondissement à l'autre. Pour les immeubles résidentiels, les arrondissements les plus touchés par les hausses sont le Plateau-Mont-Royal(+5,1%), Mercier-Hochelaga-Maisonneuve (+4,9%) et Sud-Ouest (+4,6%).

Dix arrondissements ont choisi d'imposer une taxe locale supplémentaire, qui vient s'ajouter aux 5¢ consentis par l'administration centrale. Ils étaient neuf en 2012.

Huit de ces arrondissements sont dirigés par le parti du maire Tremblay, Union Montréal. Les deux autres le sont par l'opposition officielle, Vision Montréal.

Anjou se distingue par une baisse de près de 3¢ de sa taxe locale, et fait une croix sur des revenus de 1,7 million en 2013. Cette taxe supplémentaire varie de 9,16¢ les 100$ d'évaluation à Montréal-Nord à 1¢ dans Mercier-Hochelaga-Maisonneuve.

Ce dernier arrondissement, dirigé par le maire Réal Ménard, de Vision Montréal, est d'ailleurs le nouveau venu dans ce groupe. La somme supplémentaire dde 1 million sera affectée à la construction d'une nouvelle piscine.

Péréquation et hausses de budget

Globalement, le budget 2013 est faste pour les 19 arrondissements de la Ville, qui voient leurs transferts augmenter de 52 millions, une hausse de 5,5%. L'essentiel de cette hausse provient d'une somme de 30,6 millions accordée par la ville centre pour maintenir et améliorer leurs services. La péréquation vers les arrondissements les plus pauvres représente une enveloppe de 12 millions. Le fait que les arrondissements aient mis la main sur une partie de l'espace fiscal, soit 5¢, leur permet de compter sur 1,8 million, simplement grâce à la hausse des valeurs foncières.

Saint-Laurent est l'arrondissement dont le budget a le plus augmenté, soit de 10,9%, pour s'établir à 79,5 millions en 2013. Ahuntsic-Cartierville (+7,2%) et Ville-Marie (+7%) sont les suivants. À l'autre bout du spectre, Saint-Léonard (+2,7%) et Anjou (+3%) sont ceux dont le budget est le moins inflationniste.

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