Exclusif

Ottawa a passé au peigne fin les promesses de Plante

La mairesse Valérie Plante, lors d'un point de... (Patrick Sanfaçon, archives La Presse)

Agrandir

La mairesse Valérie Plante, lors d'un point de presse le 24 janvier dernier.

Patrick Sanfaçon, archives La Presse

(Ottawa) La victoire inattendue de Valérie Plante aux élections municipales de Montréal en novembre dernier a contraint les fonctionnaires fédéraux à analyser rapidement l'ensemble de ses promesses et ses possibles conséquences sur le gouvernement fédéral.

Le Bureau du Conseil privé a préparé des notes d'information à l'intention du premier ministre Justin Trudeau le 7 novembre 2017 - moins de 24 heures après la victoire de Valérie Plante aux dépens du maire sortant Denis Coderre - afin de passer au peigne fin les promesses qui pourraient nécessiter la collaboration d'Ottawa.

L'analyse des fonctionnaires met en relief un fil conducteur du programme électoral de Projet Montréal - les promesses les plus importantes de la formation politique de la nouvelle mairesse se concrétiseront seulement si Ottawa et le gouvernement du Québec acceptent de sortir leur chéquier.

« L'engagement phare de la nouvelle mairesse est de s'entretenir rapidement avec les gouvernements du Canada et du Québec afin de lancer les études pour l'aménagement de la ligne rose du métro de Montréal, entre Montréal-Nord et Lachine. Projet Montréal estime le coût de ce projet à près de six milliards de dollars », peut-on lire dans la note d'information au premier ministre Justin Trudeau, qui s'est attribué le dossier des Affaires intergouvernementales au sein du cabinet.

SCEPTICISME FACE À LA LIGNE ROSE

Les notes, obtenues par La Presse en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, soulignent aussi à grands traits que Projet Montréal réclame des investissements du gouvernement fédéral et du gouvernement du Québec pour favoriser le développement du tourisme à Montréal, pour acquérir et décontaminer des terrains dans la région métropolitaine, pour construire des logements sociaux et communautaires ainsi que pour investir dans des infrastructures qui pourraient mettre en valeur les berges et les cours d'eau, notamment dans le secteur du Vieux-Port.

Mais la promesse qui retient davantage l'attention des fonctionnaires du Bureau du Conseil privé - le ministère du premier ministre - est celle visant à construire la ligne rose du métro de Montréal.

D'ailleurs, cette question a été abordée par la mairesse Valérie Plante durant sa toute première rencontre avec Justin Trudeau en décembre dernier. Mme Plante a aussi évoqué ce projet lorsqu'elle a rencontré la ministre du Patrimoine canadien Mélanie Joly.

Dans les rangs libéraux à Ottawa, on se montre toutefois sceptique de voir ce projet se réaliser à moyen ou long terme, d'autant plus qu'il appartient au gouvernement du Québec de déterminer les priorités quant aux projets de transports en commun auxquels la province souhaiterait avoir une participation financière du gouvernement fédéral.

Le gouvernement Trudeau a annoncé dans son dernier budget des investissements de 20,1 milliards de dollars au cours des 11 prochaines années dans les transports en commun au pays. Les fonds seront répartis entre les provinces selon une formule fondée sur l'achalandage (70 %) et la population (30 %).

Et pour l'heure, la priorité du gouvernement Couillard, maintenant que le projet du REM est solidement sur ses rails, est de mener à bien le projet de la ligne bleue du métro de Montréal. Québec souhaite d'ailleurs qu'Ottawa investisse dans ce projet.

« On est encore loin de la coupe aux lèvres, même pour la ligne bleue. Le gouvernement du Québec n'a pas encore soumis formellement son plan d'affaires dans ce dossier. Donc, la ligne rose, c'est encore très loin », a confié une source gouvernementale qui a requis l'anonymat.

« Si Mme Plante veut avoir la ligne rose pour le métro, elle devra d'abord et avant tout convaincre le gouvernement du Québec », souligne cette même source.

Le mois dernier, le premier ministre du Québec Philippe Couillard a indiqué qu'il comprenait la « logique » derrière le projet de ligne rose. « Il y a le fameux projet de la ligne rose, et je comprends très bien sa logique de désengorger la ligne orange qui va recevoir un trafic accru  », avait indiqué le premier ministre au terme d'une rencontre avec Mme Plante. Mais M. Couillard s'était toutefois bien gardé d'appuyer directement ce projet, soulignant qu'il incombait à la nouvelle Autorité régionale de transport métropolitain de décider des projets prioritaires en transport.

- Avec William Leclerc, La Presse




À découvrir sur LaPresse.ca

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

la boite:219:box
image title
Fermer