Début du mandat de Valérie Plante: quelles promesses pourra tenir la mairesse ?

La nouvelle mairesse de Montréal, Valérie Plante, prêtera... (Photo Patrick Sanfaçon, Archives La Presse)

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La nouvelle mairesse de Montréal, Valérie Plante, prêtera serment cet après-midi.

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C'est aujourd'hui que débute officiellement le mandat de Valérie Plante à la tête de Montréal, alors que les 103 élus montréalais prêteront serment cet après-midi. Portée par un vent de changement, la nouvelle mairesse fera face à d'importants défis au cours des quatre prochaines années.

NE PAS DÉCEVOIR LES ATTENTES

La demi-douzaine d'experts consultés par La Presse s'entendent : la cheffe de Projet Montréal a placé la barre haut lors des élections en multipliant les promesses (474 dans son programme). L'un de ses principaux défis sera donc d'éviter de décevoir les attentes. « Son élection a suscité beaucoup d'enthousiasme... et beaucoup d'attentes », note André Lavallée, qui connaît bien le sujet pour avoir été élu en 1986 avec la vague du Rassemblement des citoyens de Montréal (RCM) de Jean Doré. Certains ont d'ailleurs vu dans la sortie de Projet Montréal sur le manque à gagner de 358 millions une façon de baisser les attentes à l'aube de son premier budget. « Pour une nouvelle administration, c'est toujours un défi de mettre sa couleur dans un premier budget, surtout que nous ne sommes pas en période de vaches grasses », souligne Caroline Patsias, professeure en gouvernance locale à l'UQAM.

AMÉLIORER LA MOBILITÉ

L'administration de Valérie Plante aura fort à faire pour améliorer la circulation dans la métropole. « En disant qu'elle voulait être la mairesse de la mobilité, elle a placé la barre haut un peu d'elle-même », note Christian Savard, de l'organisme Vivre en ville. Celui-ci estime qu'elle devra notamment démontrer que le dossier de la ligne rose progresse. Et si la nouvelle mairesse s'est engagée à améliorer la gestion des chantiers, Christian Savard souligne que « c'est le genre de choses qui est plus facile à dire qu'à faire, surtout qu'un paquet de chantiers relèvent du MTQ ». Caroline Patsias note au passage que Montréal ne peut se permettre de ralentir la cadence sur la réfection des infrastructures vieillissantes. « Quand les Montréalais parlent de cônes orange, il faut se rappeler que c'est une nécessité. Alors il faut continuer ces travaux, mais il faut les régler pour que ça dérange le moins possible... bien que ce soit normal, en quelque sorte, que ça dérange. »

PRÉSERVER L'ÉLAN ÉCONOMIQUE

Pris par surprise par l'élection de Valérie Plante, le milieu des affaires espère que celle-ci saura préserver la lancée de la métropole. « Son principal défi sera de maintenir le momentum économique qui s'est installé à Montréal », estime Michel Leblanc, président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. M. Leblanc dit qu'il faudra veiller de près à la création d'emplois de qualité et bien rémunérés, le PIB par personne étant plus faible à Montréal que dans la majorité des autres grandes villes. Pour que Montréal demeure attrayant pour les entreprises, Michel Leblanc espère également que l'administration Plante maintiendra les hausses de taxes en deçà du taux d'inflation, comme elle s'y est engagée. Elle devra également prendre soin de préserver le dynamisme des artères commerciales.

RASSURER MONTRÉAL INC.

Élue sans le soutien de Montréal inc., Valérie Plante devra également tâcher de se bâtir une crédibilité économique. Plusieurs ont d'ailleurs noté que la nouvelle mairesse n'avait pas perdu de temps depuis deux semaines pour tenter de rassurer entrepreneurs et investisseurs. Mots pour le milieu des affaires dans son discours de victoire. Visite d'une PME à l'une de ses premières sorties publiques. Participation à divers événements de Montréal inc. Michel Leblanc voit dans cette succession de gestes des signes encourageants. « Elle avait peu de proximité avec le milieu des affaires, mais aussitôt qu'elle a gagné, elle a envoyé le signal qu'elle voulait rencontrer les gens d'affaires et les écouter. Je suis encouragé, parce que ça donne l'impression qu'elle veut préserver l'élan que nous avons », dit-il. Valérie Plante a d'ailleurs indiqué cette semaine que « c'[était] important pour un maire d'avoir des liens avec le monde des affaires. C'est mon rôle comme nouvelle mairesse [...] de dire que je suis là pour travailler avec vous ».

SOIGNER SES RELATIONS DE BON VOISINAGE

Si Denis Coderre se positionnait surtout comme maire de la grande région métropolitaine, Valérie Plante a pour sa part dit qu'elle souhaitait avant tout être la mairesse des Montréalais. Un tel changement de ton pourrait toutefois entraîner des frictions dans certains dossiers comme le projet commercial QUINZE40. « Va-t-on revenir à une opposition entre Montréal et les villes des couronnes ? », se demande Danielle Pilette, professeure de gestion municipale à l'UQAM. Harold Chorney, professeur de science politique à Concordia, estime lui aussi que Valérie Plante devra soigner ses relations avec les villes voisines, l'économie de Montréal étant étroitement liée à celle des villes immédiates. « Si on pense que les banlieusards ne sont pas importants, il faudra y repenser. »

MIEUX PROTÉGER LES CYCLISTES

Les attentes sont également élevées chez les cyclistes par rapport à l'administration Plante. Projet Montréal, qui a longtemps critiqué Denis Coderre à ce sujet, devra passer de la parole aux actes. « Il faut cesser de refaire les artères à l'identique. Il faut penser à tous les usagers de la route », souligne Suzanne Lareau, PDG de Vélo Québec. Elle estime aussi que la nouvelle administration devra avoir pour priorité d'ajouter des voies cyclables au centre-ville pour mieux desservir ce secteur, comme sur Saint-Laurent. Et alors que Projet Montréal a souvent accusé Denis Coderre de faire davantage preuve de « zéro vision » que de « vision zéro », la prochaine administration devra également démontrer qu'elle sécurise efficacement les déplacements des cyclistes.

ATTIRER LES FAMILLES

Cheval de bataille de Valérie Plante pendant les élections, attirer des familles sera un enjeu de taille pour son administration. « Montréal est attractif pour les familles, mais Montréal est juste trop cher pour les familles », note Christian Savard, de Vivre en ville. Ainsi faudra-t-il voir si les mesures annoncées en campagne pour offrir des logements abordables porteront leurs fruits. Danielle Pilette estime aussi qu'un important défi se posera à l'administration afin de garder dans l'île les jeunes qui partent après leur premier ou deuxième enfant. « Comment peut-on les garder, ces jeunes centraux ? Est-ce que les immeubles à condos sont susceptibles de les accueillir ? » L'enjeu n'est pas propre à Montréal, souligne Caroline Patsias. « C'est un défi pour les villes du XXIe siècle [...] : il faut concilier les besoins locaux et en même temps faire de Montréal une métropole mondiale. »




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