La relation Coderre-Ferrandez anime le débat dans le Plateau

Luc Ferrandez, de Projet Montréal, et son rival... (Photo André Pichette, La Presse)

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Luc Ferrandez, de Projet Montréal, et son rival d'Équipe Coderre, Zach Macklovitch, ont croisé le fer, hier, lors d'un débat au théâtre Rialto, dans le Mile End.

Photo André Pichette, La Presse

« Votre chef dit partout qu'il ne faut pas plateauiser Montréal. Il a désigné le Plateau comme le lieu du mal ! »

C'est en ces mots que le bouillant maire de l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez, s'est adressé à son rival d'Équipe Coderre, Zach Macklovitch, hier, lors d'un débat dans le Mile End. Le maire dit avoir du mal à comprendre comment lui et son équipe peuvent espérer travailler pour le Plateau alors que leur chef le « diabolise » au quotidien.

« Vous êtes des bonnes personnes. Vous avez à coeur le développement du Plateau-Mont-Royal, merci pour votre implication », a néanmoins lancé M. Ferrandez au jeune entrepreneur dans le monde du divertissement et à son équipe au terme de la joute.

Denis Coderre aime bien rappeler, presque chaque jour, que Luc Ferrandez, malgré sa discrétion dans la campagne, n'est pas bien loin de Valérie Plante, en espérant que ce rappel rebute les électeurs. Hier encore, le maire sortant a utilisé la formule « administration Ferrandez-Plante » en évoquant l'éventuelle élection de Projet Montréal. Luc Ferrandez s'en est d'ailleurs moqué en parlant de l'administration « Ferrandez-Ferrandez » qui dirige le Plateau.

Le débat, organisé par le Comité des citoyens du Mile End, regroupait les deux candidats à la mairie et leurs équipes de candidats de ce district au théâtre Rialto. La formule était plus décontractée que dans les débats Plante-Coderre. M. Macklovitch, vêtu d'un t-shirt blanc et de chaussures de skateboard, sirotait une bière avec son équipe en attendant le déclenchement des hostilités. Luc Ferrandez avait opté pour le gin-tonic en discutant avec des citoyens.

Mais au terme d'une courte portion bien polie où les candidats ont répondu à des questions de l'animatrice, les choses se sont animées. C'est à un véritable barrage de questions qu'ils se sont prêtés. Près de 25 citoyens les ont bombardés de questions. Doléances des commerçants, circulation, Airbnb et les entreprises de Macklovitch ont causé quelques flammèches entre les candidats. Voici un aperçu des questions et flèches qui leur ont été lancées.

UNE FIDUCIE POUR MACKLOVITCH ?

Un citoyen a demandé à Zach Macklovitch s'il comptait placer les actifs de ses entreprises de divertissement dans une fiducie sans droit de regard s'il est élu, question de transparence et afin qu'il puisse se consacrer à son travail. « Je vais continuer à les gérer. Je m'occupe juste du marketing et du branding. Je me sens très confortable à faire les deux », a-t-il répondu. Il déléguera beaucoup. « Il y a une équipe derrière moi comme pour n'importe quel politicien. » Luc Ferrandez a été piqué au vif par l'explication. « Vous allez voir qu'en politique, contrairement à l'entreprise privée, il n'y a pas entente automatique entre les membres d'un caucus. Un caucus de six dans le Plateau qui doit parler avec un caucus à la ville centre, ça fait que le processus de décision est beaucoup plus time consuming qu'en entreprise. J'aurais été incapable d'être propriétaire d'entreprise et maire du Plateau. »

AIRBNB

Un citoyen est venu se plaindre de l'omniprésence de logements loués par l'entremise d'Airbnb dans le Plateau, ce qui cause bruit, malpropreté et autres désagréments. « L'économie de partage, ce n'est pas tout mauvais. On ne veut pas empêcher les touristes dans le Plateau. Mais on doit parler aux propriétaires d'édifices pour gérer ces réalités. »

« J'ai rencontré les gens d'Airbnb pour le Québec. Je leur ai demandé s'ils étaient prêts à accepter deux conditions. Un, n'accepter que des propriétaires occupants et pas des entreprises qui possèdent 60 logements et les louent en permanence. Deux, que les appartements ne puissent être loués plus de 60 jours par année. La réponse : non. Ils nous ont dit que c'était à l'État de faire ce genre de vérification. Mais ils ne veulent pas donner les données sur leurs locateurs. Donc, il y a problème », concède le maire Ferrandez.

CIRCULATION

Plusieurs questions ont été posées au sujet de la circulation dans les rues du Plateau. « Le gros développement en train de se faire au nord d'Outremont, le campus de l'Université de Montréal, avec un développement résidentiel. Avez-vous réfléchi au problème de la circulation ? Où vont passer tous ces gens qui vont aller au centre-ville ? L'avenue du Parc est déjà une autoroute ! » a souligné une dame. « Nous sommes 100 000 personnes. C'est dense. Pour n'importe quelle équipe, ça va être dur à gérer. Le problème du trafic, ce n'est pas idéologique, c'est technique », a répondu Luc Ferrandez. « On peut ajouter des lignes d'autobus pour gérer ce type de trafic », a ajouté son rival.

COMMERÇANTS ÉTOUFFÉS

Un candidat d'Équipe Coderre dans un district voisin, Marc-Antoine Desjardins, s'est invité parmi les citoyens et a posé des questions pour reprocher à la conseillère de Projet Montréal Marie Plourde de refuser de dire si son administration avait mis de l'argent de côté pour indemniser les commerçants étouffés qui le quittent. Luc Ferrandez est sorti de ses gonds. « Le Mile End est un endroit où se sont créés 8000 emplois depuis que je suis en place. Le reality check : c'est un succès phénoménal ! Il n'y a pas un local à louer sur Saint-Viateur. Ramener toujours ces vieux mythes que Projet Montréal a nui au commerce, ça va faire ! », a-t-il fustigé.  M. Macklovitch a répliqué que « 8000 jobs, c'est Ubisoft qui les a créés. C'est pas M. Ferrandez qui a fait ça. Pas ce monsieur qui n'a jamais créé une job de sa vie ».

DÉCENTRALISATION

« Vous n'avez pas idée combien l'administration a été centralisée ces quatre dernières années. Ce n'est pas forcément parti d'une mauvaise idée. Par exemple, la politique du baseball. Si on veut refaire un terrain de baseball, c'est 1 million. La ville centre paie, que tu veuilles ou pas du baseball. Mais si tu veux un terrain de soccer, la Ville ne paie pas. Est-ce que ce qui est décidé pour Anjou est bon pour la rue Hutchison ? On a des fonctionnaires et des cadres intelligents qui connaissent leur territoire. Ils ont du talent, laissons-les donc prendre des initiatives », a déploré Luc Ferrandez. Zach Macklovitch a répondu que les dédales administratifs de la Ville sont très complexes et méritent au contraire d'être simplifiés. « Nous, quand on va être élus, on va être là pour tout le monde. On n'est pas juste ici pour aider nos amis dans notre coin. C'est ça, Projet Montréal. »




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