Inspecteur général: Bergeron dénonce «deux faiblesses graves»

Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron... (Photo Robert Skinner, Archives La Presse)

Agrandir

Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron

Photo Robert Skinner, Archives La Presse

Le poste d'inspecteur général, comme l'a présenté ce matin le gouvernement du Québec, comporte «deux faiblesses graves» qui devront être corrigées pour que l'opposition officielle à l'hôtel de ville de Montréal lui accorde son appui.

Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, estime en fait qu'avec ces faiblesses, «Gérald Tremblay et Franz Zampino auraient eu beaucoup de plaisir avec cette loi-là, avec ce nouveau poste d'inspecteur général. Rien de ce qu'on a connu de malheureux n'aurait été changé.»

Il estime que les pouvoirs de ce fonctionnaire indépendant, qui peut notamment enquêter sur les octrois de contrat et les annuler, «sont très en deçà de ce que M. Coderre laissait entendre durant la campagne.»

M. Bergeron a d'abord relevé que les décisions de l'inspecteur général pouvaient être renversées par les conseils d'administration des organismes sur lesquels il enquête. Il s'agit de l'article 57.1.12, qui n'a pas été relevé lors de la présentation du projet de loi 73 ce matin à Québec.

«Cela vaut pour la SHDM, pour la Société du parc Jean-Drapeau, pour la STM, et le comité exécutif a le même pouvoir, a indiqué M. Bergeron. Qui sait ce qui se passe à la SHDM ou à la Société du parc Jean-Drapeau? Il y a combien d'élus qui y siègent? Ça n'a aucun sens.» Le chef de l'opposition croit qu'il aurait été facile à toutes ces sociétés paramunicipales de «déjouer» l'inspecteur général.

La «clause Duchesneau»

Par ailleurs, il note que son rapport annuel doit être remis d'abord au maire, qui disposera de 29 jours pour le communiquer aux autres élus. «Essayez d'imaginer la quantité de tractations qu'il peut y avoir durant ces 29 jours. Le rapport doit être remis au conseil municipal simultanément aux autres élus.»

Ces deux aspects constituent des «faiblesses trop graves pour que nous les passions sous silence», estime M. Bergeron. Il enjoint au gouvernement du Québec de mener une consultation «restreinte», à laquelle il souhaite participer, pour les corriger.

S'il ne nie pas l'utilité de ce nouveau fonctionnaire dont le bureau est doté d'un budget de cinq millions, il espère que ses responsabilités n'empiéteront pas sur celles du vérificateur général et du contrôleur général. «On n'a pas besoin de la ceinture, des bretelles et du parachute. C'est un peu dans cette position qu'on se trouve aujourd'hui.»

Il a par ailleurs tourné en dérision l'obligation pour le futur inspecteur général d'être membre du Barreau depuis dix ans. «J'ai été surpris et amusé de ce qu'il faudra désormais appeler la clause Duchesneau. Ce sera donc un avocat, ce ne sera pas un ex-policier ou un expert comptable. J'ai hâte de voir, je m'attends à une belle surprise.»

L'identité du premier inspecteur général a été révélé à 16h cet après-midi, lors d'une conférence de presse convoquée à l'hôtel de ville. Il s'agit du procureur vedette de la commission Charbonneau, Me Denis Gallant. Le maire Denis Coderre a annoncé qu'il en fera la recommandation au conseil municipal qui devra entériner sa nomination.




À découvrir sur LaPresse.ca

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

la boite:219:box
image title
Fermer