L'érosion atteint le point de non-retour en Gaspésie

Des problèmes d'érosion menacent non seulement l'industrie touristique... (Photo archives Sûreté du Québec)

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Des problèmes d'érosion menacent non seulement l'industrie touristique de la Gaspésie, mais aussi la santé et la sécurité des citoyens de la péninsule, selon le député péquiste.

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Pierre Saint-Arnaud
La Presse Canadienne

Les grandes marées qui ont emporté mercredi ce qui restait de la Promenade de Percé sont la goutte, ou plutôt la vague, qui a fait déborder le vase du député péquiste de la circonscription de Gaspé, Gaétan Lelièvre.

«Percé, ce n'est pas beau à voir aujourd'hui», a déclaré jeudi le député en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne alors qu'il se trouvait sur place.

«Ce n'est plus un phénomène d'érosion: c'est Beyrouth», a-t-il imagé.

M. Lelièvre réclame du ministre responsable de la région, Sébastien Proulx, la création d'une cellule de crise interministérielle pour s'attaquer aux problèmes d'érosion qui menacent non seulement l'industrie touristique, mais aussi la santé et la sécurité des citoyens de la péninsule gaspésienne.

Déjà, après les inondations qui avaient emporté une portion de la route 132 le 16 décembre dernier, le député avait convoqué les directions régionales des ministères des Transports, de l'Environnement, de la Sécurité publique, de la Santé et des Affaires municipales afin de discuter des mesures à prendre en cas d'urgence. Cette rencontre est prévue le 25 janvier.

Il fait valoir que les résidants des municipalités situées entre Sainte-Anne-des-Monts et l'Anse-Pleureuse ont été extrêmement chanceux que les grandes marées de la mi-décembre se soient calmées avant d'emporter la totalité des tronçons touchés, permettant le passage des véhicules d'urgence.

«La route a été emportée sur seulement 50 pour cent de sa largeur. Il s'en est fallu de peu pour qu'elle soit coupée au complet et là, ç'aurait été dangereux parce que les gens auraient été coupés physiquement de tout contact extérieur», a-t-il dit.

«Les gens qui m'ont interpellé, à ce moment, c'était surtout pour des raisons de santé: mon père, ma mère est cardiaque; un membre de la famille a un cancer; il y a des jeunes enfants. C'étaient ça les premiers téléphones que j'ai eus comme député», a-t-il précisé.

Il est donc devenu nécessaire, selon M. Lelièvre, de prévoir des mesures d'urgence si jamais la route est emportée sur toute sa largeur et c'est ce qu'il compte faire en compagnie des représentants des cinq ministères convoqués pour le 25 janvier prochain.

«Est-ce qu'on peut prévoir des voies de contournement d'ici au printemps? À l'extrême, est-ce qu'on peut prévoir qu'une compagnie d'hélicoptères pourrait être disponible ou de garde si jamais ça se produit à nouveau. Est-ce qu'on peut me le garantir, si jamais il y a des gens à sortir des villages?»

À plus long terme, il demande à Québec de débloquer les fonds promis depuis l'automne 2015 pour mettre à jour les études sur le rechargement de la plage de Percé afin de protéger le coeur de la ville de l'érosion, qui a engouffré de grandes portions du littoral avec la disparition de la Promenade et de son mur de protection.

Cette mise à jour est évaluée à 1,3 million et Ottawa s'est engagé en décembre à verser 600 000 $ à cette fin, alors que la contribution de Québec se fait toujours attendre.

«En octobre 2015, le ministre responsable de la région à l'époque, Jean D'Amour, disait que c'était une question d'heures avant de statuer sur les ouvrages à réaliser, mais il n'y a toujours rien d'annoncé», a déploré le député gaspésien.

L'étude initiale sur le rechargement de la plage fait état d'un investissement de 15 à 20 millions requis pour réaliser cette opération, mais celle-ci doit être remise à jour en fonction des dommages causés depuis aux infrastructures existantes.

«La solution a été identifiée, ça fait trois ans, et la situation s'est dégradée. Il faut remettre à jour le concept», a plaidé M. Lelièvre.

Il ne restait plus que le quart, environ, de la Promenade qui était intacte avant le début de l'hiver. À Percé, ce sont d'autres grandes marées, le 30 décembre, qui ont causé le plus de dommages à ce qui restait et celles de mercredi ont achevé la démolition et commencé à faire reculer le littoral.




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