Philippe Couillard devra rendre des comptes à la COP22

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Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
MARRAKECH, Maroc

C'est l'heure des comptes pour le Québec en matière d'environnement. Après avoir pavoisé l'an dernier à la COP21, la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques à Paris, le premier ministre Philippe Couillard doit maintenant livrer des engagements plus concrets en vue d'un nouveau grand rendez-vous international: la COP22, la Conférence de Marrakech, au Maroc, la semaine prochaine.

Le gouvernement libéral demeure toutefois opaque sur ses choix et les moyens privilégiés dans sa lutte à la pollution atmosphérique, déplore Greenpeace, qui estime que le Québec ratera sa cible de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) pour 2020. Les demandes de documentation de La Presse canadienne n'ont pas permis d'en savoir bien davantage.

Avec son ministre de l'Environnement, David Heurtel, le premier ministre prendra part à compter de lundi à la COP22 qui vise à mettre en oeuvre l'accord conclu l'an dernier à Paris. Les pays devront alors convenir des outils de mise en oeuvre des engagements et des méthodes de comptabilisation des GES.

Même si c'est le fédéral qui est signataire de cet accord international de réduction des GES, le gouvernement Couillard a fixé sa propre cible de réduction, puisque le mécanisme d'Ottawa doit tenir compte des efforts de chacune des provinces et chacun des territoires.

Pour 2020, le Québec s'est donné l'objectif de réduire ses émissions de GES de 20 % sous leur niveau de 1990, l'année de référence.

Pour 2030, la barre est un peu plus haute, Québec veut réduire de 37,5 % ses émissions de GES par rapport à 1990.

On n'en sait guère plus cependant. Le gouvernement Couillard n'a toujours pas publié de plan détaillé pour y arriver, ce que déplore Greenpeace.

Selon le responsable de la campagne Climat-Énergie de la section canadienne de cette organisation écologiste, Patrick Bonin, «actuellement, le Québec n'est pas en voie d'atteindre ses cibles pour 2020. Les émissions en matière de transports sont loin d'être dans la trajectoire où elles devraient être».

Dans une entrevue avec La Presse canadienne, il a fait remarquer que de 2010 à 2014, les émissions de GES n'ont pas diminué au Québec, selon le plus récent inventaire fédéral. Elles ont même légèrement augmenté.

D'ailleurs, le Québec tarde aussi à publier son propre inventaire de GES pour 2014.

«Le ministère (de l'Environnement) travaille présentement à la préparation de la prochaine publication qui couvrira la période 1990-2014, a fait savoir la porte-parole du ministre David Heurtel, Émilie Simard, en début de semaine. L'édition de cette publication est prévue d'ici la fin de l'année 2016.»

Quant aux moyens d'action pour atteindre ses cibles, le Québec compte largement sur des gestes déjà posés, notamment la Bourse du carbone, le Plan d'action sur l'électrification des transports et celui sur les changements climatiques 2013-2020, a précisé Mme Simard.

Le premier plan d'ensemble de la Politique énergétique 2016-2030 est encore en voie d'élaboration. Et pour la cible de 2030, il reste beaucoup à faire.

Des «travaux sont en cours concernant la Bourse du carbone sur les paramètres de la période d'après 2020», a indiqué Mme Simard.

Des «travaux sont en cours aussi sur les orientations et les mesures d'une future stratégie ou plan d'action pour la période 2020-2030», a-t-elle poursuivi, tandis que «d'autres politiques gouvernementales complémentaires (...) tiendront compte de la cible de réduction 2030 lorsqu'elles seront renouvelées pour la période post 2020 (notamment en transport)».

Elle n'a pas voulu dire non plus si le premier ministre allait faire des annonces à ce sujet une fois sur place à Marrakech.

Greenpeace ne cache pas sa déception devant ce qui lui apparaît être une impréparation, alors que plusieurs organisations demandent aux États d'«augmenter l'ambition» afin de ralentir la hausse moyenne de la température sur la planète, a souligné Patrick Bonin.

«Cela fait longtemps que le Québec «surfe» sur le fait qu'il a mis en place un système de plafonnement d'émissions, la Bourse du carbone, a constaté M. Bonin. Mais le Québec n'a toujours pas de plan pour atteindre sa cible de 2020. Il faut que le gouvernement du Québec arrive avec davantage de leadership, tienne un discours vert qui est davantage appuyé par des politiques, actions, des mesures, un plan sur le terrain.»

Rappelons que l'an dernier à la COP21 à Paris, Philippe Couillard avait affirmé que «le Québec n'a jamais été aussi influent» sur la scène internationale qu'en matière de diplomatie climatique.

«Le monde entier parle du Québec», avait-il déclaré.

Convenu lors de la COP21, l'Accord de Paris sur les changements climatiques est devenu une loi internationale le vendredi 4 novembre.

À ce jour, plus d'une centaine de pays générant plus de deux tiers des émissions de gaz à effet de serre de la planète ont entériné cette entente, qui vise à limiter le réchauffement planétaire à deux degrés Celsius. D'autres pays devraient s'y joindre au cours des prochaines semaines et des prochains mois.

L'Accord de Paris prévoit notamment à partir de 2020 un financement minimal de 100 milliards $ US par an des pays développés pour aider les pays pauvres à lutter contre les changements climatiques, avec des mécanismes de révision à la hausse. Un nouvel objectif chiffré sera annoncé avant 2025.

Québec fera sa modeste part dans les 100 milliards $ prévus: le gouvernement Couillard versera précisément 25,5 millions $ sur cinq ans à ses partenaires de la Francophonie.

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