L'avion solaire qui va tenter un tour du monde, présenté en Suisse

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Le Solar Impulse 2

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Pierre TAILLEFER
Agence France-Presse
PAYERNE

L'avion expérimental propulsé par l'énergie solaire, Solar Impulse 2, qui espère boucler pour la première fois pour ce type d'appareil un tour du monde en 2015 est un laboratoire de technologies et d'innovations soutenu par de grands noms de l'industrie, mais aussi par une forte dose de courage et un brin de folie de ses initiateurs.

Il a été présenté mercredi devant plus de 500 personnes, officiels, personnalités et diplomates sur l'aéroport de Payerne, en Suisse.

Ce second et nouveau prototype, alimenté exclusivement par l'énergie de ses cellules solaires, a une envergure de 72 mètres, autant qu'un Airbus A380, mais pour un poids de 2300 kg, 150 fois moins que l'avion géant d'Airbus.

Ses pilotes, André Borschberg, un ancien pilote militaire, et Bertrand Piccard, le petit-fils du célèbre aventurier Auguste Piccard, ont déjà accumulé une solide expérience avec le premier prototype. Ils ont volé à travers l'Europe, puis jusqu'au Maroc avant de traverser les États-Unis en mai l'année dernière.

La traversée des États-Unis avait débuté près de San Francisco, en Californie (ouest). L'avion s'était ensuite rendu successivement à Phoenix (Arizona), Dallas/Fort Worth (Texas), Saint-Louis (Missouri), Cincinnati (Ohio), Washington pour finir à New York.

Solar Impulse 1, un projet lancé il y a dix ans par Bertrand Piccard et André Borschberg, avait fait son baptême de l'air en juin 2009. Avant de créer leur propre société pour ce projet, avec le soutien de grandes compagnies suisses et européennes, ils s'étaient adressés aux grands constructeurs aéronautiques qui avaient tous répondu «C'est impossible», a expliqué André Borschberg.

En 2010, l'avion solaire avait effectué un vol sans escale de 26 heures, montrant ainsi sa capacité à accumuler suffisamment d'électricité durant le jour pour continuer à voler de nuit.

Mais cette fois, Solar Impulse 2 devra pouvoir voler plus de 120 heures d'affilée, cinq jours et cinq nuits, le temps dont il a besoin pour traverser les océans, le Pacifique, l'Atlantique.

L'avion partira de la région du Golfe en mars 2015, pour profiter des conditions climatiques favorables en direction de l'est, vers la mer d'Arabie, l'Inde, la Birmanie, la Chine, l'océan Pacifique, les États-Unis, l'Atlantique, l'Europe du Sud, l'Afrique du Nord pour revenir à leur point de départ. Il fera plusieurs escales dans ce vol.

Il est propulsé par quatre moteurs électriques, développant chacun 17,5 chevaux, alimentés par 17.248 cellules solaires. Elles chargent dans la journée des batteries au lithium pesant 633 kg, donnant à l'avion une autonomie théoriquement illimitée. Dans la nuit la vitesse sera limitée à 46 km/h pour ne pas épuiser les batteries.

Parmi les multiples contraintes d'un tel projet, il a fallu aussi tenir compte des limites physiques pour l'unique pilote. Le cockpit a été agrandi (3,8 mètres cubes), le siège «classe affaires» aménagé avec une toilette sommaire et pour permettre de courtes plages de sommeil. Un «copilote virtuel» avec un système électronique de suivi et d'alerte a été développé, réveillant avec un vibrateur de poignet le pilote et alertant le centre de suivi, sur la base de Payerne, en cas de problème.

«C'est un grand jour pour le monde», a souligné le ministre suisse de la Défense Ueli Maurer, qui a salué cette «Suisse, ingénieuse, moderne et dynamique (...) et un peu folle».

«C'est un grand signal d'espoir pour le futur, un signal d'innovation, de technologie, mais aussi de courage et une grande démonstration de la détermination humaine», a affirmé le prince Albert II de Monaco, dont la Fondation est aussi associée au projet.

Les industriels associés, dont Solvay, Schindler, ABB, Omega, Altran, ont pour la plupart peu ou rien à voir avec l'aéronautique. Ils ont dû relever les défis du poids minimal pour une fiabilité maximale pour ce «laboratoire volant». Pour les chimistes de Solvay, cette expérience leur a ainsi permis de découvrir de nouveaux domaines, applicables à la protection des panneaux solaires, les compartiments à bagages pour avions ou les batteries pour ordinateurs et téléphones portables.

Jean-Pierre Clamedieu, président du Comité Exécutif de Solvay, a annoncé mercredi l'achat du premier prototype pour l'exposer à la Cité des Sciences à Paris.

«C'est une tentative pour un tour du monde, c'est difficile, mais il y aura une vie après ce tour du monde», a promis Bertand Piccard, affirmant avoir déjà quelques idées pour d'autres projets, dans la tradition de son grand-père, explorateur des grands fonds avec le bathyscaphe ou de la stratosphère en ballon.




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