Production télé: Québecor réclamait des changements depuis des années

Pierre Karl Péladeau et Julie Snyder... (Photo: Robert Skinner, archives La Presse)

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Pierre Karl Péladeau et Julie Snyder

Photo: Robert Skinner, archives La Presse

(QUÉBEC) Depuis des années, Québecor et son patron Pierre Karl Péladeau cherchaient activement à obtenir des changements en matière de crédits d'impôt pour la production télévisuelle. Les changements apportés au seuil du déclenchement de la campagne électorale ne changent rien pour TVA Productions, mais ils toucheront les Productions J, de Julie Snyder.

Le registre des lobbyistes instauré par Québec révèle que l'entreprise Québecor exerçait des pressions pour «rétablir l'admissibilité des sociétés affiliées aux télédiffuseurs privés au crédit d'impôt remboursable pour la production cinématographique et télévisuelle». Elle faisait aussi des démarches pour que le programme d'aide à l'exportation de la SODEC soit changé de manière à inclure les dépenses liées à la promotion des productions à l'étranger.

Québecor a plus d'une vingtaine de cadres inscrits au registre des lobbyistes. Pierre Karl Péladeau n'en fait plus partie depuis le déclenchement de la campagne électorale. Le mandat sur les crédits d'impôt a débuté en janvier 2009 et prévoit explicitement des démarches auprès des ministères des Finances et de la Culture.

Le 28 février, à la veille du déclenchement des élections, le gouvernement Marois a modifié les règles d'admissibilité aux crédits d'impôt. TVA Productions n'obtient pas le changement désiré.

Julie Snyder en profitera

En revanche, l'entreprise de Julie Snyder devient admissible à ces avantages fiscaux qui réduiront les coûts de production de plusieurs millions - le porte-parole de la société, Louis Noël, a refusé de préciser un chiffre hier.

Du côté de Québecor, la vice-présidente aux communications du Groupe TVA, Véronique Mercier, n'a pas voulu se prononcer. «Nous avons une politique à l'interne de ne pas faire de commentaires sur les ententes entre les producteurs et le réseau, puisque nous sommes assujettis à des clauses de confidentialité, écrit-elle. Il s'agit là de conditions normales en pareilles circonstances.»

En campagne électorale, Pauline Marois a soutenu ne pas avoir exercé de pressions pour que le ministre Marceau procède au changement des règles d'interprétation rendu public par son ministère fin février. «Je dis non sans aucune hésitation. Je pourrais vous dire qu'il y a eu une demande des associations de producteurs pour qu'il y ait des modifications aux règles fiscales. D'ailleurs, ce sont des modifications qui surviennent fréquemment. Tous les mois, il y a des bulletins fiscaux qui sortent», a-t-elle rappelé.

Dans un entretien à La Presse, l'ex-ministre de la Culture, la libérale Christine St-Pierre, se souvient du lobby intense exercé par Pierre Karl Péladeau lui-même à ce sujet. «Line Beauchamp [à la Culture] avait eu des pressions. Il m'en avait parlé, il avait abordé Monique Jérôme-Forget et Raymond Bachand», se souvient-elle. «Cela fait longtemps que M. Péladeau voulait ça. Il faisait régulièrement ses démarches pour l'obtenir», se souvient Mme St-Pierre.

Elle relève aussi que Mme Snyder avait pris officiellement position pour Mme Marois et le mouvement des Janettes, qui appuie la Charte des valeurs du gouvernement péquiste.

«C'est excessivement troublant. On constate que les crédits d'impôt sont accordés le 28 février, juste avant les élections» dira-t-elle. «Pourquoi cela arrive comme ça!», lance-t-elle, convaincue qu'il ne s'agit pas d'une coïncidence.

«On lit aussi que la SODEC a toujours tenu au maintien du statu quo, et c'est toujours la ligne que j'ai tenue comme ministre, à cause du lien de dépendance entre Julie Snyder et TVA», a-t-elle souligné.




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