Financement universitaire: Couillard n'endosse pas l'évaluation des recteurs

Le chef du PLQ, Philippe Couillard... (Photo Jacques Boissinot, PC)

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Le chef du PLQ, Philippe Couillard

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(Trois-Rivières) Philippe Couillard «n'achète pas d'emblée» le chiffre fourni par les recteurs sur le sous-financement de leurs universités.

Il manquerait 850 millions aux universités québécoises, selon les recteurs. Ils soutiennent disposer de 5000 dollars de moins que les autres universités du reste du pays (10 844 dollars contre 15 798 dollars) pour former un étudiant. Ces chiffres viennent de Statistique Canada et de l'Association canadienne du personnel administratif universitaire. Les recteurs demandent à Québec de combler cet écart d'ici 2020.

«C'est un enjeu de négociation entre les universités et l'État, a commenté le chef libéral. Chacun présente les choses pour favoriser son point de vue.»

M. Couillard dit reconnaître l'existence du sous-financement et la nécessité de trouver de nouvelles sources de financement. Mais il maintiendrait l'indexation des droits de scolarité, sans aller au-delà. «L'augmentation des frais de scolarité des étudiants est difficile à emprunter», constate-t-il.

Pas de droits de scolarité modulés

Lors de la course à la direction libérale, M. Couillard songeait à moduler les droits de scolarité. Il y a renoncé pour le prochain mandat. «Après l'avoir regardé, il y a des éléments qui m'ont fait un peu douté du bien-fondé de la mesure», raconte-t-il.

«J'ai vu des chiffres de l'Université de Montréal qui montrent qu'encore aujourd'hui, il y a une surreprésentation des élèves de milieux socioéconomiques aisés dans des facultés comme la médecine et le droit. Je veux être bien prudent d'assurer qu'on ne met pas en place une politique qui accentue ce phénomène.»

Cette mesure serait aussi difficile à appliquer, ajoute-t-il. Par exemple, les études en arts visuels sont très dispendieuses, alors que les diplômés gagnent un revenu modeste. La Coalition avenir Québec (CAQ) veut moduler les droits de scolarité selon le domaine d'études. Elle laisserait les universités établir elles-mêmes cette somme. 

Faire payer davantage les étudiants étrangers

Les libéraux miseraient sur trois moyens pour hausser le financement des universités.

Le premier: offrir aux étudiants étrangers francophones le tarif canadien. Pour les étudiants de la France, il s'agirait d'une hausse. Pour ceux issus des autres pays de la francophonie, il s'agirait d'une baisse. Au Parti libéral, on explique que dans l'ensemble, cela se traduira par une hausse des revenus pour les universités. On présume que le nombre d'étudiants français ne diminuera pas. Le Parti québécois veut aussi hausser les droits de scolarité des étudiants étrangers.

Québec a payé 318 millions de dollars l'année dernière pour former les étudiants non québécois (134 millions pour les Canadiens, et 184 pour ceux des autres pays - voir page A59 du budget). Le tiers de cette facture s'expliquait par les rabais offerts pour leurs droits de scolarité. Mais «les tarifs et les exemptions (...) n'ont qu'un effet limité sur la rétention des  diplômés», selon le budget péquiste. 

Philanthropie et brevets

Les deux autres mesures viendraient des universités elles-mêmes. On les inciterait à commercialiser leurs brevets et à développer la philanthropie, une chose qu'elles essaient déjà de faire.

M. Couillard n'a pas voulu chiffrer le sous-financement des universités, ni les sommes additionnelles qu'elles récolteraient avec ces trois mesures. Il a simplement reconnu qu'on ne réussirait pas ainsi à combler «en totalité» le sous-financement.  

Pauline Marois conteste elle aussi l'évaluation des recteurs.

L'indexation péquiste de 3% (basée sur l'accroissement du revenu disponible des familles) s'accompagne de bourses supplémentaires d'une moyenne de 180 dollars, qui aideront les moins favorisés. Pour dégager ces sommes, on a baissé le crédit d'impôt (de 20 à 8%), ce qui équivaut à une hausse de 360 dollars des droits de scolarité pour les étudiants qui n'ont pas de bourses.  M. Couillard y voit une «triste ironie» et une «attitude cynique» de la part de Mme Marois, qui a «porté le carré rouge» et augmente maintenant la facture des étudiants.    

Soupçons face à l'histoire nationale

M. Couillard voudrait vérifier le contenu du nouveau cours d'histoire nationale proposé par le gouvernement Marois. «Je veux m'assurer que le cours est politiquement neutre», a-t-il annoncé. Il veut s'assurer qu'il n'y a «pas de teinte politique partisane, même parfois subtile, donnée à l'enseignement.»

Le craint-il? «Connaissant le PQ, oui, a-t-il répondu. On va vérifier.»

S'inspirer du modèle allemand

Il faut rapprocher la formation technique des entreprises, croit M. Couillard. Il veut s'inspirer du modèle allemand.

Le deux tiers de la formation professionnelle devrait se faire en stage dans des entreprises, propose-t-il.

«C'est très bien d'aller à l'université. Mais si votre fils ou votre fille veut être soudeur ou cuisinier, applaudissez donc! Aidez-les. Ils vont faire de belles carrières», a-t-il lancé en conférence de presse à Trois-Rivières au Centre de formation professionnelle Qualitech.

D'ici 2020, près du tiers des postes à combler sur le marché du travail nécessiteront une formation professionnelle ou technique, rappellent les libéraux. Pour former cette future main-d'oeuvre, M. Couillard veut s'inspirer du modèle allemand. Il y a 60% des jeunes allemands qui choisissent cette voie.

Le chef libéral propose une campagne de promotion pour attirer aussi les femmes vers ces métiers.




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